Ils sont ve­nus, ils étaient tous là

L’émou­vant adieu à un mo­nu­ment de la chan­son et « vi­sage de la France »

La Montagne (Moulins) - - Jeux -

Ils sont ve­nus et étaient tous là pour rendre hom­mage à Charles Az­na­vour, mo­nu­ment de la chan­son fran­çaise dé­cé­dé lun­di et en­fant de la diaspora ar­mé­nienne, lors d’un hom­mage pla­cé sous le signe de cette double cul­ture.

C’est au son d’Em­me­nez­moi re­pris par l’as­sis­tance, une de ses plus fa­meuses chan­sons, que son cer­cueil a quit­té la cour des In­va­lides au terme d’un hom­mage vi­brant et so­len­nel.

« Charles Az­na­vour est de­ve­nu na­tu­rel­le­ment, una­ni­me­ment un des vi­sages de la France », a dé­cla­ré le pré­sident Ma­cron, dans son éloge fu­nèbre. « On de­vient aus­si Fran­çais par la langue. C’est par là qu’Az­na­vour de­vint si Fran­çais et même, di­sait­il, Pa­ri­sien, an­crant par les mots son ima­gi­naire dans une iden­ti­té qui n’était pas celle de ses pa­rents, pre­nant pied dans la longue tra­di­tion des conteurs, des poètes », a­t­il sou­li­gné, sa­luant ce­lui dont les « chan­sons furent pour des mil­lions de per­sonnes un baume, un re­mède, un ré­con­fort ».

Plus de 2.000 per­sonnes étaient ve­nues as­sis­ter à cette cé­ré­mo­nie of­fi­cielle, comme ce­la fut le cas pour d’autres per­son­na­li­tés, Si­mone Veil et Jean d’Or­mes­son. Un hom­mage pas as­sez po­pu­laire aux yeux de cer­tains, plu­sieurs mois après l’adieu à John­ny Hal­ly­day en pré­sence d’une im­mense foule dans les rues pa­ri­siennes.

Pour faire taire la po­lé­mique, l’Ély­sée a pré­ci­sé que la fa­mille, pré­sente au pre­mier rang, avait vou­lu cet hom­mage ré­pu­bli­cain et of­fi­ciel, en pré­sence des au­to­ri­tés ar­mé­niennes et ou­vert au pu­blic. Un écran géant avait aus­si été ins­tal­lé à l’ex­té­rieur.

C’est sur une mu­sique tra­di­tion­nelle ar­mé­nienne que le cer­cueil, re­vê­tu du dra­peau fran­çais et por­té par la garde ré­pu­bli­caine, a fait son en­trée. Quelques mi­nutes plus tôt, l’hymne ar­mé­nien puis La Mar­seillaise avaient re­ten­ti pour l’ar­ri­vée du pré­sident Ma­cron et du Pre­mier mi­nistre ar­mé­nien Ni­kol Pa­chi­nian.

Un proche parent

Né Shah­nou­rh Va­ri­nag Az­na­vou­rian à Pa­ris en 1924, Charles Az­na­vour était l’un des re­pré­sen­tants les plus em­blé­ma­tiques de la diaspora d’Ar­mé­nie, pays avec le­quel il a en­tre­te­nu des liens étroits tout au long de sa vie.

« Tout Ar­mé­nien le per­çoit comme un proche parent, c’est ce­lui qui a por­té le nom des Ar­mé­niens sur le toit du monde, qui a don­né une nou­velle cou­leur, un nou­vel élan à la fier­té ar­mé­nienne », a dit le Pre­mier mi­nistre ar­mé­nien dans un dis­cours aux ac­cents po­li­tiques.

Charles Az­na­vour « s’ap­prê­tait à ve­nir en Ar­mé­nie la se­maine pro­chaine (dans le cadre du som­met de la Fran­co­pho­nie, ndlr), je lui avais pro­mis de lui pré­sen­ter l’Ar­mé­nie glo­rieuse, je n’ai mal­heu­reu­se­ment pas pu te­nir ma pro­messe », a­t­il af­fir­mé. ■

PHO­TO AFP

PEOPLE. Da­ny Boon, Jean-Paul Bel­mon­do, Laurent Ger­ra, Ed­dy Mit­chell, Charles Gé­rard, ac­teur d’ori­gine ar­mé­nienne, et de très nom­breuses per­son­na­li­tés du spec­tacle étaient pré­sentes.

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