Na­naï-Williams, le charme de l’in­con­nu

L’ai­lier sa­moan tout à son bon­heur de dé­cou­vrir un nou­vel uni­vers

La Montagne (Moulins) - - Top 14 - Va­lé­ry Le­fort

Après une pre­mière ex­pé­rience au Ja­pon, Tim Na­naï-Williams dé­couvre l’Eu­rope et la France avec Cler­mont. Où il es­père se faire une place au so­leil de la ligne d’at­taque au­ver­gnate.

Ar­ri­vé hier en fin de jour­née par avion spé­cial à La Ro­chelle, où l’ASM se­ra ame­née à li­vrer un âpre com­bat cet après­mi­di, Tim Na­naï­Williams ne sait pas vrai­ment où il a at­ter­ri. « Tout est nou­veau pour moi ici. C’est une to­tale dé­cou­verte ! » Pas plus qu’il ne sa­vait où se trou­vait Bor­deaux, et en­core moins son équipe qui a pour­tant fait tou­cher les épaules du lea­der cler­mon­tois pour sa pre­mière en « jaune et bleu » cette sai­son.

« Pour être hon­nête, je ne sa­vais pas grand­chose du rug­by fran­çais avant de si­gner ici. Juste que Cler­mont était un top club quand il m’a contac­té. Mais guère plus. » Au­tant dire que son ar­ri­vée avec femme et en­fants (trois de 4, 2 et 1 ans) dans la four­naise aoû­tienne a consti­tué un pro­fond chan­ge­ment pour ce « cou­teau suisse » ca­pable ­ il l’a dé­mon­tré avec la sé­lec­tion sa­moane ­ de jouer aus­si bien sur une aile, au centre, à l’ar­rière ou à l’ou­ver­ture.

« La qua­li­té des jeunes »

« Pour moi, le rug­by est d’abord un jeu. L’im­por­tant, c’est d’être sur le ter­rain en adé­qua­tion avec le jeu de l’équipe. Ici, c’est le cas. Cler­mont pri­vi­lé­gie l’of­fen­sive, c’est très im­ por­tant pour moi et je ne peux que m’en ré­jouir ».

Pour ses grands dé­buts à Bor­deaux (dé­faite 23­19), ce feu fol­let aux ap­puis de feu et au centre de gra­vi­té très bas re­con­naît que ce fut dé­li­cat. « Dé­jà, je ne pen­sais jouer que 40 mi­nutes et je suis res­té sur le ter­rain jus­qu’au bout », sou­rit­il en pré­am­bule. Avant d’ajou­ter : « Mais c’est bien. Il y avait une pe­tite ap­pré­hen­sion pour mon pre­mier vrai match de­puis sept mois et mon opé­ra­tion à l’épaule. Mais tout s’est bien pas­sé. »

Tout comme il se dit per­sua­dé que son in­té­gra­tion en Au­vergne se fe­ra sans trop de dif­fi­cul­tés. « Nos en­fants par­le­ront fran­çais bien avant ma femme et moi ! Plus sé­rieu­se­ment, on a tout ici pour s’in­té­grer. Je suis éba­hi par la qua­li­té des ins­tal­la­tions qui sont mises à notre dis­ po­si­tion. Et par la qua­li­té glo­bale du groupe. Des gar­çons comme Ju­di­caël (Can­co­riet), Da­mian (Pe­naud) ou Sa­muel (Ezea­la) ­ que je ne connais­sais pas ­ sont dé­jà im­pres­sion­nants. »

Les Na­naï­Williams ont aus­si pour eux un pas­sage d’un an et de­mi au Ja­pon. « C’est une autre cul­ture, très dif­fé­rente. Mais ce fut in­té­res­sant. » Plus en de­hors que pour le rug­by sans doute. Pour ce­la, le Top 14 est d’un tout autre ca­libre. Il s’en ren­dra compte cet après­mi­di dans la bon­bon­nière grouillante du stade Mar­cel­De­flandre. ■

Cler­mont a un jeu qui res­semble beau­coup à ce­lui que je pra­ti­quais en Nou­vel­leZé­lande. C’est ap­pré­ciable

PHO­TO FRANCK BOI­LEAU

ADAP­TA­TION. Pour ses dé­buts en France, à Bor­deaux il y a deux se­maines, Tim Na­naï-Williams avait connu la dé­faite. « J’ai hor­reur de ça ! J’es­père que nous sau­rons in­ver­ser la ten­dance à La Ro­chelle. »

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