À Mont­lu­çon les ha­bi­tants du Dié­nat très at­ta­chés à leur quar­tier

Les ha­bi­tants du quar­tier sont très at­ta­chés à leur tran­quilli­té et à leur cadre de vie

La Montagne (Montluçon) - - La Une - Flo­rence Fa­ri­na flo­rence.fa­ri­na@cen­tre­france.com

Mal­gré la dis­pa­ri­tion du stade de rug­by et cer­taines évo­lu­tions, le Dié­nat conserve une his­toire par­ti­cu­lière.

Au Dié­nat, les ha­bi­tants ap­pré­cient la tran­quilli­té de leur quar­tier, digne de la cam­pagne. Cer­tains re­grettent ce­pen­dant une perte de convi­via­li­té.

Quand il se pro­mène dans le quar­tier du Dié­nat, Chris­tophe Bouille est comme un pois­son dans l’eau. Il faut dire que le qua­dra­gé­naire y a pas­sé la ma­jeure par­tie de sa vie. Il y re­vient presque tous les jours, sa mère vi­vant en­core dans le quar­tier. « C’est un quar­tier tran­quille, très agréable à vivre. J’y ai des sou­ve­nirs for­mi­dables. Quand j’étais en­fant, il y a trente ans, il y avait en plus une am­biance fa­mi­liale, énor­mé­ment de convi­via­li­té. Tout le monde se connais­sait », se re­mé­more le Mont­lu­çon­nais.

Une vie de vil­lage

Cette vie de vil­lage, les ha­bi­tants conti­nuent de la re­ven­di­quer même s’ils ad­mettent qu’ils se connaissent moins. « Le Dié­nat est agréable car on est à deux pas du centre­ville en ayant l’im­pres­sion d’être à la cam­pagne. C’est calme, on en­tend les oi­seaux chan­ter et l’été, on peut dor­mir les fe­nêtres ou­vertes », sou­ligne Di­dier Faye, qui vit ici de­puis la nais­sance de sa fille il y a 23 ans. « À une époque, nous étions beau­coup de fa­milles dont les en­fants étaient tous à l’école Ana­to­leF­rance. Ça nous unis­sait. Après, les en­fants gran­dissent, les mai­sons changent de pro­prié­taires. C’est le cas dans tous les quar­tiers, ce n’est pas spé­ci­fique au Dié­nat. C’est la vie qui passe », constate­t­il.

Pour Chris­tophe Bouille, le club de pé­tanque, au­jourd’hui dis­pa­ru, était un élé­ment fé­dé­ra­teur comme l’école ou le stade. Alors qu’il re­monte la rue du Dié­nat, les anec­dotes fusent sous les mar­ron­niers. « Il y avait tou­jours plein de per­sonnes âgées qui dis­cu­taient as­sises sur les bancs. Ici (il montre le square pour en­fants, N.D.L.R.) à l’époque, c’était un ter­rain de pé­tanque. C’était très convi­vial. Les plus vieux ap­pre­naient aux plus jeunes. Des fois, l’un d’eux ame­nait son ac­cor­déon et jouait pen­dant que l’on s’en­traî­nait. »

La Pro­vi­dence veut que le jour où Chris­tophe Bouille nous montre son quar­tier de jeunes, il croise de­vant le bou­lo­drome Agos­ti­no Mar­tins, an­cien du club de pé­tanque, plus connu sous le sur­nom de Chi­bane. L’homme re­marque tout de suite la veste vio­lette et blanche que Chris­tophe tient à la main. « Avec ses cou­leurs, j’ai été cham­pion de l’Al­lier de pé­tanque », se ré­jouit­il.

Les deux hommes évoquent les deux ca­fés du quar­tier, Chez Ma­de­leine, siège du club de pé­tanque du Dié­nat et Chez Pas­ca­line en face du stade de rug­by. « Il y avait une su­per am­biance dans le quar­tier. Avec les jar­dins vers le stade, c’était la cam­pagne à la ville. Les di­manches où il y avait match, entre trente et cin­quante per­sonnes pas­saient chez Pas­ca­line. Au­jourd’hui, le bou­lo­drome est moins convi­vial. Si tu n’es pas li­cen­cié du club qui le gère, tu ne peux pas y jouer, c’est dom­mage », re­grette Agos­ti­no Mar­tins.

Le re­gret du stade

Beau­coup d’ha­bi­tants re­grettent aus­si cette am­biance par­tie avec le stade de rug­by. « Le bou­lo­drome est plus im­per­son­nel. J’ha­bite à cô­té et du temps du stade de rug­by, je sa­vais quand Mont­lu­çon mar­quait en été, même si je n’étais pas au match, grâce à la cla­meur qui mon­tait de la tri­bune », se sou­vient, amu­sé, Di­dier Faye. « Il y avait des voi­tures ga­rées par­tout les jours de match. Il faut dire que le stade n’avait pas de grands par­kings comme le bou­lo­drome. C’était le ba­zar mais ce n’était pas tous les jours et ça ne du­rait pas. Beau­coup de gens pou­vaient al­ler au stade à pied. Je re­grette son dé­pla­ce­ment à la Loue », confirme Jacques, ha­bi­tant de l’ave­nue Jo­liot­Cu­rie.

Pas de quoi faire dé­mé­na­ger le sep­tua­gé­naire qui, comme beau­coup, ne se ver­rait pas vivre ailleurs. Une si­tua­tion qu’en­vie Chris­tophe Bouille. « J’ai ache­té à Buf­fon parce que l’op­por­tu­ni­té ne s’est pas pré­sen­tée au Dié­nat mais si je pou­vais re­ve­nir y vivre, je le fe­rais sans hé­si­ter ! », in­siste le qua­dra­gé­naire. ■

PHO­TO FLO­RIAN SALESSE

MÉ­MOIRE. Chris­tophe Bouille (à droite) est in­ta­ris­sable sur l’his­toire du Dié­nat quand pé­tanque comme Agos­ti­no Mar­tins (de pro­fil à gauche). il ren­contre des an­ciens de la

BER­NARD LO­RETTE

AS­PECT. La créa­tion, en 2015, du bou­lo­drome en lieu et place du stade du Dié­nat est le seul chan­ge­ment d’im­por­tance dans le quar­tier.

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