Un équi­pe­ment en pleine évo­lu­tion

La Revue des Collectivités Locales - - Dossier - Em­ma­nuel Clé­rin rap­por­teur de la com­mis­sion ozone à Fe­dair­sport, di­rec­teur des sports de la ville de Vanves

Pour quelles rai­sons uti­lise-t-on si peu le trai­te­ment à l’ozone dans les pis­cines fran­çaises ?

Comme beau­coup de su­jets qui ne sont pas maî­tri­sés, l’ozone fait peur. Ce mode de trai­te­ment souffre des nom­breux pré­ju­gés et fausses in­for­ma­tions dont il fait l’ob­jet. À Vanves, nous uti­li­sons ce mode de trai­te­ment de l’eau de­puis 1971 et nous en sommes sa­tis­faits. C’était un choix du maire de l’époque qui, par ses connais­sances pro­fes­sion­nelles, sa­vait que trai­ter l’eau à l’ozone était un choix per­ti­nent pour une pis­cine pu­blique. Ses suc­ces­seurs ont su gar­der la même vi­sion.

Quels sont les avan­tages de cette so­lu­tion ?

Avec l’ozone, il n’y a pas de for­ma­tion de chlo­ra­mines dans l’air, une ré­ac­tion chi­mique non sans dan­ger pour la san­té pro­vo­quée par le contact entre les ma­tières or­ga­niques dé­po­sées par les bai­gneurs et le chlore. Les bai­gneurs et les maîtres na­geurs ne sont pas ex­po­sés à cette odeur de chlore in­con­for­table et ir­ri­tante pour les mu­queuses, que ce soit au ni­veau des yeux, du nez ou des voies res­pi­ra­toires. Quant à l’ef­fi­ca­ci­té, à doses qua­si­ment égales, l’ozone agit 5 fois plus vite que le chlore. Contrai­re­ment au chlore, Le trai­te­ment ne se fait pas dans les bas­sins, mais à l’in­té­rieur de tours de contact ou de cuves dans les­quelles l’eau est mise en contact avec l’ozone. C’est une eau dés­in­fec­tée et dé­bar­ras­sée de tout pro­duit de trai­te­ment qui est ren­voyée dans les bas­sins. L’ozone ap­porte un confort sup­plé­men­taire tout en aug­men­tant les qua­li­tés de l’eau.

Quelles sont les contraintes liées à ce mode de trai­te­ment ?

Un gé­né­ra­teur d’ozone et des cuves sont né­ces­saires pour un trai­te­ment à l’ozone, ain­si qu’un lo­cal tech­nique pour ac­cueillir ces ins­tal­la­tions. Donc un coût d’in­ves­tis­se­ment plus éle­vé, mais qui se ren­ta­bi­lise en quelques an­nées à l’ex­ploi­ta­tion. Le trai­te­ment à l’ozone est en­vi­sa­geable dans tout équi­pe­ment neuf à condi­tion que l’ins­tal­la­tion soit pré­vue dès la pro­gram­ma­tion pour son in­té­gra­tion ar­chi­tec­tu­rale. Ce se­ra plus com­plexe dans le cadre d’une ré­no­va­tion si les lo­caux ne sont pas adap­tés. Par ailleurs, il est im­por­tant que le sys­tème hy­drau­lique de la pis­cine soit cor­rec­te­ment cal­cu­lé, en te­nant compte du trai­te­ment choi­si. La pro­duc­tion d’ozone se­ra di­men­sion­née en rap­port avec le vo­lume d’eau à trai­ter chaque heure.

De­puis 1981, une ad­jonc­tion de chlore est obli­ga­toire dans les pis­cines trai­tées à l’ozone. Or, nous consta­tons que les ré­sul­tats de la qua­li­té de l’eau étaient meilleurs sans chlo­ra­tion. C’est une des mis­sions de Fé­dair­sport d’es­sayer d’in­flé­chir les pou­voirs pu­blics sur la ques­tion, avec une ad­jonc­tion de chlore plus faible, à l’image de ce qui se fait chez nos voi­sins al­le­mands.

Une norme sur l’ozone est en pré­pa­ra­tion. Que va-t-elle ap­por­ter ?

En ef­fet, une norme est en cours de ré­dac­tion à la de­mande du mi­nis­tère de la San­té. Elle de­vrait être dis­po­nible au plus tard au pre­mier se­mestre 2018. Cette norme doit ai­der les maîtres d’ou­vrage à mettre en oeuvre cor­rec­te­ment leurs ins­tal­la­tions de trai­te­ment à l’ozone. Elle ap­por­te­ra des in­di­ca­tions sur les bonnes pra­tiques, tant au ni­veau de la concep­tion qu’au ni­veau de la réa­li­sa­tion et de l’ex­ploi­ta­tion •

L’ozone ap­porte un confort sup­plé­men­taire.

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