DO­NECLE ins­pecte les avions de ligne avec ses drones fiables et fu­tés

Des drones, construits sur me­sure et couplés à des lo­gi­ciels d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, ont pour ob­jec­tif d’ef­fec­tuer les nom­breuses et coû­teuses ins­pec­tions vi­suelles des avions de ligne.

La Recherche - - Numérique - Pierre Van­de­ginste www.do­necle.com

Créée en sep­tembre 2015 Ef­fec­tif : 15 Le­vée de fonds : 1 M€ en 2016

L’ins­pec­tion vi­suelle d’un avion lors­qu’il a été tou­ché par la foudre est une opé­ra­tion qui oc­cupe ty­pi­que­ment dix à vingt per­sonnes, équi­pées de na­celles élé­va­trices, pen­dant huit heures. Or chaque heure d’im­mo­bi­li­sa­tion d’un ap­pa­reil re­pré­sente, en moyenne, un manque à ga­gner de l’ordre de 10 000 eu­ros. Et tout avion est en moyenne im­pac­té par la foudre plu­sieurs fois par an. De plus, une ins­pec­tion non pla­ni­fiée est obli­ga­toire après cer­tains évé­ne­ments : grêle, col­li­sion avec des oi­seaux, im­pact d’un pneu… La so­lu­tion, bre­ve­tée, de la start-up Do­necle : une per­sonne, un drone, une heure.

Des ou­tils no­va­teurs

Mu­ni d’un mo­dèle nu­mé­rique de l’avion à ins­pec­ter, grâce au­quel il se re­père, le drone ins­pec­teur cir­cule au­tour de l’aé­ro­nef, ba­layant toute sa sur­face, à un mètre de dis­tance, en le pho­to­gra­phiant sous toutes ses cou­tures. « En­suite, notre lo­gi­ciel ana­lyse ces images et re­père toutes les ano­ma­lies, ex­plique Yann Bru­ner, pré­sident de Do­necle. Il les ca­té­go­rise – au­to­col­lant abî­mé, im­pact de foudre, perte de vis, pein­ture écaillée, tache d’huile… – et four­nit un compte ren­du dé­taillé. » La so­cié­té Do­necle a été fon­dée en 2015 par quatre di­plô­més de Mines Pa­risTech, Sup’Aé­ro, l’École po­ly­tech­nique et l’ESCP Eu­rope. Yann Bru­ner a tra­vaillé chez Air­bus. Mat­thieu Clay­brough, le di­rec­teur tech­nique de Do­necle est, quant à lui, un an­cien de Thales. L’en­tre­prise est ins­tal­lée à La­bège, près de Tou­louse, au sein de l’IoT Val­ley, un « ac­cé­lé­ra­teur » dé­dié à l’In­ter­net des ob­jets. « Notre tech­no­lo­gie de re­con­nais­sance vi­suelle fait ap­pel à une com­bi­nai­son d’ou­tils no­va­teurs – ré­seaux de neu­rones, ap­pren­tis­sage au­to­ma­tique –, mais aus­si d’autres plus clas­siques, ex­plique Mat­thieu Clay­brough. Notre équipe com­prend des doc­teurs en in­tel­li­gence et vi­sion ar­ti­fi­cielles, en ap­pren­tis­sage au­to­ma­tique, en ro­bo­tique. Nous sommes aus­si en re­la­tion avec des cher­cheurs de Sup’Aé­ro, de l’One­ra et du la­bo­ra­toire d’ana­lyse et d’ar­chi­tec­ture des sys­tèmes (Laas). » Do­necle s’est d’abord pen­chée sur l’ins­pec­tion des au­to­col­lants de si­gna­li­sa­tion, qui doivent res­ter li­sibles en toutes cir­cons­tances et être contrô­lés à chaque ins­pec­tion pla­ni­fiée. Cette pre­mière ap­pli­ca­tion a très vite in­té­res­sé la fi­liale main­te­nance du groupe Air France-KLM, de­ve­nue le pre­mier client de

Do­necle. L’équipe s’est de­puis at­ta­chée à la dé­tec­tion d’im­pact de foudre : un avion qui a connu cette mésa­ven­ture reste cloué au sol tant qu’il n’a pas été dé­cla­ré bon pour le ser­vice à l’is­sue d’une ins­pec­tion spé­ci­fique. Autre ap­pli­ca­tion à l’étude : le sui­vi du vieillis­se­ment de la pein­ture.

Le plus sûr du monde

Do­necle de­vait pou­voir ju­rer que ja­mais l’un de ses drones ne per­cu­te­rait un ap­pa­reil. « Au­cun mo­dèle sur le mar­ché ne ré­pon­dait à nos cri­tères de fiabilité, qui sont très sé­vères, ra­conte Yann Bru­ner. Nous conce­vons et fa­bri­quons donc notre propre drone. Notre ob­jec­tif est de pou­voir af­fir­mer qu’il est le plus sûr du monde. » À plus long terme, il en­vi­sage l’ins­pec­tion de la ca­bine. « Pour com­men­cer, un pe­tit drone pour­rait vé­ri­fier la pré­sence des gi­lets de sau­ve­tage sous chaque siège. Il suf­fi­rait qu’ils soient équi­pés d’une puce sans contact (RFID), pour les dé­tec­ter en pas­sant à leur hau­teur. » Il ima­gine même l’ins­pec­tion avant dé­col­lage, sur le tar­mac. Comme mo­dèle éco­no­mique, Do­necle a choi­si la lo­ca­tion de so­lu­tions com­plètes, in­cluant drones et lo­gi­ciels, aux en­tre­prises as­su­rant la main­te­nance des ap­pa­reils. La jeune pousse a dé­jà pro­cé­dé à une pre­mière le­vée de fonds d’1 mil­lion d’eu­ros en 2016. Une se­conde, d’un mon­tant de 5 mil­lions d’eu­ros, pour­rait in­ter­ve­nir l’an­née pro­chaine.

Ce drone de la so­cié­té Do­necle pro­cède au contrôle au­to­ma­ti­sé de l’in­té­gri­té de l’ap­pa­reil. Des ins­pec­tions ra­pides comme l’éclair !

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