La pri­son ferme pour le ma­ri violent

■ Cet ha­bi­tant de Fay­aux­Loges part en pri­son pour 21 mois

La République du Centre (Orleans) - - Loiret Faits Divers - Justice - Da­vid Creff

A quand re­montent au juste les faits ? Lun­di ou mar­di der­nier ? Car les ver­sions de la vic­time et de son agres­seur, en l’es­pèce son conjoint âgé de 40 ans, ne vont pas dans le même sens. Tou­jours est-il que la vio­lente dis­pute conju­gale a bien écla­té au do­mi­cile du couple, à Fay-aux-Loges.

Et que, ce ven­dre­di, Fouad, dé­jà sous le coup d’un sur­sis avec mise à l’épreuve de­puis une condam­na­tion en mars pour des faits si­mi­laires, a bien éco­pé de vingt et un mois de pri­son ferme, avec ef­fet im­mé­diat. Ain­si en a dé­ci­dé le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Or­léans.

Une peine lourde, qu’il doit peut­être aus­si à sa pro­pen­sion à re­je­ter la faute sur sa com­pagne, re­con­nue par le mé­de­cin lé­ giste comme souf­frant pour­tant de mul­tiples hé­ma­tomes. Cause in­vo­quée de la ba­garre, se­lon Fouad ? Le trai­te­ment lourd, à base d’an­xio­ly­tiques, que prend la mère de ses en­fants.

« Elle avait dé­jà pris ses mé­di­ca­ments le ma­tin et, deux heures plus tard, elle en re­pre­nait en sur­do­sant. Moi, je n’ai fait que lui re­ti­rer gen­ti­ment la pla­quette des mains, et c’est là qu’il y a eu ce dif­fé­rend entre nous. »

C’est alors, livre­t­il, que le qua­dra­gé­naire, ve­nant de perdre son CDI (« parce que je reste à la mai­son à m’oc­cu­per des en­fants, quand elle ne se lève pas le ma­tin »), ce se­rait juste dé­fen­du. « Je ne lui ai don­né au­cun coup vo­lon­taire. Je me suis juste pro­ té­gé en la re­pous­sant. Et c’est là qu’elle a chu­té au sol », jure l’homme, dont c’est pour­tant là la troi­sième com­pa­ru­tion de­vant la jus­tice de­puis 2008, pour des vio­lences sur son épouse.

Une ver­sion qui ne convainc lo­gi­que­ment guère. Le nez, un bras, une jambe ou le front de sa com­pagne por­tant bien trop de traces « des coups de pieds et de poings » qu’elle dé­cla­rait à la gen­ dar­me­rie la nuit où elle quit­tait le do­mi­cile pour ap­pe­ler à l’aide. « C’était le soir où j’ai re­fu­sé qu’elle prenne la voi­ture pour al­ler chez sa soeur, vu dans l’état qu’elle était à cause des mé­di­ca­ments. En par­tant, elle a dit, “je vais me ven­ger”. »

Pas de quoi adou­cir la pré­si­dente du tri­bu­nal qui fait état des bri­mades de Fouad à l’en­droit de son épouse, quand il es­time que celle­ci fait trop de ma­chines. Ou quand il lui re­proche de fu­mer des ci­ga­rettes, car, au­rait­il dit, « ce sont les putes qui fument des ci­ga­rettes ». « C’est que des fausses dé­cla­ra­tions », ten­te­ra le père de fa­mille violent, et ré­ci­di­viste. En vain. Pri­son le soir même. ■

Des traces de coups de pieds et de poings sur tout le corps de son épouse

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