Keo­lis lave son linge sale au conseil de prud’hommes

La République du Centre (Orleans) - - Loiret Faits Divers - Justice - Ni­co­las Da Cun­ha ni­co­las.da­cun­[email protected]­tre­france.com

Dans la salle d’au­dience du conseil des prud’hommes, hier à Or­léans, une ving­taine de sa­la­riés de Keo­lis.

Ils sont pré­ci­sé­ment 99 à avoir sai­si l’ins­tance pour un li­tige concer­nant les frais d’en­tre­tien de leur te­nue ves­ti­men­taire pro­fes­sion­nelle. Leur em­ployeur, en charge des trans­ports en com­mun de l’ag­glo­mé­ra­tion or­léa­naise, les in­dem­nise de­puis 2014 à hau­teur de 104 eu­ros an­nuels.

« Ce n’est pas as­sez, as­surent chauf­feurs et vé­ri­fi­ca­teurs. Chaque se­maine, nous en avons pour une tren­taine d’eu­ros de pres­sing. » « Les 104 eu­ros n’ap­par­tiennent à au­cune réa­li­té, in­dique Quen­tin Rous­sel, avo­cat des sa­la­riés. Un abon­ne­ment pour la­ver 50 che­mises dans un pres­sing est de 108 eu­ros. »

Alors, la fac­ture an­nuelle pour en­tre­te­nir la par­ka, la po­laire, les trois pan­ta­lons, les six che­mises et les deux cra­vates de­vient vite im­por­tante. « En moyenne, nous l’es­ti­mons à 860 eu­ros », avance Quen­tin Rous­sel.

Cette éva­lua­tion, Pas­cal Geof­frion, avo­cat de Keo­lis, la conteste. « Jus­qu’en 2013, ils avaient une carte de pres­sing. Elle n’était pas uti­li­sée car les sa­la­riés met­taient les che­mises et les pan­ta­lons dans la ma­chine à la­ver fa­mi­liale. Keo­lis a alors mis en place une in­dem­ni­té for­fai­taire de 104 eu­ros. Les sa­la­riés n’ap­portent que leur par­ka au pres­sing. »

Quen­tin Rous­sel de­mande, dé­sor­mais, que cette in­dem­ni­té de frais d’en­tre­tien ves­ti­men­taire soit fixée à 860 eu­ros, que Keo­lis verse 3.021 eu­ros à chaque sa­la­rié au titre des frais en­ga­gés de­puis 2014 ain­si que 4.500 eu­ros de dom­mages et in­té­rêts. La dé­ci­sion a été mise en dé­li­bé­ré au 25 mars 2019. ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.