« J’as­sume mon cô­té po­pu­laire »

Trans­for­mer une voi­ture en oeuvre d’art ou créer une ex­po sur les ter­rils : rien n’ar­rête Ri­chard Or­lins­ki. Le sculp­teur star se lance dans le one­man­show.

La République du Centre (Dimanche) - - Le Mag’ - Oli­vier Bo­hin oli­vier.bo­[email protected]­tre­france.com

Mais jus­qu’où ira­t­il ? Sans doute sur scène. Non content d’être l’un des sculp­teurs les mieux co­tés sur le mar­ché mon­dial, de tra­vailler pour Dis­ney comme pour Sha­ron Stone ou l’or­fè­vre­rie Ch­ris­tofle, Ri­chard Or­lins­ki se lance dans le one­man­show. Sur une mise en scène de Baf­fie, Tête de Kong ra­con­te­ra son in­croyable des­tin, ce­lui d’un ar­tiste cas­sant les codes, at­ta­ché « à faire de l’art po­pu­laire. J’aime les gens, le par­tage ».

■ Quel lien y-a-t-il entre Rodin et vous ? Le mode de créa­tion. Comme moi, il fai­sait des mas­ters puis les confiait à des fon­deurs. Il était en­tou­ré d’ar­ti­sans, comme moi. Je fais ap­pel à di­vers corps de mé­tiers : mou­leurs, po­lis­seurs, peintres, etc. Je viens d’ailleurs de ré­in­ter­pré­ter le cé­lèbre Pen­seur de Rodin avec ma sculp­ture de Kong. C’est as­sez drôle de re­créer cer­taines sculp­tures ico­niques de l’his­toire de l’art.

■ Votre concept s’ap­puie sur le born wild, c’est-à-dire “trans­for­mer des pul­sions né­ga­tives en émo­tions po­si­tives”. Êtes-vous un ma­gi­cien ? C’est jo­li… J’es­saye de sus­ci­ter une émo­tion im­mé­diate. Je suis heu­reux de voir la ré­ac­tion po­si­tive des en­fants de­vant mes créa­tions. Nous sommes tous de grands en­fants. Mon am­bi­tion est de par­ta­ger ma dé­marche avec le plus grand nombre, c’est pour cette rai­son que je fais des ex­pos à ciel ou­vert, même dans des lieux in­so­lites.

■ Les mu­sées, c’est dé­pas­sé pour ex­po­ser ? Non, il faut de tout pour faire un monde. Je ne suis pas quel­qu’un de to­ta­li­taire. Dans mes ga­le­ries, les portes sont ou­vertes. Ce sont des lieux de vie, pas uni­que­ment pour ache­ter. ■ Vous fuyez le mi­cro­cosme cultu­rel pa­ri­sien. Pour vous, l’art, c’est une af­faire de ré­gions. Ab­so­lu­ment. Je suis as­sez cri­ti­qué par un pe­tit mi­lieu bien pen­sant. Moi, je vais à la ren­contre des gens, leur of­frir de la joie. J’as­sume mon cô­té po­pu­laire. Par exemple, j’ai fait ré­cem­ment une ex­po à Sau­lieu, avec les oeuvres de Fran­çois Pom­pon, l’un des plus grands sculp­teurs ani­ma­liers du siècle der­nier. De cette ex­po, il reste un livre, Le choc des ti­tans. Fran­çois Pom­pon était le chef d’ate­lier de Rodin. En toute hu­mi­li­té, je suis fier d’être as­so­cié à ce gé­nie mé­con­nu. Je suis aus­si al­lé ré­cem­ment à Lens où j’ai pro­po­sé bé­né­vo­le­ment une ex­po fai­sant re­vivre mines et ter­rils.

■ Vous al­lez mon­ter sur scène. Vous fe­rez à nou­veau le show ? Sur une idée ori­gi­nale de Laurent Baf­fie, je ra­con­te­rai l’his­toire de l’art à tra­vers mon ex­pé­rience. Si on voit au­jourd’hui mon cô­té lu­mi­neux, j’ai eu un par­cours plein d’em­bûches, très com­pli­qué. Je me suis heur­té à de mul­tiples re­fus. Il a fal­lu prendre des voies un peu biai­sées, comme l’a fait Har­ry Pot­ter pour par­ve­nir à ses fins. Dans le spec­tacle, je ne re­garde pas mon nom­bril mais je veux trans­mettre un mes­sage drôle et po­si­tif en di­sant que tout est pos­sible. Il faut croire en ses rêves, tra­vailler beau­coup. L’art pa­raît un peu chiant pour le com­mun des mor­tels, mais il y a plein de choses drôles. Der­rière l’oeuvre, il y a une per­sonne, avec des anec­dotes.

■ Vous avez aus­si sor­ti un single d’élec­tro pop, Gra­vi­ty, avec An­na Zak et le rap­peur Fat Joe. Là, je suis un DJ, et je vais faire des concerts. C’est à nou­veau un par­tage avec le pu­blic. Je fais tou­jours les choses à fond. Quand je tra­vaille, je peux res­ter des heures sans boire ni man­ger.

■ Alors, jus­qu’où irez-vous ? Tout ce qui pour­ra être cré­dible par rap­port à ma per­son­na­li­té. J’aime mé­ lan­ger les genres, et mé­lan­ger les gens. Je suis at­ta­ché à l’ou­ver­ture d’es­prit. Aux États­Unis, on casse plus fa­ci­le­ment les codes.

■ Et que faites-vous le di­manche ? Je bosse aus­si. Quand je ne tra­vaille pas, j’ai des maux de têtes. Je suis un hy­per­ac­tif. Comme le chante Mous­ta­ki : “Nous avons toute la vie pour nous amu­ser. Nous avons toute la mort pour nous re­po­ser”. ■

➡ Pra­tique. En tour­née dans toute la France. À l’Olym­pia le 17 juin. Toutes les dates sur ri­char­dor­lins­ki.fr

J’ai fait comme Har­ry Pot­ter…

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