Ma­cron juge « lé­gi­time » l’hom­mage à Pé­tain

Le pé­riple 14­18 per­tur­bé par une nou­velle po­lé­mique.

La Montagne (Moulins) - - La Une -

Dé­jà émaillé d’in­ter­pel­la­tions sur le pou­voir d’achat, le pé­riple d’Em­ma­nuel Ma­cron sur les traces de la Grande Guerre était per­tur­bé par une nou­velle po­lé­mique hier, cette fois sur l’op­por­tu­ni­té de rendre hom­mage à Pé­tain dans le cadre du cen­te­naire de l’ar­mis­tice de 1918.

L’exé­cu­tif ten­tait de tuer dans l’oeuf cette po­lé­mique qua­li­fiée de « mau­vaise » et « vaine » par le por­te­pa­role du gou­ver­ne­ment Ben­ja­min Gri­veaux, face no­tam­ment aux cri­tiques vi­ru­lentes ve­nant es­sen­tiel­le­ment de la gauche, mais aus­si des ins­tances re­pré­sen­ta­tives juives.

Juste avant le Conseil des mi­nistres dé­lo­ca­li­sé à Char­le­vil­leMé­zières, Em­ma­nuel Ma­cron avait ju­gé « lé­gi­time » de rendre hom­mage au ma­ré­chal Pé­tain sa­me­di, ar­guant que le chef du ré­gime de Vi­chy avait été « pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale un grand sol­dat » avant de conduire « des choix fu­nestes » pen­dant la Deuxième en col­la­bo­rant avec le ré­gime na­zi.

Avec les sept autres ma­ré­chaux de la Grande Guerre, Phi­lippe Pé­tain se­ra ain­si cé­lé­bré sa­me­di aux In­va­lides, lors d’une cé­ré­mo­nie à la­quelle par­ti­ci­pe­ront les plus hauts res­pon­sables mi­li­taires fran­çais.

« Il est lé­gi­time que nous ren­dions hom­mage aux ma­ré­chaux qui ont conduit l’ar­mée à la vic­toire, comme chaque an­née. Mon chef d’état­ma­jor se­ra pré­sent à cette cé­ré­mo­nie », a dit Ma­cron, in­ter­ro­gé par des jour­na­listes. À l’As­sem­blée na­tio­nale, et sans ci­ter Phi­lippe Pé­tain, Édouard Phi­lippe a évo­qué l’« exer­cice dif­fi­cile, pa­ra­doxal » de « pen­ser en même temps à ceux qui ont été glo­rieux et à ceux qui en­suite ne se sont pas mon­trés à la hau­teur des en­jeux de l’his­toire ».

« Une honte »

Mais les pro­pos d’Em­ma­nuel Ma­cron ont sus­ci­té de nom­breuses cri­tiques, no­tam­ment de la part du Conseil re­pré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France (Crif) qui s’est dit « cho­qué ». « La seule chose que nous re­tien­drons de Pé­tain, c’est qu’il a été, au nom du Peuple fran­çais, frap­pé d’in­di­gni­té na­tio­nale lors de son pro­cès en juillet 1945 », a dé­cla­ré son pré­sident, Fran­cis Ka­li­fat, ci­té dans un com­mu­ni­qué.

Plu­sieurs élus, sur­tout à gauche, ont éga­le­ment pro­tes­té. « Pé­tain est un traître et un an­ti­sé­mite. Ses crimes et sa tra­hi­son sont im­pres­crip­tibles. Ma­cron, cette fois­ci, c’est trop ! », a dé­non­cé Jean­Luc Mé­len­chon.

Au contraire, pour le dé­pu­té Les Ré­pu­bli­cains Phi­lippe Gos­se­lin, « il y a lieu de rendre hom­mage au gé­né­ral Pé­tain » de la Grande Guerre, même s’il « ne s’agit pas de faire l’apo­lo­gie de l’État fran­çais du ré­gime de Vi­chy » de 1940­1944.

Cette po­lé­mique est une nou­velle source d’em­bar­ras pour l’exé­cu­tif au beau mi­lieu de « l’iti­né­rance mé­mo­rielle » en­ta­mée di­manche à Stras­bourg par Em­ma­nuel Ma­cron et qui se ter­mi­ne­ra ce week­end par les cé­lé­bra­tions du cen­te­naire en pré­sence d’une soixan­taine de di­ri­geants étran­gers.

Le pé­riple pré­si­den­tiel est dé­jà pa­ra­si­té par la co­lère contre la hausse des prix des car­bu­rants sur la­quelle Em­ma­nuel Ma­cron a en­core été in­ter­pel­lé par des ha­bi­tants à Char­le­ville­Mé­zières. ■

PHO­TO AFP

DUR. Le pé­riple pré­si­den­tiel per­tur­bé par la co­lère des Fran­çais sur les re­traites et la hausse du car­bu­rant.

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