Le­moine : « Au-de­là de mes es­pé­rances »

Double mé­daillé aux cham­pion­nats d’Eu­rope

La Montagne (Moulins) - - Sports Auvergne - Ra­phaël Ro­chette

A 32 ans, Lu­do­vic Le­moine pri­vi­lé­gie dé­sor­mais sa vie pro­fes­sion­nelle à son sport. Pour­tant, le ti­reur cler­mon­tois reste tou­jours aus­si per­for­mant. Il est re­ve­nu d’Ita­lie avec deux nou­velles mé­dailles eu­ro­péennes.

■ Une fois de plus, vous êtes mon­té sur le po­dium…

Oui, ce­la a été des cham­pion­nats réus­sis. Au­de­là de mes es­pé­rances. Je n’at­ten­dais pas spé­cia­le­ment de mé­dailles dans la me­sure où j’ai pris du re­cul. Je me suis concen­tré sur mon tra­vail et ma fa­mille ces der­niers mois. J’ai mon­tré que la forme est tou­jours là, même si j’ai ré­duit l’en­traî­ne­ment.

■ Ce qui frappe, c’est votre cons­tance à très haut ni­veau…

J’en suis main­te­nant à quinze mé­dailles eu­ro­péennes. À force, je tiens les comptes…

■ En in­di­vi­duel, votre ex­pé­rience s’avère pré­cieuse. Au sabre, vous avez frô­lé l’ex­ploit…

Je suis très heu­reux d’avoir at­teint le po­dium. Mais c’est un ré­sul­tat aus­si sa­tis­fai­sant que frus­trant. Car je perds d’un pe­tit point, 15 touches à 14, en de­mi­fi­nale, face au cham­pion pa­ra­lym­pique en titre (l’Ukrai­nien An­drei Dem­chuck, cham­pion d’Eu­rope 2018, ndlr) .La sa­tis­fac­tion, c’est d’avoir fait qua­si jeu égal mal­gré un en­traî­ne­ment en de­çà de mes ha­bi­tudes.

■ Vous avez donc vrai­ment le­vé le pied concer­nant l’escrime ?

Oui, j’ai re­pris vrai­ment en dou­ceur, seule­ment fin avril. Avec mon bou­lot, je suis lar­ge­ment oc­cu­pé, car je tra­vaille à plein­temps (comme con­ seiller fi­nan­cier dans une banque, ndlr). Et du coup, je suis pas­sé de trois en­traî­ne­ments par jour à trois par se­maine.

■ Moins d’escrime et aus­si un nou­veau club, le Stade Cler­mon­tois…

Je suis res­té 12 ans à la Ra­pière de Chamalières. De­puis la ren­trée, je m’en­traîne à la Mai­son des Sports. Je suis en train de prendre mes marques. J’ai aus­si un nou­vel en­traî­neur, qui vient d’ar­ri­ver au Stade. On n’a pas en­core tra­vaillé en­semble, mais après les échanges qu’on a eus, je n’ai pas d’in­quié­tude. Ça va bien se pas­ser.

■ Vous êtes vice-cham­pion d’Eu­rope par équipe, en fleu­ret. Vos im­pres­sions ?

Ce­la a été une longue et belle jour­née. Mais elle au­rait pu s’abré­ger beau­coup plus vite. En quart et en de­mie, on a été me­né tout le long du match. Et à chaque fois, on a réus­si à coif­fer nos ad­ver­saires (l’Ukraine, puis la Po­logne, ndlr) au po­teau. Il y avait vrai­ment une grosse am­biance.

■ Quelles pers­pec­tives vous ouvrent ces deux mé­dailles eu­ro­péennes ?

Il y a des cham­pion­nats du monde dans un an, a prio­ri en sep­tembre 2019. Je ne sais pas si la fé­dé­ra­tion me sé­lec­tion­ne­ra. En tout cas, avec mes ré­sul­tats en Ita­lie, j’ai mar­qué des points. Je me suis pla­cé en bonne po­si­tion pour ces Mon­diaux. Avant, j’au­rai les cham­pion­nats de France, dont je suis double te­nant du titre (sabre et fleu­ret). Il va bien fal­loir que je dé­fende mon « ter­ri­toire ». ■

PH. F. BOI­LEAU

TRI­CO­LORE. Le­moine étoffe en­core son pal­ma­rès.

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