Le Grand Bal de l’Eu­rope en lumière à Cannes

Le film tour­né à Gen­ne­tines a été pré­sen­té à Cannes.

La Montagne (Moulins) - - La Une - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

Ci­né­ma

Tour­né en 2016 au­tour du Bal de l’Eu­rope, or­ga­ni­sé dans l’Al­lier et le Puy-de-Dôme, le film de Lae­ti­tia Car­ton a été pro­je­té hier à Cannes. Un mo­ment fort pour la réa­li­sa­trice au­ver­gnate. Elle nous a ac­cor­dé il y a quelques jours un en­tre­tien où elle re­vient sur sa dé­marche ar­tis­tique.

Dans son der­nier documentaire, Lae­ti­tia Car­ton a fil­mé le Bal de l’Eu­rope, à Gen­ne­tines. Il a été pro­je­té au Ci­né­ma de la plage à Cannes, hier soir, et a été sui­vi d’un grand bal avec des dan­seurs ve­nus de toute l’Eu­rope. ■ Com­ment êtes-vous ar­ri­vée dans

le monde du ci­né­ma ? J’ai sui­vi un cur­sus aux beaux­arts à Cler­mont­Fer­rand. Après j’ai fait un post­di­plôme à Lyon où mon di­rec­teur de re­cherches, JeanPierre Rehm, était le di­rec­teur du fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de ci­né­ma de Mar­seille. Il m’a ai­dé à ren­con­trer des au­teurs et pro­duc­teurs de films do­cu­men­taires. Au dé­part, je ne connais­sais que la fic­tion. Après je suis ren­trée à l’école documentaire de Lus­sas. ■ Pour­quoi avoir bi­fur­qué en cours de route ? J’y ai trou­vé plus ma place que dans le monde de l’art contem­po­rain. La fa­mille du documentaire est une vraie fa­mille. C’est une forme qui me pa­rais­sait plus po­pu­laire et beau­coup moins éli­tiste dans la­quelle je me re­trou­vais plus. ■ Vous vou­lez dire que vous gra­vi­tez tout de même dans le do­maine ar­tis­tique ? Le documentaire est aus­si une forme d’ex­pres­sion ar­tis­tique comme lorsque j’étais plas­ti­cienne. C’est juste la forme qui a chan­gé. Je ne fais pas des pho­tos, ni des ins­tal­la­tions, je fais de l’image et du son. ■ Est-ce que ça n’a pas été trop

dif­fi­cile d’in­té­grer cet uni­vers ? Non. L’école que j’ai faite est pro­fes­sion­na­li­sante et nous pré­pare très bien. Dans ce cadre, j’ai eu la chance de ren­con­trer très vite des pro­duc­teurs. Mon pre­mier film a tout de suite été pro­duit. Puis le deuxième. Le troi­sième. Tout s’est en­chaî­né.

■ Vous par­ve­nez à en vivre ? Oui de­puis le dé­but. Grâce au sta­tut d’in­ter­mit­tent bien évi­dem­ment, si­non ce se­rait im­pos­sible. ■ Pour­quoi avoir choi­si de fil­mer le Bal de l’Eu­rope ? Parce que c’est une pa­ren­thèse en­chan­tée et quelque chose d’ex­tra­or­di­naire qui se passe pen­dant une se­maine et que j’avais en­vie de le par­ta­ger. ■ Com­ment dé­fi­ni­riez-vous cette culture et cette danse trad ? Ce sont des mu­siques et des danses qui ont été trans­mises par les an­ciens. Des danses qui exis­taient dé­jà et qui sont ré­in­ter­pré­tées, qu’on se ré­ap­pro­prie au­jourd’hui. Elles sont liées aux ra­cines de chaque ré­gion. Et des per­sonnes viennent de toute l’Eu­rope pour nous trans­mettre ces danses. ■ Si je com­prends bien, la trans­mis­sion est pri­mor­diale dans ce

genre de ma­ni­fes­ta­tions ? Oui. Et il y a un par­tage, un mé­lange de gé­né­ra­tions ; les par­ti­ci­pants ont de 0 à 90 ans. Tout le monde danse en­semble. Il y a beau­coup de jeunes et c’est plein d’es­poir. Il y a tout un phé­no­mène de dou­ceur, de bienveillance, au­tour de ces bals, d’at­ten­tion à l’autre.

Un es­pace où on es­saye de vivre au­tre­ment pen­dant une se­maine. Et ce bal est or­ga­ni­sé par 500 bé­né­voles, donc for­cé­ment ça met une am­biance tout autre. ■

PHOTO BEP : FRANTZ BOU­TON/NICE MA­TIN

CANNES. Mo­ment ba­roque, hier soir, lors de la mon­tée des marches par l’équipe du film, ac­com­pa­gnée par des joueurs d’ins­tru­ments tra­di­tion­nels.

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