Les classes se mettent au vert au centre na­ture

Une ving­taine d’élèves de CP et CE1 de l’école de l’Au­ze­lou étaient hier au centre res­sources na­ture en­vi­ron­ne­ment de Pandrignes. L’oc­ca­sion d’un cours ma­gis­tral en pleine na­ture.

La Montagne (Tulle) - - La Une - Ju­lien Ba­chel­le­rie

Mo­tifs Reine des neiges ou à paillettes pour les filles ; cou­leur sobre ma­rine pour les gar­çons : les pe­tits de l’école tul­liste de l’Au­ze­lou avaient tous pré­vu leur paire de bottes pour la classe verte or­ga­ni­sée hier à Pandrignes. Dans le pe­tit cou­loir de l’an­cienne école re­con­ver­tie de­puis 1979 en centre d’ac­cueil de classes vertes, les 22 élèves de CP et CE1 tré­pignent d’im­pa­tience. « Au­jourd’hui, on va dé­cou­vrir tout ce qu’il y a dans la fo­rêt ! », ex­plique avec un large sou­rire Lu­cile.

Les pe­tits ap­pren­tis na­ture ont pré­pa­ré leur ve­nue avec leur maî­tresse, Fran­çoise Combe, qui dé­couvre le centre res­sources na­ture en­vi­ron­ne­ment gé­ré par la fé­dé­ra­tion des as­so­cia­tions laïques (FAL) de Cor­rèze. « C’est vrai­ment une belle op­por­tu­ni­té de ve­nir ici en im­mer­sion. On a au préa­lable tra­vaillé sur ce qu’est la fo­rêt, ce qu’on peut y trou­ver comme ani­maux, comme arbres, etc. De re­tour de la ba­lade du ma­tin, ce qu’ils au­ront dé­cou­vert et ob­ser­vé se­ra confronté à tout ce que les élèves avaient avan­cé en amont. L’idée étant que ce soit lu­dique », in­dique l’en­sei­gnante.

Tout un uni­vers à dé­cou­vrir en fo­rêt

Chaus­sé lui aus­si d’une bonne paire de bottes, Si­mon ras­semble les troupes et donne les consignes : « Nous sommes in­vi­tés dans la fo­rêt, donc on ne crie pas au risque de dé­ran­ger les ani­maux qui nous convient, on re­garde où on met les pieds et on ne ra­masse rien ». Si­tôt sur le che­min qui s’ouvre dans la fo­rêt, juste der­rière la mai­rieé­cole, l’édu­ca­teur na­ture et en­vi­ron­ne­ment dé­bute son cours. « Il y a un ani­mal qui vit ici et qui mange les fruits du noi­se­tier. Vous voyez qui c’est ? » À peine la ques­tion est­elle po­sée que la ré­ponse fuse, à l’unis­son : « L’écu­reuil ! ». Le jeune spé­cia­liste de 25 ans étaye et montre, de­vant les mines cap­ti­vées, le nid qu’un sym­pa­thique ani­mal roux a construit sur la fourche d’un arbre. « Les écu­reuils de nos ré­gions ne dorment pas dans des trous d’arbres mais font des nids avec des brin­dilles et des feuilles. » Tou­jours éba­his, les élèves ap­prennent éga­le­ment que le leste mam­mi­fère en confec­tionne cinq : « Un pour se re­po­ser, un pour se re­pro­duire, deux pour ca­cher de la nour­ri­ture et un der­nier dont il ou­blie l’em­pla­ce­ment. »

À ses cô­tés, Va­len­tin, en ser­vice ci­vique à la FAL et ba­nane « trousse de se­cours » ac­cro­chée à la taille, montre im­per­tur­bable les traces de griffes qu’a lais­sées sur un tronc d’arbre une pro­bable course­pour­suite entre une martre et un écu­reuil. « C’est l’oc­ca­sion éga­le­ment d’abor­der la ques­tion de la chaîne ali­men­taire et son évo­lu­tion, comme l’en­vi­ron­ne­ment tout en­tier avec les sai­sons », pré­cise Si­mon, qui vient de mettre la main sur une larve de li­bel­lule dans le pe­tit ruis­seau qui coule en contre­bas.

Dé­brie­fing en classe

L’après­mi­di, dans la pe­tite classe au charme des écoles mu­ni­ci­pales d’an­tan, il fau­dra re­voir tout ça au calme. Pro­fi­ter de l’équi­pe­ment hi­tech et adap­té à l’ob­ser­va­tion de la na­ture dont dis­pose le centre pour ras­sem­bler les ob­ser­va­tions, dis­sé­quer les en­sei­gne­ments col­lec­tés en fo­rêt. Si plu­sieurs choses se­ront à vé­ri­fier, à cor­ro­bo­rer, une chose est sûre : contre toute at­tente, comme cer­tains le sug­gé­raient avant la ba­lade en fo­rêt du ma­tin, les loups et les ours n’ha­bitent pas ici ! ■

➔ 48 h na­ture. Au­jourd’hui en­core, de 14 heures à 16 h 30 se pour­suivent les 48 h na­ture au centre de Pandrignes. L’oc­ca­sion pour les pa­rents et fa­milles de dé­cou­vrir in si­tu les classes vertes grâce à cet évé­ne­ment de la Ré­gion Nou­velle-Aqui­taine.

Pour les en­fants, c’est im­por­tant de sor­tir sur le ter­rain pour connaître, mais aus­si pour être sen­si­bi­li­sés”

PHO­TO ANNE CILUFFO

SUR LE TER­RAIN. Quoi de mieux que de dé­cou­vrir, de se sen­si­bi­li­ser à l’en­vi­ron­ne­ment et à la bio­di­ver­si­té en fo­rêt avec un spé­cia­liste ?

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