Ga­briel Ruel­lan, du pa­lace au four­nil du fau­bourg Ban­nier...

La République du Centre (Orleans) - - Le Fait Du Jour -

Mal­gré un contexte qui peut ap­pa­raître bien peu fa­vo­rable, il est des jeunes pro­fes­sion­nels qui fran­chissent le pas, osent pour ins­tal­ler leur propre af­faire. Ain­si, à 28 ans, Ga­briel Ruel­lan n’a pas hé­si­té à chan­ger d’uni­vers pro­fes­sion­nel tout en conser­vant sa pas­sion pour la bou­lange.

Après un ap­pren­tis­sage, du­rant trois ans par­mi les huit cents sa­la­riés du pres­ti­gieux hô­tel pa­ri­sien Bris­tol, Ga­briel Ruel­lan se voit, par la suite, confier la bou­lan­ge­rie d’un « Meilleur ou­vrier de France » avant de de­ve­nir chef de par­tie pour la bou­lan­ge­rie du pa­lace Le George­V.

« Du fait d’une évo­lu­tion de car­rière li­mi­tée, au pa­lace, mais aus­si que ma com­pagne Ma­rine et moi ha­bi­tions à Au­neau (Eure­et­Loir), entre Chartres et Pa­ris, ce qui re­pré­sen­tait 150 km de route au quo­ti­dien, nous nous sommes lan­cé le chal­lenge d’une ins­tal­la­tion en pro­vince », ex­plique le jeune com­mer­çant.

« Ga­gner moins pour tra­vailler plus… »

Après avoir pros­pec­té du­rant un an et de­mi, ef­fec­tué une quin­zaine de vi­sites de fonds de com­merce, tant en ré­gion pa­ri­ sienne, en Centre­Val de Loire qu’en Franche­Com­té, le couple a eu le coup de coeur pour la bou­tique du 42, fau­bourg Ban­nier à Or­léans, « no­tam­ment parce que l’ha­bi­ta­tion est à l’étage et que le quar­tier nous a plu ».

Il s’est agi en­suite de convaincre les banques. Puis le couple s’ins­talle le 25 août 2017 et ne le re­grette pas au­jourd’hui. « Il y a un réel re­la­tion­nel avec la clien­tèle. On est dans la vraie bou­lan­ge­rie ar­ti­sa­nale. Pour rien au monde je ne re­tour­ne­rais en hô­tel­le­rie, où il y a beau­coup de paillettes », in­dique Ga­briel Ruel­lan.

Il ne cache pas qu’il paie le prix fort pour son confort de vie. « Quand j’étais sa­la­rié pa­ri­sien, j’avais une bonne ré­mu­né­ra­tion : 3.300 eu­ros/mois net pour 45 heures heb­do­ma­daires. Au­jourd’hui, pour 90 à 120 heures de tra­vail par se­maine, notre couple gagne moins que ce que je per­ce­vais seul. Ou ga­gner moins pour tra­vailler plus. Sa­chant qu’il y a, en outre, la paie des cinq sa­la­riés à as­su­rer chaque fin de mois », in­siste le pro­fes­sion­nel. Mais le fait de voir da­van­tage Char­lotte et Hu­go, leurs en­fants de 3 mois et 2 ans, ce­la n’a pas de prix ! ■

PHO­TO CH. G

CHOIX. Ga­briel Ruel­lan.

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