La pis­cine de plein air, sur les quais d’Or­léans, a-t-elle été dé­mo­lie ?

La pis­cine de plein air du quai du Fort­Al­leaume a­t­elle été dé­mo­lie en 1976 ? Combien d’Or­léa­nais ont ap­pris à na­ger dans les bas­sins du quai du Fort-Al­leaume ? Cer­tai­ne­ment beau­coup ! Pen­dant plus de 20 ans, entre 1951 et 1976, cette pis­cine a ra­fraîch

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Ma­rion Bon­net ma­rion.bon­net@cen­tre­france.com

Quand 20 na­geurs sor­taient, 20 autres ren­traient. C’en était presque dis­sua­sif. Mais c’était la seule pis­cine des alen­tours. »

« C’était iné­luc­table »

Source, en 1972), ain­si que des autres bas­sins d’été de l’ag­glo­mé­ra­tion, a fait que les bai­gneurs se sont dé­tour­nés peu à peu du quai du Fort­Al­leaume. Au dé­but des an­nées 1970, sa fré­quen­ta­tion était en berne et l’éta­blis­se­ment n’était plus ren­table.

Mais sur­tout, l’équi­pe­ment coû­tait cher à l’en­tre­tien. Dès 1974, le maire, Re­né Thi­nat, en­vi­sa­gea la fer­me­ture de cette « pis­cine en bout de course ». Mais pas avant de l’avoir « rem­pla­cée par des pis­cines de quar­tier ».

En­fin, la construc­tion du troi­sième pont sur la Loire (l’ac­tuel pont Thi­nat) scel­la dé­fi­ni­ti­ve­ment son sort.

Au­jourd’hui, à l’heure où Or­léans planche sur le centre aqua­lu­dique qui ver­ra le jour

Alors pour­quoi cet éta­blis­se­ment, ou­vert en 1951 et plé­bis­ci­té par les ha­bi­tants, a­t­il été dé­mo­li en 1976 ?

« C’était iné­luc­table, s’est ré­si­gné Luc Pa­pet, qui pré­si­da par la suite le co­mi­té ré­gio­nal de natation. La si­tua­tion était pré­caire. Les vestiaires et l’ac­cueil du pu­blic étaient de­ve­nus vé­tustes. »

La pra­tique de la natation a aus­si évo­lué. Les na­geurs veulent dé­sor­mais s’en­traî­ner toute l’an­née. La concur­rence des pre­mières pis­cines cou­vertes (celle du Pa­lais des sports, inau­gu­rée en 1970, et celle de La ca­nal même, se sou­vient Luc Pa­pet, un Fleu­rys­sois de 88 ans, an­cien ha­bi­tué des lieux. Nous avions un pa­no­ra­ma ma­gni­fique, ir­rem­pla­çable ! »

Com­po­sée de deux bas­sins, un de 25 mètres et un de 18 mètres, la pis­cine était ou­verte tous les étés. Elle était gé­rée par la So­cié­té des en­fants de Nep­tune d’Or­léans (ENO), l’un des pre­miers clubs de natation de la ville.

« On fai­sait la queue jusque sur le trot­toir pour y al­ler, ra­conte la re­trai­té fleu­rys­sois. P our ceux qui n’ont pas connu cette époque, les images (pho­tos ou archives vi­déo) de ces bas­sins de bai­gnade pris d’as­saut, joux­tant la Loire, sont pro­pre­ment hal­lu­ci­nantes. C’est peut­être dif­fi­cile à ima­gi­ner au­jourd’hui, mais il y a bien eu une pis­cine quai du Fort­Al­leaume, à Or­léans, à peu près au ni­veau de la ca­pi­tai­ne­rie ac­tuelle.

« Elle était construite dans le sur le site de la pri­son, on se prend à rê­ver, lorsque la cha­leur monte, de re­voir un jour un grand bas­sin de plein air, comme feu ce­lui du Fort­Al­leaume, dans un cadre aus­si en­chan­teur que ce­lui des bords de Loire.

Nous avions un pa­no­ra­ma ma­gni­fique, ir­rem­pla­çable ! Luc Pa­pet, 88 ans

ARCHIVES LA REP’ ET ÉRIC MA­LOT

BON­DÉE. Le 10 août 1966, il fal­lait sou­vent faire la queue pour pro­fi­ter d’un mo­ment de bai­gnade, tel­le­ment la pis­cine était pri­sée des ha­bi­tants.

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