Or­léans, la mé­thode dis­crète

La République du Centre (Orleans) - - Dossier - Da­vid Creff da­vid.creff@cen­tre­france.com

L’éclai­rage pu­blic coûte près de 950.000 eu­ros par an à la ville d’Or­léans. Elle ex­pé­ri­mente une mé­thode, pas for­cé­ment re­mar­quée par ses ha­bi­tants, pour éco­no­mi­ser sur sa fac­ture EDF.

Ce n’est pas parce que la ville d’Or­léans ne pren­dra pas part, ce soir, au Jour de la nuit, qu’elle se moque pour au­tant de la pol­lu­tion lu­mi­neuse que pro­duisent ses 22.000 points d’éclai­rage pu­blic. À moins que son dé­sir d’être tou­jours plus ver­tueuse en la ma­tière ne trouve son ori­gine dans sa fac­ture EDF an­nuelle, de 950.000 eu­ros.

Reste que, pour réa­li­ser des éco­no­mies d’éner­gie, elle ex­pé­ri­mente ac­tuel­le­ment sa dis­crète mé­thode à elle : « Al­lu­mer 15 mi­nutes plus tard le soir et éteindre 15 mi­nutes plus tôt le ma­tin », re­late l’ad­jointe à la ges­tion du do­maine pu­blic, Aude de Qua­tre­barbes. La mé­thode est dis­crète. Presque im­per­cep­tible. Et si per­sonne ne trouve trop à y re­dire dans Or­léans, le test pour­rait bien de­ve­nir la règle de­main.

Mais la Ville ne fait pas que lé­gè­re­ment gri­gno­ter sur la nuit. Non. Elle double la stra­té­gie « d’une ré­duc­tion de la puis­sance de l’éclai­rage, après une heure du ma­tin, au ni­veau des ins­tal­la­tions neuves, ajoute l’ad­jointe. Il reste aus­si tou­jours trop de lam­pa­daires à boule qui éclairent le ciel pour rien. Je pense à ceux de la zone pa­villon­naire de La Sour­ ce, qui datent des an­nées 1960. On change pro­gres­si­ve­ment tous les mâts, et on les rem­place par des éclai­rages Led. » Il faut ce­pen­dant sa­voir « qu’une Led coûte dix fois plus cher à l’achat qu’une lampe à so­dium, par exemple », ob­serve le res­pon­sable de la ges­tion des es­paces pu­blics d’Or­léans­mé­tro­pole. « Mais, d’un autre cô­té, la Led consomme beau­coup moins, pour une puis­sance égale, et a une du­rée de vie plus longue, d’en­vi­ron 8.000 heures, com­plète Pas­cal Pe­lé. Ce type de lampes nous per­met, au fi­nal, et de di­mi­nuer nos consom­ma­tions, et de faire bais­ser le prix de notre abon­ne­ment EDF. » Sans doute ce qui a per­mis de ré­duire la fac­tu­ re de nuit de 10 % entre 2016 et 2017. Dans la ville qui reste tout le temps al­lu­mée, à l’heure douillette de la couette.

D’où cette vo­lon­té po­li­tique de n’avoir plus, à terme, que des Led au­des­sus des rues, places et parcs de la ville. Quelque chose comme 22.000, pour mieux éclai­rer ses ha­bi­tants.

On ne veut plus éclai­rer le ciel

PHO­TO ÉRIC MALOT

QUAIS. Ils res­tent al­lu­més toute la nuit. L’in­ten­si­té de l’éclai­rage est néan­moins bais­sée après une heure du ma­tin.

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