Une pétition lan­cée face à la sup­pres­sion de la ligne de bus Am­bert-Ar­lanc

■ De­puis le 9 dé­cembre, la ligne SNCF entre Am­bert et Ar­lanc a été rem­pla­cée par un ser­vice TAD

La Montagne (Thiers-Ambert) - - La Une - Fran­çois Jaul­hac francois.jaul­[email protected]­tre­france.com

De­puis le 9 dé­cembre, le tron­çon entre Am­bert et Ar­lanc n’est plus des­ser­vi par la ligne 19, de­puis Vi­chy, rem­pla­cée par un TAD.

De­puis le 9 dé­cembre, le tron­çon entre Am­bert et Ar­lanc n’est plus des­ser­vi par la ligne 19, de­puis Vi­chy. Une sup­pres­sion qui ne passe pas et sur­prend.

Étu­diant en deuxième an­née à l’École na­tio­nale su­pé­rieure de paysage de Ver­sailles, Alexis Pe­lis­sier a ses at­taches fa­mi­liales en Li­vra­dois­Fo­rez, à Beur­rières. « Quand je rentre pour les va­cances, je prends le bus jus­qu’à Ar­lanc », ex­plique­t­il. Une ligne 19 des­ser­vant Vi­chy­Thiers­Am­bert­Ar­lanc qu’il connaît bien mais qu’il n’a pu em­prun­ter dans sa to­ta­li­té pour les fêtes de Noël. En ef­fet, de­puis le 9 dé­cembre der­nier, la fin de l’iti­né­raire (entre Am­bert/Marsac­enLi­vra­dois et Ar­lanc) a dis­pa­ru, rem­pla­cée par un ser­vice de Trans­port à la de­mande (TAD), suite, vi­si­ble­ment, à la faible fré­quen­ta­tion de cette por­tion. « C’est dom­mage de voir en­core dis­pa­raître un ser­vice pu­blic pour les jeunes et les per­sonnes plus âgées, es­time le jeune homme. Mais je n’avais pas en­vie qu’on reste ré­si­gnés ».

« Équi­libre des ter­ri­toires »

Aus­si, de­puis le 1er jan­vier, ce­lui­ci a lan­cé une pétition sur in­ter­net (*) de­man­dant à la SNCF « d’as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés de ges­tion­naire et d’amé­na­geur du ter­ri­toire à as­su­rer ce trans­port pu­blic en com­mun en ré­ta­blis­sant l’ar­rêt de bus à Ar­lanc ». Une dé­ci­sion « in­jus­ti­ fiée » se­lon lui, face « au vrai maillon éco­no­mique que re­pré­sente la val­lée de la Dore ; une sup­pres­sion qui nuit aus­si à l’équi­libre des ter­ri­toires par la dé­con­nexion du bus au train pour se rendre à Paris ; à la dy­na­mique éco­no­mique et cultu­relle de la com­mune d’Ar­lanc et at­teint di­rec­te­ment la vie des ha­bi­tants dé­pour­vus de moyens propres et éco­lo­giques du­rables ».

Un ap­pel dé­jà si­gné par 130 per­sonnes à l’heure ac­tuelle dont le dé­pu­té PCF An­dré Chas­ saigne ou le maire de Beur­rières, Ber­nard Faure mais éga­le­ment des per­son­na­li­tés pu­bliques, dont Ju­lien Ca­ron, le di­rec­teur du Fes­ti­val de La Chaise­Dieu qui rap­pelle la sup­pres­sion, voi­là quelques an­nées, « du ser­vice de taxi à la de­mande SNCF Ar­lanc­La Chaise­Dieu (pour 2 €) en bout de ligne. Le main­tien d’une des­serte SNCF au plus près de ce ter­ri­toire est es­sen­tiel pour la vie de ses ha­bi­tants et son dy­na­misme éco­no­mique », écrit­il. Des ha­bi­tants, aus­si, du Li­vra­dois­Fo­rez, tels Ca­the­rine, di­rec­te­ment im­pac­tée : « Je tra­vaille à Paris et je m’y rends chaque se­maine en bus plus train. L’an­nu­la­tion de la ligne Ar­lanc­Am­bert ra­joute 40 km al­ler­re­tour en voi­ture ». Et un même sen­ti­ment d’in­com­pré­hen­sion, ré­su­mé par Fré­dé­ric : « Cette ligne est im­por­tante pour nos ter­ri­toires ru­raux, où le trans­port en com­mun est qua­si in­exis­tant, si on sup­prime le peu qu’il y a… »

Glo­ba­le­ment, c’est l’ab­sence de concer­ta­tion qui étonne, en pre­mier lieu My­riam Fou­gère, maire d’Am­bert : « On nous l’avait an­non­cé mais la mise en place a été très ra­pide et nous avons été mis de­vant le fait ac­com­pli ». La conseillère ré­gio­nale s’en est émue au­près de la SNCF, « re­gret­tant cette mise en place ra­pide et mal­adroite, sans au­cune concer­ta­tion ». Un sen­ ti­ment par­ta­gé par le conseiller dé­par­te­men­tal d’Am­bert, Mi­chel Sau­vade qui a pris connais­sance de cette fer­me­ture « de fa­çon for­tuite, cou­rant no­vembre. Je trouve ce­la ex­tra­or­di­naire cette ab­sence to­tale d’in­for­ma­tion ». Une dé­ci­sion qu’il es­time aus­si contra­dic­toire par rap­port aux tra­vaux me­nés ac­tuel­le­ment par le Con­seil dé­par­te­men­tal du Puy­de­Dôme (voir par ailleurs).

Pour l’heure, les usa­gers doivent donc se re­plier sur le ser­vice de TAD as­su­ré par la so­cié­té Keo­lis, moyen­nant 2,50 €, avec des des­sertes : Am­bert gare SNCF puis pis­cine, Marsac­enLi­vra­dois et place de l’Église à Ar­lanc. Reste, là en­core, une même ques­tion des usa­gers, comme des élus : l’ab­sence de com­mu­ni­ca­tion sur ce ser­vice éga­le­ment. ■

(*) Le site web pour consul­ter la pétition : https ://www.pe­ti­tions24.net/alexis_­pe­lis­sier

➔ Pra­tique. Pour ac­cé­der au ser­vice de TAD, les usa­gers doivent contac­ter le 09.69.32.21.41, 24 heures mi­ni­mum avant le dé­part (du lun­di au ven­dre­di de 7 heures à 19 heures).

« Si on sup­prime le peu qu’il y a… »

PHOTO D’ILLUSTRATION

ITI­NÉ­RAIRE. La ligne 19 des­ser­vait Vi­chy-Thiers-Am­bert-Ar­lanc via Mar­sa­cen-Li­vra­dois sur la RD 906.

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