La po­si­tion du dé­mis­sion­naire

La Montagne (Moulins) - - France & Monde Actualités -

Pas fa­cile de quit­ter la place quand celle-ci est confor­table et qu’il a fal­lu en faire des tas de pas de cô­té pour s’y as­seoir.

Ma­lai­sé de rompre, quand, tous les comptes faits, on s’ar­range bien de la si­tua­tion. Je pars, je te quitte mais ne le prends pas mal. C’est gon­flé comme ex­pli­ca­tion mais ça peut pas­ser pour une pé­ri­pé­tie sen­ti­men­tale.

Juste un gros be­soin d’air pur ! Les sé­pa­ra­tions dou­lou­reuses re­posent par­fois sur un pas grand­chose, presque une brou­tille : le sale temps, le so­leil ca­ni­cu­laire, l’en­vie de voyage, le be­soin de ra­cines, le goût des que­nelles et des bords de Saône.

La dé­mis­sion est un mot fé­mi­nin qui manque de grâce. Au moins, le di­vorce fait­il plus so­lide. La dé­mis­sion laisse les bras bal­lants, les dos­siers chauds de­vront at­tendre et les mains à ser­rer vont ren­con­trer du vide. La dé­mis­sion est ra­re­ment de gaie­té de coeur. Quel­que­fois c’est un pa­pier sans en tête, avec une date et une for­mule de po­li­tesse écour­tée.

Qui n’a ja­mais dé­mis­sion­né ne peut com­prendre. Les achar­nés de la fonc­tion, les sourds et aveugles aux dis­sen­sions ne veulent rien sa­voir et usent de termes guer­riers pour poin­ter du doigt ce­lui qui quitte le na­vire en per­di­tion. Lâ­che­té ou traî­trise, les in­jures volent pour pré­ve­nir les éven­tuels mou­tons sen­sibles à la fuite et gê­nés de res­ter là, alors qu’un ami s’en

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