Il avait tué les bêtes par ven­geance

Deux ans ferme pour actes de cruau­té en­vers un ani­mal

La Montagne (Moulins) - - Région Faits Divers - Jean-Bap­tiste Le­dys

Le pro­prié­taire a dé­cou­vert ses ani­maux morts, dans un champ de Cul­hat, le 10 jan­vier der­nier. Ses cinq mou­tons, son agneau et son bouc avaient été tués avec une arme à feu.

Pour lui, l’au­teur du car­nage ne fai­sait guère de doute. Quelques jours au­pa­ra­vant, son propre fils lui avait pro­mis d’abattre les bêtes et de brû­ler sa voi­ture. Il a te­nu pa­role. Et lorsque Jo­han Sprin­gard, 19 ans, a été in­ter­pel­lé, il était en pos­ses­sion de 50 grammes d’herbe de can­na­bis.

« On n’est pas ar­ri­vé à le tuer »

De quoi lui va­loir une convo­ca­tion de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cler­mont­Ferrand. Dé­te­nu dans le cadre d’une autre af­faire, il de­vait no­tam­ment ré­pondre de « sé­vices graves ou actes de cruau­té en­vers un ani­mal do­mes­tique, ap­pri­voi­sé ou cap­tif ». En ré­ci­dive, il avait dé­jà été condam­né en mars 2017 pour avoir vo­lon­tai­re­ment écra­sé un mouton avec un trac­teur, à Sey­challes, au cours d’une vi­rée.

Le sort de l’un des ani­maux dé­cou­verts le 10 jan­vier in­ter­roge le tri­bu­nal : il était en­core en train d’ago­ni­ser et por­tait des traces de coups de gour­din quand son pro­prié­taire l’a re­trou­vé. Pour­quoi ? « On n’est pas ar­ri­vé à le tuer », ex­plique le pré­ve­nu, avec au­tant d’in­té­rêt que s’il com­men­ tait la mé­téo du jour. « Ce sont des actes d’une sau­va­ge­rie épou­van­table à l’égard des ani­maux », dé­plore Thier­ry Grif­fet, au par­quet, avant de re­qué­rir deux ans de prison avec man­dat de dé­pôt à l’en­contre du pré­ve­nu.

Est­ce pour s’amu­ser que le jeune homme s’est li­vré à de tels agis­se­ments, qu’il re­con­naît ? Non. C’est pour se ven­ger de son père qui, le jour de Noël, lui avait don­né une gifle. Ce geste était sur­ve­nu dans un cli­mat fa­mi­lial par­ti­cu­liè­re­ment dé­gra­dé. Et pour le jeune homme, dans un che­mi­ne­ment tou­jours plus ac­cen­tué vers la dé­lin­quance. Son ca­sier ju­di­ciaire com­porte sept condam­na­tions.

« Qu’on se re­trouve dans cette si­tua­tion de qua­si­ven­geance ne peut s’ex­pli­quer par les seuls faits dont le pré­ve­nu au­rait été vic­time. Rien ne jus­ti­fie un tel dé­fer­le­ment de vio­lences à l’en­droit de son père », s’in­digne Me Lio­nel Du­val, avo­cat de la par­tie ci­vile.

« Mon client s’est sen­ti un nou­velle fois re­je­té par son père, après toutes ces an­nées de pla­ce­ment. Il a vou­lu dé­truire tout ce qu’il ai­mait », ré­torque Me As­trid Schoef­fler, en dé­fense.

Confor­mé­ment aux ré­qui­si­tions, Jo­han Sprin­gard a été condam­né à deux ans d’em­pri­son­ne­ment ferme avec man­dat de dé­pôt. ■

PHO­TO D’AR­CHIVES BRU­NO BARLIER

CAR­NAGE. C’est pour se ven­ger d’une gifle re­çue le jour de Noël que le jeune homme s’était lan­cé dans une ex­pé­di­tion meur­trière.

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