Ta­ni Vi­li, pro­chain tan­go à Bue­nos Aires ?

Le jeune centre, tou­jours mi­neur, va par­ti­ci­per aux Jeux Olym­piques de la Jeu­nesse avec les Bleus

La Montagne (Moulins) - - Sports Auvergne - Va­lé­ry Le­fort

Grand es­poir du rug­by fran­çais au poste de trois-quarts centre, le Cler­mon­tois Ta­ni Vi­li joue sur­clas­sé en Es­poirs. Dans quelques jours, il par­ti­ra avec l’équipe de France à 7 pour par­ti­ci­per aux JO de la Jeu­nesse en Ar­gen­tine. Dé­cou­verte.

Le 12 mai der­nier, même comme ben­ja­min de la bande, Ta­ni Vi­li n’avait pas bou­dé son plai­sir pour dan­ser avec ses co­pains de l’équipe Es­poirs de l’ASM sur la pe­louse puis dans les ves­tiaires de Ca­hors. His­toire de cé­lé­brer un pre­mier titre en club pour un gar­çon qui avait ob­te­nu une dé­ro­ga­tion pour évo­luer dans cette ca­té­go­rie su­pé­rieure. Lui qui avait aus­si rem­por­té le cham­pion­nat d’Eu­rope à 7 avec les Bleus huit jours plus tôt.

Six mois plus tard, les es­poirs pla­cés dans cet ath­lète (1, 87 m ; 108 kg) sont plus que ja­mais d’ac­tua­li­té. « Oui, on suit sa pro­gres­sion avec un vif in­té­rêt », ad­met sans dé­tour Ber­trand Rioux, le pa­tron du centre de for­ma­tion. Cette se­maine, Ta­ni Vi­li s’en­vole vers Bue­nos Aires et l’Ar­gen­tine pour dé­fendre le titre de la France aux jeux Olym­piques de la Jeu­nesse. « Un ob­jec­tif » alors qu’il sort d’un stage na­tio­nal à Cap­bre­ton.

Né il y a bien­tôt 18 ans à Brive où ses pa­rents ve­nus des îles du Pa­ci­fique tiennent un res­tau­rant, Ta­ni Vi­li était pis­té par les plus gros clubs fran­çais. Comme Da­mian Pe­naud, il a choi­si le voyage le plus court pour par­faire sa for­ma­tion et éclore au plus haut ni­veau. « Je suis vrai­ment bien ici, j’ai trou­vé le cadre idéal pour gran­dir », sou­rit ce­lui qui passe, en marge de son ap­pren­tis­sage, son bac en can­di­dat libre.

Ta­ni Vi­li se fait re­mar­ quer, même quand il vient faire le nombre chez les pros. Un élé­ment de la trempe de Toea­va, 36 sé­lec­tions chez les All Blacks, n’est pas res­té in­sen­sible lors de ses ap­pa­ri­tions à l’en­traî­ne­ment. « Il a d’énormes qua­li­tés. S’il conti­nue à tra­vailler, il peut al­ler très loin ».

Vi­li ad­met « qu’une car­rière à la Rou­ge­rie (lui) irait bien. Il m’a ap­pris beau­coup de choses », glisse­t­il avec du res­pect dans la voix. En­core sur­clas­sé cette an­née pour évo­luer avec les Es­poirs, il se­ra for­cé­ment dans les pe­tits pa­piers d’Adel Fel­lah, le nou­veau coach des champions de France : « Je ne le connais­sais pas, ad­met ce der­nier. Mais j’en avais en­ten­du par­ler et je sa­vais que nous dis­po­sions d’un fac­teur X à ce poste ».

Le for­ma­teur dit aus­si « que l’on at­tend en­core plus de lui, no­tam­ment dans le jeu sans bal­lon ». Mais Vi­li casse les pla­qua­ ges bal­lon en main, ados­sé qu’il est à une tech­nique in­di­vi­duelle très au­des­sus de la moyenne. « Il a aus­si pour lui d’être un gros bos­seur et d’en­cais­ser les charges de tra­vail sans bron­cher », se sa­tis­fait­on au centre de for­ma­tion.

À 17 ans pas­sés, Ta­ni Vi­li a les rêves lo­giques et sans li­mite d’un ado de son âge. « J’ai en­vie de prou­ver à Cler­mont qu’ils ont eu rai­son de pa­rier sur moi. C’est pour ce­la que dans un coin de ma tête, je me suis fixé de re­ve­nir avec les pros ra­pi­de­ment et, pour­quoi pas, faire quelques ap­pa­ri­tions avec la une?»

Azé­ma l’a vu à Ca­hors où le jeune homme dit avoir vé­cu « un mo­ment in­croyable de com­mu­nion » avec ses potes mais aus­si avec ses pa­rents, Yvon et Te­le­sia qui étaient là. Rou­ge­rie à la re­traite, il parle au­jourd’hui de Da­mian Pe­naud « comme d’un grand frère ». Et rien ne dit qu’un jour, pas si loin­tain peut­être, les deux Bri­vistes fe­ront la paire au centre à l’ASM…

En at­ten­dant, après la danse de Ca­hors, Ta­ni Vi­li peut rê­ver d’un nou­veau tan­go à Bue­nos Aires. ■

Da­mian Pe­naud, le grand frère

PHO­TO R. BRUNEL

COS­TAUD. Ici en fi­nale du cham­pion­nat de France Es­poirs à Ca­hors face à Pau en mai, Ta­ni Vi­li fran­chit le ri­deau béar­nais avant d’ins­crire un es­sai fa­çon bull­do­zer. Né à Brive de pa­rents wal­li­sien et néo-ca­lé­do­nien, il dit avoir « trou­vé le club par­fait à l’ASM pour gran­dir ».

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