Bur­ker King : c’est vrai­ment l’im­passe !

Six mois après l’ou­ver­ture, la cir­cu­la­tion pose des dif­fi­cul­tés comme an­non­cé par la com­mune

La Montagne (Thiers-Ambert) - - Puy-De-Dôme | Actualité - Phi­lippe Cros

Au fond de l’im­passe de Mal­mouche, les es­prits s’échauffent face aux nui­sances liées à la cir­cu­la­tion. Le pré­fet s’en mêle. « L’État doit as­su­mer seul la res­pon­sa­bi­li­té de ce fias­co », ré­pond le maire d’Aubière.

C’est un peu l’ar­ro­seur ar­ro­sé. Le 12 oc­tobre 2017, la pré­fec­ture du Puy­de­Dôme s’était sub­sti­tuée au maire d’Aubière pour au­to­ri­ser l’ou­ver­ture du Bur­ger King. Ch­ris­tian Sin­sard re­fu­sait de si­gner le do­cu­ment pour des ques­tions de sé­cu­ri­té.

Sept mois plus tard, le pré­fet Jacques Billant écrit au maire pour lui de­man­der d’user de son « pou­voir de po­lice », pour ré­gler les pro­blèmes « re­la­tifs aux condi­tions de cir­cu­la­tion et de sta­tion­ne­ment rue de Mal­mouche ». « Votre courrier me laisse per­plexe », ré­agit l’élu au­bié­rois.

Pas de so­lu­tion

« On s’est ba­gar­ré jus­qu’au bout, ra­conte le maire. On leur a pro­po­sé d’autres ter­rains car on sa­vait que cet em­pla­ce­ment n’était pas adap­té. Que ceux qui m’ont pi­qué mon pou­voir se dé­brouillent : c’est trop fa­cile de dire au­jourd’hui que c’est au maire de faire jouer son pou­voir de po­lice. La pré­fec­ture a fait usage de son droit de sub­sti­tu­tion pour per­mettre l’ou­ver­ture du Bur­ger King, il faut main­te­nant al­ler au bout de cette lo­gique. »

L’af­faire est sé­rieuse. À tel point que le pré­fet du Puy­de­Dôme a mo­bi­li­sé les com­pé­tences de la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la sé­cu­ri­té pu­blique et de la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la pro­tec­tion des po­pu­la­tions pour étu­dier cet épi­neux pro­blème : comment gé­rer la cir­cu­la­tion quand un fast­food est ins­tal­lé au fond d’une im­passe lon­geant des mai­sons, avec un par­king d’à peine 18 places ?

So­lu­tion 1 : rou­vrir l’im­passe vers l’ave­nue du Rous­sillon ? Im­pos­sible, cette in­ter­sec­tion a été fer­mée dans les an­nées 1980 car elle était dan­ge­reuse.

So­lu­tion 2 : uti­li­ser la voie d’ac­cès pri­vée dé­diée aux li­vrai­sons ? Pas da­van­tage, ce­la pour­rait avoir comme consé­quence d’en­traî­ner « des com­por­te­ments de sta­tion­ne­ment in­adap­tés et autres ex­cès », juge le pré­fet.

« À l’État d’as­su­mer »

So­lu­tion 3 : « Ré­ser­ver le sta­tion­ne­ment aux seuls ri­ve­rains de la rue de Mal­mouche afin d’évi­ter des sta­tion­ne­ments in­ap­pro­priés de vé­hi­cules ex­té­rieurs », sug­gère le pré­fet. Non en­vi­sa­geable, ré­pond le maire : « J’ai d’abord un doute sur la lé­ga­li­té d’une telle me­sure et puis nous n’au­rions de toute fa­çon pas les moyens de la faire res­pec­ter. »

Cette fois, le maire d’Aubière Ch­ris­tian Sin­sard tire les le­çons de cet­ te af­faire feuille­to­nesque : « Pour mé­moire, écrit­il au pré­fet, je vous rap­pelle que de­puis 2015, j’ai ré­gu­liè­re­ment aler­té vos pré­dé­ces­seurs sur la réa­li­té de ce risque. […] Il me semble mal­heu­reu­se­ment un peu tard pour se sou­cier en­fin du sort de ce quar­tier ; sort qui ré­sulte uni­que­ment de la pos­ture adop­tée par l’État de­puis main­te­nant trois ans. L’État doit dé­sor­mais as­su­mer seul la res­pon­sa­bi­li­té de ce fias­co. » ■

➔ Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif. Cô­té jus­tice, le dos­sier n’est pas clos. Il reste en­core un li­tige sur le respect du rè­gle­ment lo­cal de pu­bli­ci­té par Bur­ger King. Le TA de Cler­mont n’a pas en­core fixé de date d’au­dience.

CIR­CU­LA­TION. L’im­passe de Mal­mouche est de­ve­nue un lieu de sta­tion­ne­ment et de forte af­fluence dans les pics de fré­quen­ta­tion, en­traî­nant des nui­sances pour les ri­ve­rains.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.