La na­tion ren­dra hom­mage à l’écri­vain Mau­rice Ge­ne­voix

La République du Centre (Dimanche) - - La Une - Phi­lippe Abline phi­[email protected]­tre­france.com

GRANDE GUERRE. Le chef de l’État an­non­ce­ra, mar­di, une pan­théo­ni­sa­tion « au­tour » du Loi­ré­tain.

L’an­nonce d’Em­ma­nuel Ma­cron pré­vue mar­di est at­ten­due dans le Loi­ret où de nom­breuses voix sa­luent l’im­por­tance de l’oeuvre de l’écri­vain loi­ré­tain.

La for­mule pro­non­cée par l’Ély­sée n’est pas lim­pide : « Une pan­théo­ni­sa­tion au­tour de la fi­gure de Mau­rice Ge­ne­voix ». Em­ma­nuel Ma­cron pré­ci­se­ra ses in­ten­tions mar­di, lors de sa vi­site aux Éparges, dans le cadre de son iti­né­rance com­mé­mo­ra­tive du cen­te­naire de la Pre­mière Guerre mon­diale. Les Éparges, ce vil­lage de la Meuse, théâtre de ter­ribles com­bats, près du­quel l’écri­vain Mau­rice Ge­ne­voix a été sé­rieu­se­ment bles­sé en 1915. « Le ré­cit de la guerre le plus bou­le­ver­sant »

Cet hom­mage de la na­tion à Mau­rice Ge­ne­voix, ac­teur et té­moin de la Grande Guerre, est un acte tout à fait « lé­gi­time », consi­dère­t­on dans le Loi­ret. L’homme de plume a long­temps ha­bi­té à Saint­De­nis­de­l’Hô­tel et est dé­cé­dé en 1980. Sa femme Syl­vie avait créé l’as­so­cia­tion « Je me sou­viens de Ceux de 14 », en ré­fé­rence au ro­man épo­nyme de son père, et s’était en­ga­gée jus­qu’à sa mort, en 2012, dans la pré­ser­va­tion de l’oeuvre de l’écri­vain. Ber­nard Ma­ris, son se­cond ma­ri, avait re­pris le flam­beau avant d’être as­sas­si­né dans la fu­sillade de Char­lie Heb­do.

L’en­trée au Pan­théon de Mau­rice Ge­ne­voix est le sou­hait de la fa­mille, a d’ailleurs rap­pe­lé, hier, à France Bleu Or­léans, le pe­tit­fils de l’écri­vain et pré­sident de l’as­so­cia­tion Ceux de 14, Ju­lien La­re­reGe­ne­voix.

« C’est un très bel hom­mage au titre de son pas­sé de com­bat­tant, de grand bles­sé et au titre d’écri­vain de la guerre », es­ti­mait, hier, Serge Grouard. L’ex­dé­pu­té­maire d’Or­léans, qui a sou­vent dit son ad­mi­ra­tion pour l’écri­vain, men­tion­nait son « der­nier opus­cule » La mort de près dans le­quel Mau­rice Ge­ne­voix montre com­bien il a été mar­qué par la Grande Guerre. EX­PO­SI­TION. Le mu­sée de la Ma­rine de Châteauneuf ho­nore ac­tuel­le­ment l’aca­dé­mi­cien. PHO­TO ÉRIC MALOT « Un des meilleurs té­moins »

« Il a vé­cu le conflit, il a pas­sé huit mois au front et son livre (Ceux de 14) est le ré­cit de la guerre le plus bou­le­ver­sant », se­lon le sé­na­teur (PS) du Loi­ret Jean­Pierre Sueur. Rap­pe­lant que l’au­then­ti­ci­té de son té­moi­gnage, en par­ti­cu­lier Sous Ver­dun , a été lar­ge­ment cen­su­rée à l’époque, au pré­texte que ses des­crip­tions étaient de na­ture à dé­mo­ra­li­ser la so­cié­té.

Une at­ti­tude in­utile et idiote, re­proche au­jour­ d’hui l’his­to­rien or­léa­nais An­toine Prost : « L’Il­lus

tra­tion, en 1916, avait dé­jà pu­blié des pho­tos de bom­bar­de­ment, de tran­chées ». Lorsque le livre de Mau­rice Ge­ne­voix est pa­ru, la po­pu­la­tion sa­vait ce que vi­vaient les sol­dats. L’écri­vain loi­ré­tain « est un des meilleurs té­moins de la guerre », juge An­toine Prost, re­gret­tant d’ailleurs qu’il n’ait ja­mais ob­te­nu le Prix Gon­court.

L’his­to­rien or­léa­nais ap­pré­cie au­jourd’hui qu’on fasse « en­trer un té­moin de la guerre de 1914­1918 au Pan­théon ». Reste à sa­voir de quelle fa­çon l’hom­mage na­tio­nal se­ra ren­du par Em­ma­nuel Ma­cron. Mau­rice­Ge­ne­voix est l’un de ses au­teurs fa­vo­ris. Se­lon Le Fi­ga­ro, l’Ély­sée « en­vi­sage de re­cou­rir à son tra­di­tion­nel “en même temps” : “as­so­cier” Mau­rice Ge­ne­voix au Pan­théon, “sans se li­mi­ter à lui” et sans for­cé­ment faire en­trer sa dé­pouille. Une ré­flexion est donc en cours sur les autres per­son­na­li­tés sus­cep­tibles d’ac­com­pa­gner l’écri­vain ». ■

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