Laurent Wau­quiez comme en son jar­din

De nom­breux élus se sont ren­dus au Som­met pour le der­nier jour, le pré­sident de la Ré­gion en tête

La Montagne (Moulins) - - 27e Sommet De L'elevage - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­[email protected]­tre­france.com

La veille au soir, il man­geait avec les Jeunes Agri­cul­teurs pour une dis­cus­sion franche et « quelques verres ». Hier, Laurent Wau­quiez a pas­sé la ma­ti­née au Som­met.

Tu­toie­ment, sou­rires et tapes dans le dos. « Bon, les gars, on va al­ler les cher­cher ces fi­nan­ce­ments. » Laurent Wau­quiez a dé­fi­lé en chef de meute, hier, pour le der­nier jour du Som­met de l’éle­vage.

Loups, ours et an­ti­spé­cistes

Quatre heures de ser­rages de mains pour ter­mi­ner sur le stand de la Ré­gion avec le point d’orgue : la si­gna­ture d’une con­ven­tion pour pro­té­ger les terres agri­coles des ca­pi­taux étran­gers et des spé­cu­la­tions.

Une si­tua­tion bien connue dans l’Al­lier, par exemple, où des in­ves­tis­se­ments chi­nois ont ac­quis 900 hec­tares. La Ré­gion pour­ra pré­emp­ter des terres ou fi­nan­cer des ins­tal­la­tions, entre autres, grâce à une en­ve­loppe de 550.000 € par an. Avant cette si­gna­ture, le pré­sident de la Ré­gion a donc dé­am­bu­lé dans son in­oxy­dable par­ka rouge. « On lui a don­né en sor­tant de la voi­ture pour être sûr de ne pas le perdre dans le sa­lon », plai­san­tait son en­ tou­rage. L’oc­ca­sion pour lui de ba­layer lar­ge­ment l’ac­tua­li­té sous tous ses as­pects.

La ré­in­tro­duc­tion des loups et des ours ? « On est com­plè­te­ment fou. Ces bêtes ne sont pas faites pour co­ha­bi­ter avec l’homme. On parle de bien­être ani­mal et on laisse des trou­peaux en­tiers se faire dé­ci­mer. »

Les ac­tions des an­ti­spé­cistes ? « Ce n’est pas ac­cep­table. Qu’ils aillent blo­quer la viande qui vient du Bré­sil, bour­rée d’hor­mones. On a la chan­ ce d’avoir une agri­cul­ture lo­cale, de pe­tites ex­ploi­ta­tions, il faut la dé­fendre. Je n’ai rien contre leur phi­lo­so­phie, mais je condamne les actes. »

La ve­nue du mi­nistre de l’Agri­cul­ture jeu­di ? « Une ve­nue sans an­nonce à l’image de la po­li­tique gou­ver­ne­men­tale. »

Un che­val de 32 ans en Haute-Loire

Laurent Wau­quiez, tout en par­lant, ac­cé­lère le pas pour avoir le temps de voir le sa­lon équi­dés en bon amou­reux des che­vaux. « J’en ai tou­jours un en Haute­Loire. Mais il a 32 ans. Je le pro­mène à la main de temps en temps. Il s’ap­pelle As­sad, ça veut dire pe­tit lion en arabe, mais ce n’est pas moi qui aie choi­si le nom. »

Avec la tem­pé­ra­ture es­ti­vale, la par­ka rouge n’a pas ter­mi­né la vi­site sur les épaules du pré­sident de Les Ré­pu­bli­cains. Per­sonne ne l’a per­du de vue pour au­tant. Dif­fi­cile en même temps, au mi­lieu des bleus d’agri­cul­teurs, de pas­ser à cô­té de cette tren­taine de cos­tumes cra­vate qui le sui­vait par­tout. ■ AN­DRÉ CHAS­SAIGNE

« Il y a clai­re­ment une sous­éva­lua­tion des consé­quences de la sé­che­resse. En par­ti­cu­lier pour cet hi­ver. La der­nière loi sur l’agri­cul­ture qui ne ré­pond pas aux at­tentes. Et puis, il faut se pen­cher sur l’im­por­ta­tion qui tue nos pay­sans et tue la pay­san­ne­rie dans les pays ex­por­ta­teurs. »

Pré­sident du groupe Gauche dé­mo­crate et ré­pu­bli­caine à l’As­sem­blée na­tio­nale.

NI­CO­LAS DU­PONT-AI­GNAN

« Les agri­cul­teurs sont en déses­pé­rance parce qu’on leur fait croire qu’il n’y a pas d’autres so­lu­tions si Ma­cron échoue. Il faut ar­rê­ter l’hy­po­cri­sie de ceux qui disent dé­fendre l’agri­cul­ture et vote les trai­tés in­ter­na­tio­naux. Il faut des aides aux pe­tites ex­ploi­ta­tions et un prix mi­ni­mum du lait. Il faut faire pour l’agri­cul­ture ce qu’on fait pour le ci­né­ma fran­çais. Le ci­né­ma fran­çais est pro­té­gé, est­ce que le ci­né­ma est fas­ciste pour au­tant ? »

Dé­pu­té de l’Es­sonne et pré­sident de De­bout la Ré­pu­blique.

PHO­TO PIERRE COUBLE

REN­CONTRE. Laurent Wau­quiez te­nait à avoir une mont­bé­liarde sur la pho­to.

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