Un pe­tit ac­cent de ré­gime pré­si­den­tiel amé­ri­cain

La Montagne (Moulins) - - France & Monde Actualités -

« L’ex­pres­sion de chef de l’État ban­nie du vo­ca­bu­laire po­li­tique de­puis la IIIe Ré­pu­blique, ana­lyse le ju­riste Fran­çois Rou­villois, a sous la Ve re­trou­vé droit de ci­té. » Et pour cause :

« Son rôle est si pré­émi­nent que le Pré­sident du con­seil est de­ve­nu Pre­mier mi­nistre, c’est-àdire éty­mo­lo­gi­que­ment le pre­mier des ser­vi­teurs. Dans les an­nées 2000, Ar­naud Mon­te­bourg, dans sa vo­lon­té de chan­ger de Ré­pu­blique, pro­po­sait de sup­pri­mer l’élec­tion du chef de l’État au suf­frage uni­ver­sel, source de lé­gi­ti­mi­té et d’au­ra com­pa­rables à au­cune autre. À preuve, même ceux qui se sont vou­lus “pré­sident nor­mal” se sont vite aper­çus qu’on était soit pré­sident soit on ne l’était pas… » Même le quin­quen­nat in­tro­duit par la loi consti­tu­tion­nelle du 2 oc­tobre 2000 n’a pas af­fai­bli cette pré­pon­dé­rance. Tout au contraire « Con­vain­cus que cette ré­vi­sion ren­drait le pou­voir moins mo­nar­chique, la gauche et le centre la ré­cla­maient de­puis les an­nées 1960. De Gaulle s’y op­po­sait, convain­cu lui que le temps long pré­si­den­tiel était la co­lonne ver­té­brale des ins­ti­tu­tions. D’autres, comme Pom­pi­dou, es­ti­maient que ra­me­ner le man­dat de sept à cinq ans al­lait à l’in­verse ac­croître le pou­voir pré­si­den­tiel. L’his­toire lui a don­né rai­son. La Ve fonc­tionne dé­sor­mais un peu sur le mo­dèle amé­ri­cain avec, comme contre-pou­voirs à la pré­si­dence, le Sé­nat et le Con­seil consti­tu­tion­nel même si le se­cond ga­gne­rait à se rap­pro­cher de son équi­valent al­le­mand. » :

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