Il avait bra­qué l’épi­cier et son épouse

Le pré­ve­nu de 18 ans écope de deux ans de pri­son ferme

La Montagne (Moulins) - - Région Actualité - Thomas Ri­bierre

Un jeune homme a été condam­né par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mont­lu­çon après un vol ag­gra­vé com­mis mer­cre­di, dans une épi­ce­rie de l’avenue Ju­lesGuesde.

De l’aga­ce­ment. Ou une lé­gère ir­ri­ta­tion. C’est un peu le sen­ti­ment éprou­vé, hier après­mi­di, par les juges et le mi­nis­tère pu­blic à l’heure de la com­pa­ru­tion im­mé­diate de Dryce Gayet, 18 ans et de­mi. À la barre, le grand gaillard au vi­sage ju­vé­nile, sou­rire en coin, ne semble pas prendre la me­sure de ses actes.

Il me­nace la femme en­ceinte

Mer­cre­di, vers 18 h 45, il pé­nètre dans l’épi­ce­rie, au 12 avenue Jules­Guesde, à Mont­lu­çon. Son vi­sage est dis­si­mu­lé sous une large ca­puche, ses mains sont gan­tées, son col re­le­vé. Après un pas­sage au rayon sur­ge­lé, il dé­gaine son arme : un cou­teau d’en­vi­ron 30 cm.

Il se di­rige vers l’épi­cier et hurle : « Donne­moi ta caisse ! ». Le com­mer­çant pense avant tout à sa femme, en­ceinte de cinq mois, elle aus­si pré­sente dans l’épi­ce­rie. Pas de quoi émou­voir Dryce Gayet qui n’hé­site pas à poin­ter son cou­teau à quelques cen­ti­mètres de son ventre. Fi­na­le­ment, le gé­rant lui re­met un sac et le laisse se di­ri­ger vers la caisse puis court pro­té­ger son épouse.

« C’était pour faire sem­blant, pour qu’on m’em­mène en garde à vue 72 heures », ex­plique le pré­ve­nu. Ain­si, il pour­rait échap­per à ses créan­ciers, des hommes à qui il doit 300 à 400 € et qui l’au­raient me­na­cé de mort. « Mais dès l’ins­tant où je suis ren­tré, j’ai sen­ti comme un vide dans ma tête et je n’avais plus qu’une idée : prendre l’ar­gent. »

In­ca­pable d’ou­vrir la caisse, il re­part Gros­Jean comme de­vant mais pense tou­te­fois à chan­ger de sweat. Comme il l’avait fait quatre heures plus tôt (1), il ap­pelle la po­lice. « Je suis deux hommes qui viennent de réa­li­ser un bra­quage. » Il se fe­ra pin­cer quelques mi­nutes plus tard, confon­du par le cou­teau et la veste (la pre­mière), re­trou­vée dans son sac.

« Votre fa­mille d’ac­cueil vous dé­fi­nit comme quel­qu’un de men­teur, sour­nois et mo­queur. » « Je ne suis pas men­teur, je suis ma­ni­pu­la­teur », ré­pond le pré­ve­nu, froi­de­ment.

Dans ses ré­qui­si­tions, le pro­cu­reur a sou­li­gné « sa per­son­na­li­té com­plexe, voire très dé­ran­geante ». Son avo­cat, Me Héas, a de­man­dé un sup­plé­ment d’in­for­ma­tion pour mieux com­prendre son client.

Il n’en a rien été. Dryce Gayet a été condam­né à quatre ans de pri­son (avec man­dat de dé­pôt) dont deux avec sur­sis et mis à l’épreuve de trois ans (2). ■

(*) Il avait ap­pe­lé la po­lice à 14 h 50 pour si­gna­ler une fausse agres­sion et ain­si tes­ter sa ra­pi­di­té d’in­ter­ven­tion.

(1) Il a éga­le­ment obli­ga­tion de soins, de tra­vai­ler, d’in­dem­ni­ser les vic­times et de s’ac­quit­ter des sommes dues au Tré­sor pu­blic.

PHOTO FLO­RIAN SALESSE

VOL AG­GRA­VÉ. L’au­dience a été sus­pen­due étant don­né l’état de choc du gé­rant en­suite épau­lé par l’As­so­cia­tion d’aide aux vic­times.

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