Aides à la conduite et neige : bon ou mau­vais ma­riage ?

La République du Centre (Orleans) - - Annonces Classées -

Les aides à la conduite ont at­teint un ni­veau de per­fec­tion­ne­ment in­édit dans l’his­toire de l’au­to­mo­bile et rendent nos chères voi­tures qua­si­ment au­to­nomes de toute ac­tion hu­maine. Mais ce de­gré de com­plexi­té ne re­pré­sente-t-il pas un dan­ger lorsque les condi­tions de conduite se dé­té­riorent, comme c’est sou­vent le cas en hi­ver ?

Les aides à désac­ti­ver

Les aides à la conduite qui posent le plus de pro­blèmes sur sol mouillé, ver­gla­cé ou en­nei­gé sont celles qui agissent sur le mo­teur, la di­rec­tion et les freins. Pour fonc­tion­ner en condi­tions nor­males, elles doivent en ef­fet être éta­lon­nées sur une plage d’uti­li­sa­tion bien pré­cise. Dès que l’on sort de ce cadre, leur uti­li­té de­vient li­mi­tée, voire contre-pro­duc­tive. C’est le cas, par exemple, de l’ESP. Ce dis­po­si­tif s’ac­tive dès que les roues ne vont pas dans le même sens que le vo­lant, ce qui est le cas lors d’un sous-vi­rage ou d’un sur­vi­rage. En ac­tion­nant les freins et en ré­dui­sant l’ar­ri­vée d’es­sence dans le mo­teur, il est cen­sé ré­ta­blir l’équi­libre gé­né­ral du vé­hi­cule. Mais sur un sol glis­sant, il peut être pé­na­li­sant puis­qu’il ré­duit sen­si­ble­ment la ca­pa­ci­té d’ac­cé­lé­ra­tion du vé­hi­cule. Il est donc conseiller de le désac­ti­ver lorsque l’on dé­marre en côte sur une route en­nei­gée. Même constat pour l’ASR, le sys­tème an­ti­pa­ti­nage. Cette tech­no­lo­gie veille à ce que les roues mo­trices ne pa­tinent pas lors des phases d’ac­cé­lé­ra­tion. Mais, à moins de dis­po­ser d’un sys­tème avec dif­fé­ren­tiel, le prin­cipe est ru­di­men­taire : l’élec­tro­nique va ve­nir ré­duire la puis­sance du mo­teur jus­qu’à ce que la roue re­trouve de l’adhé­rence. Cette tech­no­lo­gie est d’une in­dé­niable ef­fi­ca­ci­té sur sol mouillé ou lé­gè­re­ment ge­lé, mais montre ses li­mites dans des si­tua­tions plus dé­li­cates puisque l’on peut se re­trou­ver pri­vé to­ta­le­ment de puis­sance… Là en­core, une désac­ti­va­tion s’im­pose.

Les aides à maî­tri­ser

Pour d’autres tech­no­lo­gies, la désac­ti­va­tion est im­pos­sible ou vi­ve­ment dé­con­seillée. Pour­tant, elles ne ré­agissent pas for­cé­ment bien sur sol glis­sant. L’ABS entre dans ce cas de fi­gure. Ce sys­tème dé­tecte tout blo­cage de roue et al­lège la pres­sion sur les freins en consé­quence pour évi­ter tout dé­ra­page in­con­trô­lé. La roue se re­met alors à rou­ler et re­trouve de l’adhé­rence. Certes, les dis­tances de frei­nage sont aug­men­tées, ce qui peut être pro­blé­ma­tique sur une route en­nei­gée ou ver­gla­cée quand ces dis­tances sont mul­ti­pliées par deux ou trois, mais la maî­trise du vé­hi­cule est amé­lio­rée. Ce­pen­dant, en cas de dé­té­rio­ra­tion su­bite de la mo­tri­ci­té, le sys­tème peut lit­té­ra­le­ment perdre les pé­dales et s’ac­ti­ver de ma­nière in­tem­pes­tive. Pour contrer ce phé­no­mène, il suf­fit d’adop­ter une conduite adap­tée aux condi­tions dé­li­cates et de ré­duire les in­ter­ac­tions avec la di­rec­tion, les freins et l’ac­cé­lé­ra­teur au strict mi­ni­mum.

L’aide au frei­nage d’ur­gence (AFU) dé­tecte un po­ten­tiel risque de col­li­sion (pié­ton, cy­cliste, etc.) et ac­tionne le frein en consé­quence. Ce dis­po­si­tif est fort utile en ville où il a per­mis d’évi­ter un grand nombre de drames. Sur sol glis­sant, il ne se­ra pas for­cé­ment per­for­mant et pour­ra même en­traî­ner la perte de contrôle du vé­hi­cule. Là en­core, seule une conduite ex­trê­me­ment pru­dente pour­ra évi­ter tout ac­ci­dent lorsque les condi­tions de cir­cu­la­tion sont mau­vaises. Ain­si, les li­mites de ces tech­no­lo­gies, à l’heure de la conduite au­to­nome, montrent qu’une voi­ture ne pour­ra ja­mais com­plè­te­ment se pas­ser d’un conduc­teur at­ten­tif et ex­pé­ri­men­té connais­sant par­fai­te­ment les li­mites de son vé­hi­cule.

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