Lau­rence Ga­ro nou­velle di­rec­trice du centre hos­pi­ta­lier

Lau­rence Ga­ro a pris les rênes du Centre hos­pi­ta­lier de Mou­lins­Yzeure le 1er mai

La Montagne (Moulins) - - La Une - Ariane Bou­hours ariane.bou­hours@cen­tre­france.com

La nou­velle di­rec­trice du Centre hos­pi­ta­lier, Lau­rence Ga­ro, s’est don­né comme prio­ri­tés le re­cru­te­ment de pro­fes­sion­nels de san­té et le pro­jet Hô­pi­tal de de­main.

Son par­cours pro­fes­sion­nel « ori­gi­nal, fait d’op­por­tu­ni­tés », lui a per­mis de l’em­por­ter, face à une quin­zaine d’autres can­di­dats. Lau­rence Ga­ro est la nou­velle di­rec­trice du Centre hos­pi­ta­lier de Mou­lins­Yzeure. A 52 ans, elle suc­cède à An­dré Sa­la­gnac, le di­rec­teur gé­né­ral ad­joint du CHU de Cler­mont­Fer­rand, qui rem­pla­çait tem­po­rai­re­ment, de­puis mai 2017, l’an­cien di­rec­teur, Pierre Té­pot, par­ti au CHU de Pointe­à Pitre (Gua­de­loupe).

Pour­quoi Mou­lins ? « Ce centre hos­pi­ta­lier a tout d’un grand. Si­tué dans une ville pré­fec­ture, il a une vo­ca­tion dé­par­te­men­tale, un Sa­mu. Beau­coup d’offres de soins ir­riguent le dé­par­te­ment. Ce rayon­ne­ment m’a in­té­res­sée ». Ses échanges « di­rects » avec le pré­sident de la Com­mis­sion mé­di­cale d’éta­blis­se­ment, Gilles Her­nan­dez, et avec le maire, Pierre­An­dré Pé­ris­sol, l’ont convain­cue de dé­fendre sa can­di­da­ture. « An­dré Sa­la­gnac m’a dres­sé le portrait de l’éta­blis­se­ment sans me ca­cher les dif­fi­cul­tés ».

Son par­cours. En Bre­tagne, elle a no­tam­ment di­ri­gé un hô­pi­tal lo­cal, puis créé le CH de Ploër­mel en re­grou­pant trois éta­blis­se­ments. Elle a en­suite pris la tête d’un hô­pi­tal au rayon­ne­ment in­ter­com­mu­nal « un peu plus pe­tit que Mou­lins, en mi­lieu pé­ri­ur­bain proche de Rouen, pré­sen­tant des pro­blé­ma­tiques de grande fra­gi­li­té so­ciale ».

Son par­cours com­prend aus­si deux postes à pé­ri­mètre na­tio­nal : for­ma­trice à l’EHESP, une ex­pé­rience qui lui a per­mis de tis­ser un ré­seau de jeunes col­lègues. Elle a en­fin di­ri­gé le ser­vice des cer­ti­fi­ca­tions à la Haute au­to­ri­té de san­té : « Un ob­ser­va­toire for­mi­dable. Et un ac­cès à des ex­pé­riences in­no­vantes. Mais mon par­cours est da­van­tage mar­qué par mes ex­pé­riences de chef d’éta­blis­se­ment, in­si­tet­elle. En pos­tu­lant dans l’Al­lier, j’ai vou­lu re­trou­ver le ter­rain ». L’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, spé­cia­li­té dans la­quelle elle dé­tient un DEA, est un su­jet qui lui tient à coeur : « Ici, il y a un sa­cré chal­lenge en la ma­tière. Com­ment faire en sorte que l’hô­pi­tal de Mou­lins se fé­dère avec d’autres ac­teurs lo­caux pour at­ti­rer des mé­de­cins ? Si un hô­pi­tal a un pla­teau tech­nique, un re­cru­te­ment mé­di­cal suf­fi­sant, il at­ti­re­ra des mé­de­cins li­bé­raux. Tous les ac­teurs par­ti­cipent à l’amé­na­ge­ment d’un ter­ri­toire ».

Ses prio­ri­tés. Rendre le CH « at­ trac­tif au­près des mé­de­cins ». L’en­jeu : cinq à six partent chaque an­née à la re­traite sur un to­tal de 200. Le CH doit re­cru­ter pour pa­lier la vague de dé­parts à la re­traite, et celle­ci ne concerne pas que les postes de mé­de­cins. « On doit se mon­trer ima­gi­na­tifs. On va se faire mieux connaître de la mé­de­cine li­bé­rale. Avec Gilles Her­nan­dez, on ren­con­tre­ra les ac­teurs de soins li­bé­raux ».

La si­tua­tion bud­gé­taire. Le dé­fi­cit de l’éta­blis­se­ment de plus de 5,5 M€, fin 2017, est lié à la forte di­mi­nu­tion de l’ac­ti­vi­té d’hos­pi­ta­li­sa­tion com­plète et à un mo­dèle éco­no­mique de tarification à l’ac­ti­vi­té qui s’es­souffle. A la Hau­té au­to­ri­té de san­té, Lau­rence Ga­ro a tra­vaillé aux cô­tés de la mi­nistre Agnès Bu­zyn. « Son dis­cours sur la né­ces­saire ré­forme de la tarification à l’ac­ti­vi­té, je l’ap­prouve. Car cette tarification est très mal adap­tée à une ac­ti­vi­té non pro­gram­mée comme celle des ur­gences ». A Mou­lins, celle­ci re­pré­sente près de 70 % des sé­jours.

Le pro­jet Hô­pi­tal de de­main. Il com­prend la construc­tion d’un bâ­ti­ment sup­plé­men­taire et la ré­no­va­tion des uni­tés des an­nées 1960­70. « Je veux me don­ner le temps de m’im­pré­gner de ce pro­jet en lien avec la com­mu­nau­té hos­pi­ta­lière et le maire. Le gens tiennent à ce pro­jet sou­te­nu par l’ARS et les élus, qui re­monte à 2010 et doit être re­toi­lé­té. Car les modes de prise en charge évo­luent très vite. Il faut ain­si prendre en compte la pro­gres­sion de l’am­bu­la­toire. Chaque m² in­ves­ti de­vra se tra­duire en ac­ti­vi­té. Je ne veux pas être res­pon­sable du sur­en­det­te­ment de l’hô­pi­tal. Il faut un pro­jet ra­tion­nel, réa­liste, axé sur les be­soins des pa­tients. Car l’amor­tis­se­ment de ces tra­vaux se fe­ra sur 20 à 30 ans ». Lau­rence Ga­ro se fixe comme échéance fin 2018 pour « dé­ga­ger un pro­jet col­lec­tif » .

Pro­jet d’éta­blis­se­ment. « Avec Fa­bien Amen­gual­Ser­ra, le di­rec­teur de la Stra­té­gie mé­di­cale, nous sou­hai­tons as­so­cier la po­pu­la­tion via un fo­rum ci­toyen aux grands axes de notre pro­jet d’éta­blis­se­ment ». ■

PHOTO FRAN­ÇOIS-XA­VIER GUTTON

DI­REC­TRICE. Lau­rence Ga­ro, forte d’ex­pé­riences di­ver­si­fiées, a pris son poste le 1er mai.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.