Alan Mets, des rires en pleine page

Au­teur et illus­tra­teur, il donne vie à des ani­maux phi­lo­sophes

La Montagne (Tulle) - - Foire Du Livre De Brive - Blan­dine Hu­tin-Mer­cier

De la mé­de­cine à la phi­lo­so­phie, en pas­sant par le ci­né­ma et les arts plas­tiques, Alan Mets com­pose des al­bums ul­tra-vi­ta­mi­nés. Son loup de Ma cu­lotte est un hé­ros, comme le nou­veau de sa bande, le co­chon Ed­gar.

■ La pre­mière page ? Il faut être tout de suite pré­ci­pi­té dans l’his­toire, pen­ser que le per­son­nage est vi­vant et qu’on va être hap­pé par son his­toire. Dans le des­sin dé­fi­ni­tif, j’es­saie tou­jours de re­trou­ver cette éner­gie des pre­miers, cette spon­ta­néi­té proche de la vie.

Re­gar­der les gens des­si­ner me met dans une es­pèce de transe. Quand je des­sine, j’es­saie de re­trou­ver ce plai­sir, la sen­sua­li­té du trait qui ap­pa­raît. Le der­nier trait, lui, est un comme un dé­chi­re­ment. Le pre­mier et le der­nier des­sin, c’est de plus en plus dur… L’ex­pé­rience ne sert à rien !

■ Les ani­maux ? Il est sou­vent plus fa­cile de par­ler des hu­mains en des­si­nant des ani­maux, on s’iden­ti­fie plus fa­ci­le­ment. Mon hé­ros pré­fé­ré, c’est le co­chon, peu im­porte sa cou­leur ou son nom ; il est très hu­main, tout nu, il naît très beau et il meurt très vieux et très moche ! Quand j’étais pe­tit, je n’avais pas peur du loup, mais d’un gros ver­rat.

■ Les cou­leurs ? J’aime toutes les cou­leurs. Je n’uti­lise ja­mais l’or­di­na­teur, les cou­leurs sont trop ba­na­li­sées, mé­ca­niques, alors qu’avec les pig­ments, on tombe sur des trucs in­dé­ fi­nis­sables. J’aime les cou­leurs un peu com­pli­quées et les mettre en­semble. Mon point de dé­part, c’est de tra­fi­co­ter les cou­leurs, il me faut plein de mé­langes.

■ La mo­rale ? Plu­tôt qu’écrire une mo­rale, j’aime la ma­nière dont on se pose des ques­tions, qui peuvent être phi­lo­so­phiques ou quo­ti­diennes. Une his­toire forte, c’est celle qui es­saie de par­ler de la vie avec une éco­no­mie de moyens. Quel­que­fois c’est as­sez dou­lou­reux…

■ Le plus beau com­pli­ment ? « J’ai lu ce livre et j’ai écla­té de rire. » Dans cet éclat, il y a l’éclat de la vie, comme un coup de foudre. de mon en­fance, je garde des sou­ve­nirs de fa­bu­leux éclats de rire entre co­pains d’école, qui ne pou­vaient pas s’ar­rê­ter, et c’est ça que j’es­saie de tra­duire dans mes livres. le men­songe de l’his­toire fait qu’on ap­proche de la vé­ri­té ; c’est ce dé­ca­lage que per­met l’hu­mour et qui fait qu’on ap­proche de la vie. »

■ Ed­gar, un livre au­dio ? J’écris, je des­sine tou­jours en mu­sique. c’est un peu comme si on avait une di­men­sion en plus. Ça ap­porte une li­ber­té de plus au livre. En­tendre un texte qu’on a écrit lui ap­porte plein de sub­ti­li­tés. Le livre au­dio en­ri­chit le livre, ce­la per­met d’avoir d’autres points de vue. Après tout, la ri­chesse du monde, ce sont tous ces points de vue… ■

PHO­TO F. LHERPINIERE

ALAN METS. « Je suis ter­ri­fié par la page blanche. C’est une res­pon­sa­bi­li­té d’écrire pour les en­fants. »

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