Er­do­gan veut pu­nir les au­teurs du meurtre

Le président turc a fait le point sur l’en­quête mais pas de ré­vé­la­tions

La Montagne (Moulins) - - France & Monde Actualités - Comme si de rien n’était.

Le président turc Re­cep Tayyip Er­do­gan a ap­pe­lé, hier, à pu­nir toutes les per­sonnes im­pli­quées dans le meurtre de Jamal Khashoggi, qu’il a qua­li­fié de « sau­vage » et de soi­gneu­se­ment « pla­ni­fié ».

Alors que la pres­sion in­ter­na­tio­nale sur Ryad ne cesse de s’ac­croître trois se­maines après le meurtre, le vice­président amé­ri­cain Mike Pence a af­fir­mé hier que son pays exi­ge­rait des ré­ponses de l’Ara­bie saou­dite.

Si plu­sieurs ques­tions res­tent tou­jours sans ré­ponse, Er­do­gan a fait le point sur l’en­quête, dé­cri­vant un « meurtre sau­vage » qui a été « pla­ni­fié » pen­dant plu­sieurs jours et mis à exé­cu­tion par une équipe de 15 agents.

Sans im­pli­quer nom­mé­ment le prince hé­ri­tier saoudien Mo­ham­med ben Sal­mane, dit « MBS » et ré­gu­liè­re­ment cri­ti­qué par Khashoggi, Er­do­gan a sou­li­gné l’im­por­tance de pu­nir « toutes les per­sonnes im­pli­quées, des exé­cu­tants aux com­man­di­taires » de ce meurtre.

Il faut « mettre au jour les res­pon­sa­bi­li­tés de cha­cun dans cette af­faire, du plus haut ni­veau au plus bas », a in­sis­té le chef de l’État turc, qui a pro­po­sé de ju­ger à Is­tan­bul les 18 sus­pects ar­rê­tés par Ryad.

Après avoir nié la mort du journaliste, le gou­ver­ne­ment saoudien a avan­cé plu­sieurs ver­sions contra­dic­toires, évo­quant no­tam­ment une ayant mal tour­né.

Ryad sou­tient dé­sor­mais que le journaliste a été tué au cours d’une opé­ra­tion « non au­to­ri­sée ».

Sous pres­sion, « MBS » ain­si que le roi Sal­mane ont ren­con­tré hier deux membres de la fa­mille de Khashoggi, dont l’un de ses fils, Sa­lah. Mais cette pré­sen­ta­tion des évé­ne­ments a été ac­cueillie avec scep­ti­cisme à tra­vers le monde.

« Le monde en­tier nous re­garde. Les Amé­ri­cains veulent des ré­ponses et nous al­lons exi­ger que ces ré­ponses in­ter­viennent ra­pi­de­ment », a lan­cé Pence lors d’une ren­contre or­ga­ni­sée par le Wa­shing­ton Post.

« Ce meurtre bru­tal d’un journaliste, d’un homme in­no­cent, d’un dis­si­dent, ne se­ra pas lais­sé sans une ré­ponse amé­ri­caine, et je l’es­père, sans une ré­ponse in­ter­na­tio­nale », a pour­sui­vi le vice­président de Do­nald Trump qui a beau­coup mi­sé sur « MBS ».

La di­rec­trice de la CIA, Gi­na Has­pel, s’est ren­due en Tur­quie hier. Dans son dis­cours qui a cap­té l’at­ten­tion à tra­vers le monde hier, Er­do­gan s’est ef­for­cé de don­ner des dé­tails sur les pré­pa­ra­tifs des tueurs, afin d’ac­cré­di­ter la thèse d’une opé­ra­tion soi­gneu­se­ment pré­pa­rée.

Ca­cher le corps

Il a ain­si dit que les agents saou­diens avaient ef­fec­tué des re­pé­rages dans une fo­rêt près d’Is­tan­bul et dans une ville du nord­ouest de la Tur­quie avant le meurtre, sug­gé­rant qu’ils cher­chaient un lieu où ca­cher le corps.

En outre, le cir­cuit de vi­déo­sur­veillance du consu­lat avait été « désac­ti­vé » le ma­tin du meurtre, a pour­sui­vi le président turc, confir­mant des in­for­ma­tions pu­bliées ces der­niers jours par les mé­dias turcs.

Er­do­gan n’a tou­te­fois pas pré­ci­sé sur quels élé­ments il ba­sait ses af­fir­ma­tions, ne men­tion­nant à au­cun mo­ment d’éven­tuels en­re­gis­tre­ments au­dio ou vi­déo dont la presse turque et cer­tains res­pon­sables turcs font état de­puis le dé­but de l’en­quête. ■ « MBS » a fait une brève ap­pa­ri­tion hier à un fo­rum in­ter­na­tio­nal sur l’in­ves­tis­se­ment à Ryad, pour­tant as­som­bri par le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi qui a pro­vo­qué le boy­cott de plu­sieurs di­ri­geants étran­gers et grands chefs d’en­tre­prise.

PHO­TO AFP

PRO­MESSE. Pu­nir les per­sonnes im­pli­quées « du plus haut ni­veau au plus bas. »

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