« Des do­cu­ments rares sur Jacques Brel »

La Montagne (Moulins) - - Magazine Tendances Bourse - Oli­vier Bo­hin oli­vier.bo­[email protected]­tre­france.com

Hom­mage

Pro­duc­teur des Grands du Rire, sur France 3, Hum­bert Ibach rend un hom­mage ex­cep­tion­nel à Jacques Brel avec deux do­cu­men­taires.

«Ne me quitte pas ». Qua­rante ans après sa dis­pa­ri­tion, le 9 oc­tobre 1978, les chan­sons de Jacques Brel res­tent po­pu­laires, ins­crites à ja­mais dans la mé­moire col­lec­tive. Dans ses deux do­cu­men­taires hom­mages, dif­fu­sés les 13 et 20 oc­tobre dans l’émis­sion des Grands du Rire, Hum­bert Ibach va au­de­là des grands stan­dards, révélant des pé­pites et des confi­dences ja­mais en­ten­dues.

■ En quoi votre hom­mage est-il dif­fé­rent des autres

pro­grammes du genre ? Ily a d’abord le té­moi­gnage de sa fille, France Brel, qui parle de son père de fa­çon par­ti­cu­lière. Et puis, j’ai re­trou­vé des ar­chives ra­re­ment vues où Jacques té­moigne de sa vie de l’époque, sa phi­lo­so­phie de vie. ■ Était-il proche de ses en­fants

? C’était un pa­pa mo­dèle et un bon ma­ri. C’est avec l’ac­cord de sa femme qu’il est mon­té à Pa­ris pour faire car­rière. Il n’a ja­mais di­vor­cé, même s’il a fait quelques ren­contres. Sa femme est res­tée sa femme et ses en­fants sont res­tés ses en­fants. Jacques Brel avait une in­dé­pen­dance mais avec un at­ta­che­ment pour sa fa­mille et sa femme. France Brel en parle d’une fa­çon très in­tel­li­gente. On re­trouve l’ex­pres­sion de son père. France a créé une fon­da­tion qui a fi­nan­cé la res­tau­ra­tion du der­nier concert à l’Olym­pia. Nous en ver­rons des images dans mon do­cu­men­taire.

■ C’est le Jacques Brel chan­teur qui vous in­té­resse ? To­ta­le­ment. J’ai pris l’op­tion de lais­ser Jacques se ra­con­ter, jus­qu’à ses adieux à l’Olym­pia. On le voit stu­dieux, écri­vant ses chan­sons, mais aus­si an­xieux à l’idée de mon­ter sur scène ou chan­tant avec ses tripes. Il avait un trac fou qui le ren­dait ma­lade, ayant peur de dé­ce­voir les gens.

■ Les 40 ans de la dis­pa­ri­tion de Brel coïn­cident avec la mort ré­cente d’Az­na­vour. Quel était leur prin­ci­pal

point com­mun ? Ils chantent ce qu’ils vivent et vivent ce qu’ils chantent. Quand Brel chante Ne me quitte pas, il ra­conte sa propre rup­ture sen­ti­men­tale. Ce thème est aus­si dé­ve­lop­pé par Az­na­vour quand il chan­tait no­tam­ment Dé­sor­mais. C’étaient deux grands géants qui in­ter­pré­taient leur vie. Nés à l’étran­ger, ils ont po­pu­la­ri­sé la chan­son fran­çaise dans le monde en­tier.

■ Votre chan­son pré­fé­rée de

Brel ? C’est comme de­man­der à un père de fa­mille quel est son en­fant pré­fé­ré. L’oeuvre de Brel parle à mon coeur, à mon âme. Ces mots­là corres­ pondent à ce que je pense, à ce que pense le pu­blic. Brel était connu dans le monde en­tier, no­tam­ment aux États­Unis. J’ai pro­duit un disque de Rod Mc Kuen qui avait tra­duit toutes ses chan­sons en an­glais. Il en a ven­du des mil­lions d’exem­plaires ! ■ Avez-vous ren­con­tré Brel ? À plu­sieurs re­prises, dès les an­nées 60, avant que je de­vienne l’at­ta­ché de presse de Shei­la, chez Car­rère. J’écri­vais des chan­sons. Il a tou­jours été bien­veillant avec moi. Comme tous les grands. Plus les ar­tistes sont grands et ex­tra­or­di­naires, plus ils sont ac­ces­sibles. ■ Y-a-t-il des jeunes chan­teurs qui peuvent se ré­cla­mer des hé­ri­tiers de Brel ? Je ne vois per­sonne… Qui l’a rem­pla­cé et qui rem­pla­ce­ra Az­na­vour ? Un ar­tiste ne meurt ja­mais. Dans 40 ans, on connaî­tra en­core Brel et Az­na­vour. Je suis là pour per­pé­tuer un de­voir de mé­moire mu­si­cal et po­pu­laire. ■

➔ Pra­tique. Les sa­me­dis 13 et 20 oc­tobre, Les grands du rire, “des­tins bri­sés” sur Jacques Brel à 14 h 25 sur France 3.

PHO­TO : FRANCE 3

HUM­BERT IBACH. « Brel chante sa vie mais aus­si celle des gens. C’est pour cette rai­son qu’il reste po­pu­laire. Il don­nait tout à son pu­blic, comme Charles Az­na­vour ».

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