« Le par­ti so­cia­liste, c’est ma fa­mille, mon ADN »

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Municipales 2020 -

■ Quel re­gard por­tez-vous sur le pay­sage po­li­tique ac­tuel ? On ne peut pas faire comme si le monde n’avait pas chan­gé de­puis l’élec­tion d’Em­ma­nuel Ma­cron. Il y a une dé­per­di­tion des corps in­ter­mé­diaires, un af­fai­blis­se­ment des par­tis po­li­tiques. C’est pour­quoi j’in­vite les gens à prendre part à l’aven­ture col­lec­tive que nous al­lons lan­cer. J’ai sou­vent dit que j’ai fait du Ma­cron avant Ma­cron à tra­vers les pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment que nous avons por­tés avec les ci­toyens. Et puis gou­ver­ner la mé­tro­pole avec des forces de gauche et de droite, c’était en­core du Ma­cron.

■ Doit-on en dé­duire que vous êtes Ma­cron-com­pa­tible ? J’ai une dif­fé­rence, je suis de gauche. Le PS, c’est ma fa­mille, mon ADN. J’ai des va­leurs hu­ma­nistes. Ces va­leurs ne sont tou­te­fois pas in­com­pa­tibles avec le bien com­mun, l’in­tel­li­gence et l’in­té­rêt du ter­ri­toire. Mais si la gauche et la droite existent tou­jours, c’est qu’elles per­mettent de trou­ver des consen­sus.

■ Le co-ré­fé­rent de LREM dans le Puy-de-Dôme, Guy La­vo­cat, es­time qu’au­cune com­pa­ti­bi­li­té po­li­tique n’est pos­sible avec l’ac­tuel maire de Cler­mont. Rien n’est fi­gé. Ce qui n’est pas en­vi­sa­geable, c’est un ac­cord d’ap­pa­reil. Je n’en veux pas et eux consi­dèrent que je ne suis pas digne de leur in­té­rêt. Con­trai­re­ment à ce qu’ils disent, je ne com­mente pas les dé­ci­sions du pré­sident de la Ré­pu­blique même si je consi­dère que Ma­cron mène au­jourd’hui une po­li­tique li­bé­rale.

Je suis le maire de tous les Cler­mon­tois. Quand Ma­cron vient, je le re­çois et je dis­cute. Je ne suis pas un élève et Guy La­vo­cat n’est pas mon pro­fes­seur. Je ne lui de­mande pas de me dé­cer­ner un bre­vet de ma­cron­com­pa­ti­bi­li­té. Je parle aux ci­toyens, pas aux ap­pa­reils. C’est la rai­son pour la­quelle je fais ce la­bo.

Moi aus­si j’ai le nu­mé­ro de por­table d’Em­ma­nuel Ma­cron, je n’ai pas be­soin de pe­tit té­lé­gra­phiste entre lui et moi. Pour les grandes villes de France, le Pré­sident a dit que c’est lui qui dé­ci­de­rait. C’est l’in­té­rêt gé­né­ral qui com­mande.

■ Que pen­sez-vous de ce nou­veau monde po­li­tique ? J’ai par­fois un peu de mal avec ce nou­veau monde qui pro­clame faire de la po­li­tique au­tre­ment. Sur­tout lorsque l’on me dit qu’il fau­drait que je sou­tienne les can­di­dats de LREM aux Eu­ro­péennes. Moi qui pen­sais que LREM ne fai­sait pas de po­li­tique po­li­ti­cienne. Tout ce­la pour dire que je fais de la po­li­tique comme eux et bien avant eux. Nom­breux ont d’ailleurs été au PS. Cer­tains pour convoi­ter le poste que j’oc­cupe. Je re­la­ti­vise donc leur ca­pa­ci­té à mo­der­ni­ser le monde, no­tam­ment à Cler­mont. Il y a der­rière Ma­cron beau­coup trop de pe­tits va­lets qui s’ar­rogent le droit de dire qui est com­pa­tible avec qui.

■ De­puis votre élec­tion, votre ma­jo­ri­té a évo­lué. Elle s’est même un peu ef­fri­tée. Vous n’avez pas peur qu’elle ne fi­nisse par se di­vi­ser ? Elle tien­dra en­core deux ans. Le la­bo dé­mo­ cra­tique est une des ré­ponses. Je ne compte pas m’épui­ser à mon­ter un mé­ca­no d’ap­pa­reils. Les Cler­mon­tois n’at­tendent pas ce­la de moi. Je ne veux pas d’une ma­jo­ri­té faite de sous­chefs de cha­pelle et de compte d’apo­thi­caire. Les gens me connaissent, je suis de gauche et je n’ai pas chan­gé de­puis vingt­cinq ans. On avait un contrat de gou­ver­nance en 2014. Quatre ans plus tard, il est res­pec­té et je m’en­gage à le res­pec­ter en­core deux ans. Je ne veux pas d’états d’âmes po­li­ti­ciens en mai­rie. Ma seule bous­sole, ce sont les Cler­mon­tois.

■ Vous faites par­tie de l’équipe na­tio­nale qui am­bi­tionne de re­cons­truire le PS. Vous n’y avez pour­tant au­cune res­pon­sa­bi­li­té. Je suis au Con­seil na­tio­nal du par­ti. Je n’ai pas pos­tu­lé à un poste en par­ti­cu­lier. J’ai fait le choix d’être dis­po­nible pour le ter­ri­toire. Cler­mont a be­soin d’un maire à temps plein et mon seul ob­jec­tif est d’être tou­jours là en 2020. Je suis prêt à conti­nuer et ce la­bo­ra­toire est une forme soft d’en­trée en ma­tière.

■ Pour­quoi cette fi­dé­li­té au PS alors que de nom­breux maires ont été em­por­tés par la vague ma­cro­niste ? J’ap­par­tiens au PS. Je suis ro­car­dien, la deuxième gauche. Je suis so­cial­dé­mo­crate. Et je crois à la fi­dé­li­té. Ceux qui ne cessent de chan­ger font rire tout le monde. Mais fi­dé­li­té ne veut pas dire aveu­gle­ment. Je suis un fi­dèle critique. Je ne suis pas ci­trouille qui de­vient car­rosse. Aux élec­tions mu­ni­ci­pales, les gens ne votent pas pour une éti­quette, mais pour une femme ou un homme qui in­carne des va­leurs. Si les Cler­mon­tois ne veulent pas être trom­pés, il fau­dra bien leur dire quelle est la mar­chan­dise. Dans LREM, beau­coup ont sur­tout trou­vé une deuxième vie, c’est le cas de Guy La­vo­cat qui fai­sait par­tie des can­di­dats in­ternes pour être sur ma liste en 2014 ou en­core de Mi­chel Fan­get dont le pre­mier man­dat re­monte à 1993. ■

« Pour moi, le vrai dan­ger des mu­ni­ci­pales 2020, ce n’est pas LREM ou Les Ré­pu­bli­cains, c’est d’abord l’ex­trême droite, l’abs­ten­tion­nisme, le po­pu­lisme et l’in­dif­fé­rence. »

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