Un chi­rur­gien in­ter­dit d’exer­cer du­rant un an

SARAN. Un nombre anor­ma­le­ment éle­vé de dé­cès a été consta­té.

La République du Centre (Orleans) - - La Une - Alexandre Char­rier alexandre.char­rier@cen­tre­france.com

La chambre dis­ci­pli­naire de l’ordre ré­gio­nal des mé­de­cins vient d’in­fli­ger une in­ter­dic­tion d’exer­cer de deux ans, dont un avec sur­sis, au Dr Ro­land Bous­ta­ni. En cause no­tam­ment : « Un nombre éle­vé » de com­pli­ca­tions et de dé­cès.

C’est une lourde sanc­tion que la chambre dis­ci­pli­naire de pre­mière ins­tance du Centre­Val de Loire de l’ordre des mé­de­cins vient d’in­fli­ger au Doc­teur Ro­land Bous­ta­ni.

Le chi­rur­gien de 67 ans, pra­ti­cien à la cli­nique Oré­liance de Saran, se voit in­ter­dire d’exer­cer la mé­de­cine pen­dant une du­rée de deux ans, dont un an avec sur­sis. La sanc­tion doit prendre ef­fet le 21 jan­vier pro­chain, à moins que le mé­de­cin n’in­ter­jette ap­pel dans un dé­lai d’un mois, un ap­pel qui se­rait sus­pen­sif.

Des dos­siers mé­di­caux in­com­plets

À l’ori­gine de cette sanc­tion dis­ci­pli­naire, une plainte dé­po­sée par le mé­de­cin­con­seil de la CPAM du Loi­ret, en juillet 2017. Ce­lui­ci fait état d’un contrôle dé­taillé de l’ac­ti­vi­té du Dr Bous­ta­ni « me­né à la suite de plu­sieurs si­gna­le­ments ». Il re­lève ain­si que sur les 51 by­pass gas­triques – une opé­ra­tion qui consiste à ré­duire le vo­lume de l’es­to­mac afin de trai­ter l’obé­si­té du pa­tient – réa­li­sés par le chi­rur­gien, deux se sont sol­dés par le dé­cès du pa­tient, « soit un taux de mor­ta­li­té de 3,9 % contre un taux moyen de 0,5 % se­lon la Haute au­to­ri­té de san­té ». Le mé­de­cin­con­seil a no­té éga­le­ment des « com­pli­ca­tions à court terme » pour un pa­tient sur trois.

Dans sa dé­ci­sion ren­due le 4 oc­tobre, la chambre dis­ci­pli­naire du con­seil de l’ordre « ne peut que consta­ter […] le nombre éle­vé de com­pli­ca­tions et de dé­cès par­mi les pa­tients du Dr Bous­ta­ni, sans que ce­lui­ci, faute no­tam­ment de pou­voir pro­duire des dos­siers mé­di­caux conve­na­ ble­ment te­nus, ne soit en me­sure de four­nir des ex­pli­ca­tions ». Le con­seil de l’ordre se garde tou­te­fois de ca­rac­té­ri­ser une quel­conque faute du pra­ti­cien es­ti­mant « qu’au­cun élé­ment pré­cis ne per­met d’im­pu­ter avec cer­ti­tudes les com­pli­ca­tions et dé­cès ».

Outre un cer­tain laxisme dans la te­nue des dos­siers, la chambre dis­ci­pli­naire pointe du doigt un re­cours si­non in­jus­ti­fié, du moins trop sys­té­ma­tique à l’opé­ra­tion chi­rur­gi­cale pour ces pa­tients en sur­poids. En ef­fet, ceux­ci au­raient nor­ma­le­ment dû faire l’ob­jet d’un sui­vi « mé­di­cal, nu­tri­tion­nel, dié­té­tique et thé­ra­peu­tique pen­dant six à douze mois avant que l’in­ter­ven­tion ne soit dé­ci­dée », ce dont le pra­ti­cien n’ap­porte pas la preuve.

« Le Dr Bous­ta­ni a mé­con­nu les obli­ga­tions dé­on­to­lo­giques […] eu égard aux im­por­tants risques de com­pli­ca­tion que com­porte la chi­rur­gie ba­ria­trique et au ca­rac­tère mu­ti­lant des in­ter­ven­tions », en conclut l’ins­tance dis­ci­pli­naire de l’ordre ré­gio­nal des mé­de­cins. ■

Il « a mé­con­nu les obli­ga­tions dé­on­to­lo­giques »

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