Les Villes de France veulent « op­ti­mi­ser » leurs po­li­tiques spor­tives sans les « sa­cri­fier »

La Revue des Collectivités Locales - - Actualité -

Les 23 et 24 juin der­niers, l’as­so­cia­tion Villes de France or­ga­ni­sait son tra­di­tion­nel congrès à Beau­vais dans l’Oise. Réunis au­tour du thème du « vivre en­semble à l’épreuve des fi­nances lo­cales », les élus pré­sents ont mon­tré par quels moyens ils réa­li­saient des éco­no­mies tout en op­ti­mi­sant leurs équi­pe­ments sportifs de proxi­mi­té.

« Pour bien vivre en­semble, la culture et le sport sont es­sen­tiels » . C’est en ces termes que les élus de l’as­so­cia­tion Villes de France ont ou­vert les dé­bats de leur congrès an­nuel qui se te­nait les 23 et 24 juin der­niers à Beau­vais (Oise). « Le sport est un atout ma­jeur pour nos ter­ri­toires parce qu’il per­met à la fois d’édu­quer, de main­te­nir en bonne san­té les ha­bi­tants tout en fa­vo­ri­sant le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et l’at­trac­ti­vi­té lo­cale », a sou­li­gné Ca­ro­line Cayeux, sé­na­trice-maire de Beau­vais et pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Villes de France. « Mais les équi­pe­ments sportifs sont coû­teux pour nos villes et in­ter­com­mu­na­li­tés et la lour­deur de l’in­fla­tion des normes nui­sible à une ges­tion op­ti­male de nos bud­gets ».

Une né­ces­saire adap­ta­tion des po­li­tiques

Con­sa­crant dé­jà près de 20 % de leurs bud­gets aux deux postes bud­gé­taires que sont le sport et la culture, les élus lo­caux ne comptent pas ré­duire leur offre. Le dé­ve­lop­pe­ment des pra­tiques spor­tives reste bel et bien l’une de leurs prio­ri­tés. Ain­si, se­lon une étude réa­li­sée au­près des adhé­rents de l’as­so­cia­tion et pré­sen­tée lors de leur congrès, près de 90 % d’entre eux se dé­clarent da­van­tage fa­vo­rables au dé­ve­lop­pe­ment d’équi­pe­ments sportifs de proxi­mi­té en ac­cès libre plu­tôt qu’aux grands équi­pe­ments sportifs pour le sport de haut ni­veau.

Un dé­fi de taille pour les élus lo­caux compte te­nu des contraintes bud­gé­taires pe­sant sur leurs col­lec­ti­vi­tés et de la baisse des do­ta­tions de l’État no­tam­ment. Plus de la moi­tié des son­dés re­doutent même une baisse des po­li­tiques spor­tives et cultu­relles dans un ave­nir proche. « Des choix cor­né­liens doivent être faits pour ra­tio­na­li­ser les équi­pe­ments (trans­ferts, mu­tua­li­sa­tions, pri­va­ti­sa­tions), mais aus­si pour bais­ser les sub­ven­tions et adap­ter les po­li­tiques ta­ri­faires af­firme l’as- so­cia­tion Villes de France. Les élus doivent s’adap­ter aux contraintes fi­nan­cières et pri­vi­lé­gier la mo­der­ni­sa­tion et l’ex­ten­sion plus que la construc­tion d’équi­pe­ments neufs. Les équi­pe­ments sportifs mo­du­lables, réa­li­sés en quelques mois, re­viennent quatre fois moins cher et sont par­ti­cu­liè­re­ment no­va­teurs » .

Et les modes de fi­nan­ce­ment qui s’offrent aux col­lec­ti­vi­tés ne manquent pas, comme l’a rap­pe­lé Cé­line Sen­mar­tin, di­rec­trice ad­jointe de la di­rec­tion du ré­seau et des ter­ri­toires de la Caisse des Dé­pôts. Du prêt « Crois­sance verte » à taux zé­ro pour fi­nan­cer les équi­pe­ments né­ces­si­tant une ré­ha­bi­li­ta­tion ther­mique au prêt sur Li­vret A per­met­tant de fi­nan­cer des pro­jets jus­qu’à 40 ans en pas­sant par la nou­velle en­ve­loppe de prêt à taux fixe de la Banque eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment (BEI), « la ques­tion de l’in­ves­tis­se­ment dans ces struc­tures spor­tives et cultu­relles est aus­si im­por­tante que celle de l’in­ves­tis­se­ment lo­cal tout court », a-t-elle af­fir­mé.

Une com­pé­tence à par­ta­ger

Le sa­lut pour­rait-il donc ve­nir de la loi NOTRe, por­tant nou­velle or­ga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale de la Ré­pu­blique ? Adop­tée en juillet 2015, cette der­nière a fait de la com­pé­tence spor­tive une com­pé­tence par­ta­gée entre les com­munes et leurs grou­pe­ments. Une évo­lu­tion sa­luée par les élus de l’as­so­cia­tion Villes de France, qui s’es­timent à près de 80 % fa­vo­rables au main­tien de ce par­tage entre ces dif­fé­rents éche­lons de col­lec­ti­vi­tés.

« La loi NOTRe offre une op­por­tu­ni­té pour un meilleur par­tage de la gou­ver­nance du sport et de la mise en place de sché­mas di­rec­teurs pour la créa­tion ou la ré­no­va­tion d’équi­pe­ments » , ad­met Bel­khir Bel­had­dad, ad­joint au maire de Metz et co-pré­sident de la com­mis­sion sport pro­fes­sion­nel de l’ANDES, l’As­so­cia­tion na­tio­nale des élus en charge du sport. Un constat éga­le­ment par­ta­gé par Jean-

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