Calme et po­sée à l’au­dience mais ca­pable de vio­lence

La République du Centre (Loiret) - - Loiret Actualités - Justice - Cin­dy Rou­dier-Va­laud

Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel ju­geait, hier, une femme in­car­cé­rée à Sa­ran.

Na­tha­lia, 52 ans, le crâne ra­sé, a un par­cours aty­pique. Une en­fance mar­quée par des viols. Pour­tant, elle s’in­sère, tra­vaille pen­dant 20 ans pour France Té­lé­com avant de faire par­tie de la troi­sième vague de li­cen­cie­ments en 2009.

Son ca­sier ju­di­ciaire se rem­plit à par­tir de cette date. Elle est condam­née onze fois pour ap­pels mal­veillants, me­naces de mort… « Es­sen­tiel­le­ment sur des ex­com­pagnes », pré­cise la pré­ve­nue. Ré­ci­di­viste, elle est in­car­cé­rée à Rouen, puis à Nantes. Des dif­fi­cul­tés avec les sur­veillants conduisent à son trans­fert à Or­léans dé­but février.

Quinze faits

Dé­bute alors une cas­cade de vio­lences. Le tri­bu­nal l’a ju­gée, hier, pour quinze faits d’ou­trage, me­naces de mort, cra­chats sur seize sur­veillants pé­ni­ten­tiaires entre le 22 février et le 17 mai. Elle jus­ti­fie cer­tains des faits : « La sur­veillante m’a fait une pal­pa­tion, m’a sai­si les seins et les a pin­cés. Comme j’ai été vic­time de viols, je me suis em­por­tée. Ce­la peut se comprendre. » Elle ne re­con­naît pas tous les faits qui lui sont re­pro­chés, mais ad­met des ac­cès de co­lère : « Je tape la porte, je crie, mais je n’in­sulte pas. Ce­la sur­git dans le cas d’une grande frus­tra­tion quand je suis au quar­tier dis­ci­pli­naire. Je le res­sens comme une in­jus­tice extrême. Les gar­diens à Sa­ran ont une fâ­cheuse ten­dance à hu­mi­lier les dé­te­nus. Ils nous pro­voquent, ils nous cherchent, c’est ex­trê­me­ment com­pli­qué. Ils font ce­la pour avoir de l’ar­gent en jus­tice car ils vont être in­dem­ni­sés », ex­plique­t­elle cal­me­ment en pré­ci­sant avoir dé­po­sé huit plaintes pour dé­non­cia­tion ca­lom­nieuse.

L’avo­cat des vic­times s’in­surge :« Il peut y avoir des dé­bor­de­ments, je veux bien qu’un agent puisse dé­ra­per, mais là, il y a seize plai­gnants. Cer­tains n’avaient ja­mais dé­po­sé plainte. » L’avo­cate de la pré­ve­nue es­time qu’il y a peut­être exa­gé­ra­tion de la part des sur­veillants.

Le tri­bu­nal a condam­né la dé­te­nue à un an de pri­son avec main­tien en dé­ten­tion et à ver­ser des dom­mages et in­té­rêts aux sur­veillants.

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