Le parc bi­cen­te­naire a ré­duit sa voi­lure

Entre tor­nade et sé­che­resse, l’ar­bo­re­tum de Ba­laine a souf­fert des ca­prices de la mé­téo

La Montagne (Moulins) - - Allier Actualité - Pas­cal Lar­cher pas­cal.lar­[email protected]­tre­france.com Pra­tique.

La sé­che­resse a fait souf­frir les arbres et les plantes de l’ar­bo­re­tum de Ba­laine. Il a fal­lu tailler, cou­per pour pré­ser­ver les ré­serves d’eau et sau­ver cer­tains vé­gé­taux.

«Le thym s’était ins­tal­lé sur les pe­louses, c’était un signe : c’est une plante in­di­ca­trice de forte cha­leur. Il est tom­bé seule­ment 30 mm d’eau de­puis fin mai alors que nous re­ce­vons ha­bi­tuel­le­ment 50­60 mm/mois. C’est la deuxième an­née de sé­che­resse, je fi­nis par m’ha­bi­tuer, dé­clare, phi­lo­sophe, Louise Cour­teix.

Douze pte­ro­ca­ryas tron­çon­nés

La pro­prié­taire de l’ar­bo­re­tum de Ba­laine n’est pas convain­cue par l’hy­po­thèse du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique : « De grosses sé­che­resses, il y en a eu sous Louis XIV, il y en a eu en 1976 et en 2003 ».

Ba­laine a beau­coup souf­fert cette an­née mais Ba­laine s’est adap­té. Le parc bo­ta­nique et flo­ral a pu comp­ter sur la ré­serve d’eau de son étang (10.000 m3) et ses trois sources. « On a ins­tal­lé des pompes élec­triques de 5 à 15 m3/heure. Seize ca­nons fonc­tionnent en per­ma­nence. Ce­la fait des ki­lo­mètres de tuyaux à dé­pla­cer », ex­plique Louise Cour­teix.

Elle n’a pas ob­ser­vé en­core d’arbres morts, mais des des­centes de cimes sur des vieux chênes, et elle as­sure que cer­tains cha­mae­cy­prais ne re­par­ti­ront pas. « Ac­tuel­le­ment, on re­père les vé­gé­taux qui ont le plus ré­sis­té : des érables du Ja­pon (et d’ailleurs), des chênes, des li­qui­dam­bars. On fait beau­coup de mul­chage (pour évi­ter l’éva­po­ra­tion). Nous avons tron­çon­né douze pte­ro­ca­ryas (qui ont un ré­seau ra­ci­naire tra­çant), pour ne gar­der que le pied mère ; on taille les re­jets d’ar­bustes (qui pompent l’eau et la sève). On va de­voir rac­cour­cir beau­coup de vé­gé­taux. On coupe beau­coup de noyers amé­ri­cains, qui tiennent bien. On va tondre beau­coup plus haut (une pe­louse ton­due consomme deux fois plus d’eau) et même rem­pla­cer l’herbe par des plantes vi­vaces ta­pis­santes (gé­ra­ niums vi­vaces, heu­chères) ». L’ar­ri­vée des brouillards per­sis­tants vient ra­fraî­chir Ba­laine. « Avec la baisse des tem­pé­ra­tures, les feuilles vont tom­ber, les arbres souf­fri­ront moins ». Mais le sol est dur comme de la pierre : « on ne va sû­re­ment pas plan­ter beau­coup cet au­tomne. Les an­ciens disent qu’on n’au­ra pas d’eau jus­qu’à quinze jours avant Noël », pré­vient Louise Cour­teix. ■

Ba­laine est ou­vert jus­qu’au 30 no­vembre, tous les jours, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures. La pé­pi­nière reste ou­verte sur ren­dez-vous du 1er dé­cembre au 20 dé­cembre et du 7 jan­vier au 17 mars de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures sauf le di­manche. (tél. : 04.70.43.30.07 ou 06.70.11.55.32 ; mail : ar­bo­re­tum.ba­[email protected]­na­doo.fr) Chiens au­to­ri­sés te­nus en laisse. Du­rée de la vi­site libre : 1 heure à 3 heures. Ta­rifs : adulte 10 €, en­fant de - de 8 ans gra­tuit, en­fant de 8 à 12 ans 5 €. Groupe 7 €. Vi­site gui­dée de 1 heure 30 à 2 heures 30 uni­que­ment sur ren­dez-vous pour groupe de + de 20 per­sonnes.

PHO­TOS FRAN­ÇOIS-XA­VIER GUTTON

BO­TA­NIQUE. Avec l’au­tomne, l’ar­bo­re­tum de Ba­laine re­trouve des cou­leurs qui sé­duisent de nom­breux vi­si­teurs.

PHO­TO FRAN­ÇOIS-XA­VIER GUTTON

AR­BO­RE­TUM DE BA­LAINE. Louise Cour­teix, pro­prié­taire du parc bo­ta­nique et flo­ral bi­cen­te­naire, pour­suit l’oeuvre de son aïeule Aglaë Adan­son.

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