Sal­tim­banques en équi­libre fra­gile

La République du Centre (Dimanche) - - Livres - R.B.

La ren­trée lit­té­raire d’hi­ver com­mence de la meilleure ma­nière pos­sible pour les édi­tions Vi­viane-Ha­my, tou­jours très exi­geantes sur la qua­li­té des textes pu­bliés.

Ce Sal­tim­banques, conçu par un jeune ro­man­cier que l’on n’at­ten­dait pas, Fran­çois Pie­ret­ti, est une ex­cel­lente sur­prise.

Avec son écri­ture sen­sible, mais qui ne verse ja­mais dans la sen­si­ble­rie, Fran­çois Pie­ret­ti fait re­mon­ter à la sur­face les con­flits, les non­dits et les zones d’ombres qui peuvent rui­ner les re­la­tions in­tra­fa­mi­liales.

Le per­son­nage prin­ci­pal, qui su­bit son exis­tence plu­tôt qu’il ne la vit, part sur les traces de son jeune frère bru­ta­le­ment dé­cé­dé.

Ils s’étaient éloi­gnés, avec mé­fiance et regret, mais main­te­nant c’est trop tard, la mort a ti­ré un trait dé­fi­ni­tif sur leur re­la­tion.

Des jon­gleurs qui vivent en marge

Il ne reste plus que les re­grets, qu’il tente d’at­té­nuer en se glis­sant dans les pas de son pe­tit frère si mé­con­nu. Pour ce­la, il part à la ren­contre de ses amis, une bande de jon­gleurs qui vit en marge de la so­cié­té.

Il faut un cer­tain ta­lent, et une in­cons­cience bien­ veillante pour se je­ter à corps per­du dans les su­jets ar­chi­re­bat­tus comme les his­toires de fa­mille, sans tom­ber dans les cli­chés so­ciaux et psycho qui pol­luent bon nombre de ro­mans ou de films à ten­dance « feel­good ».

Ici, il n’en est pas ques­tion. Le ro­man ini­tia­tique ne se trans­forme pas en le­çon de vie édi­fiante, en prêt­à­pen­ser. Une fois ar­ri­vé au bout du che­min, les ques­tions per­sistent. Comme dans la « vraie » vie… ■ ➡ Sal­tim­banques. Par Fran­çois Pie­ret­ti, édi­tions Vi­viane-Ha­my, 240 pages, 18 €.

PHO­TO AN­TOINE ROZÈS

ÉCRI­VAIN. Pie­ret­ti. Fran­çois

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