Un mi­nis­tère « apai­sé » face à des « pro­blèmes im­menses »

La Montagne (Moulins) - - France & Monde Actualités -

lyon­naise. Et il y a eu plu­sieurs signes : une lettre l’in­vi­tant à re­con­si­dé­rer son re­tour, re­layée par un proche, Jean­Mi­chel Da­clin, pré­sident d’On­lyLyon, puis­sante mac­hine de mar­ke­ting ter­ri­to­rial qui par­ti­cipe au rayon­ne­ment de la mé­tro­pole. Une autre, d’une so­cia­liste de 85 ans, Jac­que­line Vot­te­ro, qui l’im­plore, en le tu­toyant, « à re­non­cer à cette can­di­da­ture de trop ». Des pé­ti­tions, no­tam­ment du sec­ teur du lo­ge­ment so­cial, cir­culent éga­le­ment, se­lon cette même source.

« Col­lomb s’est brouillé avec tous les gens qu’il a fa­bri­qués (Na­tha­lie Per­rinGil­bert, Na­jat Val­laud­Bel­ka­cem…) et il ne souffre d’au­cune concur­rence », com­mente à l’in­verse une autre source. « Lyon est fon­da­men­ta­le­ment cen­triste et a hor­reur des ex­trêmes », ajoute le pé­na­liste et an­cien élu lyon­nais Alain Ja­ku­bo­wicz.

La re­con­quête de­vrait être plus ar­due à la mé­tro­pole, là où ré­side l’es­sen­tiel du pou­voir. D’abord parce que les in­ten­tions de son an­cien bras droit, Da­vid Ki­mel­feld – res­té si­len­cieux – ne sont pas claires. Mais aus­si parce que « le maire PS de Villeur­banne JeanPaul Bret dit que ce se­ra tout sauf Col­lomb et la mé­tro­pole ne peut se rem­por­ter sans Villeur­banne », com­plète une source po­li­tique lo­cale. ■ Gé­rard Col­lomb a quit­té, hier, un mi­nis­tère de l’In­té­rieur « apai­sé » mais confron­té à des « pro­blèmes im­menses », a-t-il dit.

La pas­sa­tion de pou­voir fut sans cha­leur avec Édouard Phi­lippe, dans l’at­tente de la no­mi­na­tion d’un nou­veau mi­nistre à ce poste stra­té­gique. Le fu­tur maire de Lyon avait at­ten­du seul sur le per­ron le Pre­mier mi­nistre, en re­gar­dant sa montre pen­dant une ving­taine de mi­nutes. Pre­nant la pa­role, il a no­tam­ment in­sis­té sur la si­tua­tion « très dé­gra­dée » des quar­tiers dif­fi­ciles. « Le terme de re­con­quête ré­pu­bli­caine prend dans ces quar­tiers tout son sens. Il faut as­su­rer la sé­cu­ri­té dans ces quar­tiers mais il faut fon­da­men­ta­le­ment les chan­ger. Quand les quar­tiers se pau­pé­risent, se ghet­toïsent, il ne peut y avoir que des dif­fi­cul­tés », a­t­il mis en garde.

« On vit côte à côte, je crains que de­main on ne vive face à face, nous sommes en face de pro­blèmes im­menses » a­t­il es­ti­mé.

Gé­rard Col­lomb est aus­si briè­ve­ment re­ve­nu sur le sort des mi­grants, ju­geant qu’il « faut ac­cueillir mais en ac­cueillant bien. Si c’est pour mettre ceux qu’on ac­cueille dans les quar­tiers dont je viens de par­ler, on ac­croî­tra en­core les pro­blèmes et la si­tua­tion de­vien­dra in­gé­rable ».

Il a néan­moins sou­li­gné « la conti­nui­té de l’État » : « On a vu que le mi­nistre al­lait être rem­pla­cé. Ce­la n’a pas em­pê­ché les po­li­ciers d’ar­rê­ter Re­doine Faïd », le bra­queur mul­ti­ré­ci­di­viste dont la ca­vale avait pris fin quelques heures avant dans l’Oise.

Le Pre­mier mi­nistre a pour sa part sa­lué so­bre­ment « la très grande culture » de Gé­rard Col­lomb et le « ca­rac­tère di­rect de l’ex­pres­sion ». ■

PHO­TO BEP

CHAL­LENGE. Gé­rard Col­lomb a choi­si la mai­rie de Lyon mais les jeux ne sont pas faits.

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