« Ce­la consti­tue une at­teinte à la li­ber­té des femmes »

La Montagne (Moulins) - - Le Fait Du Jour -

Pour le mé­de­cin Ber­na­dette CasC­hu­rie, re­trai­tée en juin pro­chain, le re­cul de la gy­né­co­lo­gie mé­di­cale consti­tue une « at­teinte à la li­ber­té des femmes et une ré­gres­sion ».

Pour ce mé­de­cin : « La gy­né­co­lo­gie mé­di­cale est por­teuse de va­leurs, de celles qu’ont dé­fen­du des femmes telles que Si­mone Weil, Gi­sèle Ha­li­mi ou Éli­sa­beth Ba­din­ter ». Parce qu’elle est de cette gé­né­ra­tion ani­mée par « les idéaux d’une mé­de­cine de femmes », Ber­na­dette CasC­hu­rie – 38 ans d’exer­cice dans les quar­tiers nord de Cler­montFer­rand – dé­plore la dis­pa­ri­tion an­non­cée de « la moi­tié des gy­ né­co­logues mé­di­caux dans les cinq ans à ve­nir ». Comme la pra­ti­cienne, trois autres mé­de­cins de l’ag­glo­mé­ra­tion cler­mon­toise ces­se­ront leur ac­ti­vi­té dans les dix­huit mois à ve­nir.

Tout en louant « cette mé­de­cine de proxi­mi­té » et la réa­li­té d’une « re­la­tion de confiance » qui adou­cit « des exa­mens par­fois pas fa­ciles pour les femmes », elle dit ses in­quié­tudes face à « cette li­ber­té » dont ses conci­toyennes vont être pri­vées ».

Entre les femmes qui, faute de mé­de­cin dé­dié, « vont pu­re­ment re­non­cer à leur sui­vi gy­né­co­lo­gique » et celles qui de­vront comp­ter « sur un coup de chance » pour ob­te­nir un ren­dez­vous chez un pra­ti­cien, la pré­ven­tion qui, jus­qu’alors, avait por­té ses fruits risque d’être bat­tue en brèche.

Au coût de la for­ma­tion d’un mé­de­cin spé­cia­liste, il fau­dra donc op­po­ser ce­lui des ma­la­dies qui, non diag­nos­ti­quées à temps, oc­ca­sion­ne­ront des in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales, des hos­pi­ta­li­sa­tions… Et toutes les dou­leurs que ne ré­sou­dra ja­mais un exer­cice comp­table. Quelle so­lu­tion ? Outre la sphère hos­pi­ta­lière, la consultation au­près de son gé­né­ra­liste ou d’une sage­femme. Dans le pre­mier cas, la pra­ti­cienne in­siste « sur les trois an­nées d’en­sei­gne­ment » qu’elle a sui­vies en plus de sa for­ma­tion de gé­né­ra­liste et qui font la dif­fé­rence.

Dans le se­cond, elle rap­pelle les com­pé­tences des sages­femmes qui, n’ayant pas, entre autres, étu­dié la phar­ma­co­pée, ne peuvent faire de pres­crip­tion. « Ce­la peut en­traî­ner des « dé­lais im­por­tants entre la dé­cou­verte d’une pa­tho­lo­gie et sa ré­so­lu­tion ». ■

La gy­né­co­lo­gie mé­di­cale est por­teuse de va­leurs

PHO­TO J.L. GORCE

PRA­TI­CIENNE. Ber­na­dette Cas-Chu­rie part à la re­traite en juin pro­chain.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.