Sept pré­ve­nus ju­gés pour un tra­fic

Trois cents ovules de co­caïne dans le corps de la mule

La Montagne (Moulins) - - Région Faits Divers - Tho­mas Ri­bierre

Sept mont­lu­çon­nais âgés de 22 à 42 ans, ori­gi­naires du Su­ri­name et de Guyane, com­pa­raissent de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mont­lu­çon, dans le cadre d’un vaste tra­fic de pro­duits stu­pé­fiants.

En dé­cembre 2016, les mi­li­taires de la sec­tion de re­cherche d’Au­vergne, sont aler­tés par leurs ho­mo­logues de Cayenne, d’un tra­fic de stu­pé­fiants entre la Guyane et Mont­lu­çon.

Suite à l’ou­ver­ture d’une in­for­ma­tion ju­di­ciaire le 6 fé­vrier sui­vant, les en­quê­teurs re­cueillent de pre­miers élé­ments de géo­lo­ca­li­sa­tion et d’écoutes té­lé­pho­niques. Le 11 mai 2017, une jeune femme de 21 ans ar­rive à l’aé­ro­port d’Or­ly en pro­ve­nance du Su­ri­name, avec in cor­pore (dans le va­gin et le rec­tum), en­vi­ron 300 ovules conte­nant de la co­caïne, pure à 75 %. « J’avais peur, c’était très dif­fi­cile mais j’ai ac­cep­té car je vou­lais ar­ri­ver en France », avouet­elle.

À Or­ly, elle est ac­cueillie par trois per­sonnes, un couple de tren­te­naires, sus­pec­tés d’avoir contri­ bué à l’achat de son billet d’avion sur In­ter­net, et un jeune homme de 24 ans qui se fe­ra pin­cer par les douanes en juin 2017 pour avoir ten­té, lui aus­si, d’im­por­ter en France des pro­duits stu­pé­fiants (éga­le­ment in cor­pore).

Les ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance ont ré­vé­lé que les quatre per­sonnes se sont en­suite ren­dues dans les toi­lettes de l’aé­ro­port pour ré­cu­pé­rer les ovules. La jeune femme en ex­pulse trois, le tra­vail conti­nue­ra en­suite jus­qu’au len­de­main ma­tin au do­mi­cile de la femme ve­nue la cher­cher à l’aé­ro­port.

Le tri­bu­nal s’in­ter­roge alors sur le rôle de cha­cun dans la ré­cep­tion de ce « co­lis » et sur l’or­ga­ni­sa­tion de ce voyage à Pa­ris, à bord d’une Seat Al­tea. « Je ne sa­vais pas qu’elle était char­gée de co­caïne, j’étais scot­ché sur mon té­lé­phone dans la voi­ture, je n’ai pas po­sé de ques­tion », ré­pond à la pré­si­dente, l’un des pré­ve­nus. D’ailleurs, tous, en de­hors de la mule, semblent frap­pés d’une amné­sie par­tielle sur le fil des évé­ne­ments.

Tout au long des sept heures d’au­dience, hier, et après avoir écou­té cinq des sept pré­ve­nus, le tri­bu­nal est loin d’avoir toutes les ré­ponses es­comp­tées. Qui a dé­ci­dé de la ve­nue de la mule à Pa­ris ? Quel est le rôle exact des trois per­sonnes qui sont ve­nues la cher­cher ?

Et quel est ce­lui de sa tante, sus­pec­tée d’être l’une des têtes du ré­seau, mais qui a af­fir­mé à la barre qu’elle était juste res­pon­sable de pré­ve­nir de l’ar­ri­vée de la mule à l’aé­ro­port ?

Le pro­cès se pour­suit au­jourd’hui avec l’au­di­tion des deux der­niers pré­ve­nus. Trois d’entre eux, sous le coup de la ré­ci­dive lé­gale, pour des faits si­mi­laires, risquent jus­qu’à 20 ans de pri­son. ■

PRO­CÈS. Le tri­bu­nal de Mont­lu­çon juge sept Mont­lu­çon­nais sus­pec­tés de tra­fic de co­caïne.

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