Le té­moi­gnage choc du père de l’élève bles­sé par Flash-ball

Le père du ly­céen bles­sé par un tir po­li­cier té­moigne

La République du Centre (Loiret) - - La Une - Alexandre Char­rier alexandre.char­[email protected]­tre­france.com

Ma­dy Cis­sé est le père d’Ou­mar, cet ado­les­cent de 16 ans griè­ve­ment bles­sé par un tir de Flash-Ball mer­cre­di de­vant le ly­cée Jacques-Mo­nod. Il évoque l’état de san­té de son fils et de­mande, sans es­prit de re­vanche, à la justice de lui ap­por­ter des ré­ponses. Com­ment va Ou­mar ?

Son état est stable. Il n’y a pas de com­pli­ca­tions, comme on pou­vait le craindre. Mais il y a tou­jours un risque in­fec­tieux. Son état est sé­rieux et il de­vrait res­ter en­core six ou sept jours en uni­té de sur­veillance conti­nue à l’hô­pi­tal. Il souffre de plu­sieurs frac­tures et d’un en­fon­ce­ment de l’os du front liés à l’im­pact du Flash­Ball. Il de­vra su­bir une opé­ra­tion dans quelques jours. Contrai­re­ment à ce qui a pu être dit, il n’a ja­mais été dans le co­ma. Il peut par­ler mais il est très fa­ti­gué, il a très mal à la tête et ne dort pas très bien. Il ré­agit quand on lui parle mais on évite de trop le sol­li­ci­ter.

Que sa­vez-vous de ce qui s’est pas­sé mer­cre­di ma­tin ?

Je n’ai pas pu en­core en par­ler avec mon fils. D’après les élé­ments que j’ai pu ras­sem­bler, mon fils ne fai­sait pas par­tie de ceux qui je­taient des cailloux sur la po­lice. Il était plu­tôt ob­ser­va­teur. Il a été pris dans un mou­ve­ment de foule, il cou­rait comme tout le monde quand il a été tou­ché à la tête par le Flash­Ball. Sin­cè­re­ment, c’est un gar­çon char­mant, qui ne pose pas de pro­blème, comme l’ont dé­jà dit ses ca­ma­rades dans la presse.

Une en­quête a été ou­verte. Qu’en at­ten­dez-vous ?

J’ai­me­rais com­prendre pour­quoi des po­li­ciers ont uti­li­sé ce genre d’arme contre des ga­mins. Pour vi­ser la tête, il doit y avoir un pro­to­cole, une me­nace di­recte ? Pour­quoi une telle vio­lence ? Il est im­por­tant que cette af­faire soit ti­rée au clair. J’ai dé­jà ren­con­tré un avo­cat et nous avons l’in­ten­tion de dé­po­ser plainte.

Com­ment vi­vez-vous cette si­tua­tion ?

En tant que pa­pa, je suis ra­va­gé par tout ça. Je vis très mal de voir mon fils souf­frir. On ne dort pas de­puis deux jours. Avec ma femme, nous avons mis toutes nos ac­ti­vi­tés en stand­by.

« J’ap­pelle au calme »

Le cli­mat s’est apai­sé au­tour des ly­cées orléanais de­puis 48 heures. Crai­gnez­vous de nou­velles vio­lences ?

Je sais que cer­tains jeunes du quar­tier peuvent être ten­tés de vou­loir se ven­ger. Moi, j’ap­pelle au calme, je ne veux pas de vio­lence. Je ne veux pas d’autres af­fron­te­ments, je ne veux pas qu’il y ait un deuxième Ou­mar. Je sais aus­si que cer­tains vou­laient or­ga­ni­ser une marche pour mon fils. Je ne m’as­so­cie pas non plus à ce­la. Le contexte reste ten­du, je ne vou­drais pas qu’il y ait de dé­bor­de­ments. Nous sommes dans un pays de droit. Main­te­nant, il faut lais­ser la justice faire son tra­vail.

ÉCHAUF­FOU­RÉES. De graves in­ci­dents ont écla­té de­vant le ly­cée Jacques-Mo­nod, mer­cre­di ma­tin. PHOTO ALEXIS MA­RIE

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