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La Revue des Montres - - RDM / SOMMAIRE -

Ul­rich W. Her­zog, pré­sident d’oris: a real man

En quelques an­nées, Oris s’est for­gée une ré­pu­ta­tion de qua­li­té et d’ori­gi­na­li­té. Ren­contre avec son très dis­cret pré­sident, Ul­rich Her­zog, à l’oc­ca­sion de l’oris Avia­tion Event sur l’an­cienne base mi­li­taire tes­si­noise d’am­bri. Un ren­dez-vous dé­sor­mais cé­lèbre pour les ama­teurs de dé­mons­tra­tions aé­riennes, où la nou­velle montre Oris Big Crown Pro­pi­lot Ca­libre 111 a été dé­voi­lée. Pro­pos re­cueillis par Ste­phan Ciej­ka

Quelles sont les spé­ci­fi­ci­tés de la marque ?

« Oris est ins­tal­lée à Hol­stein, à une ving­taine de mi­nutes de Bâle ; un peu en de­hors des ter­roirs tra­di­tion­nels hor­lo­gers, certes, mais nos fon­da­teurs ve­naient du Locle. C’est une en­tre­prise in­dé­pen­dante de tout groupe ou en­ti­té ex­té­rieure. De­puis sa créa­tion en 1904, elle a eu cinq di­ri­geants, ce qui per­met de me­ner des po­li­tiques à long terme. »

Quel est votre par­cours ?

« Je suis né à Bâle en 1943, et j’ai dé­bu­té ma car­rière pro­fes­sion­nelle dans la banque. J’ai en­suite tra­vaillé dans le ser­vice mar­ke­ting d’en­tre­prises pé­tro­lières avant d’in­té­grer Oris en 1978 en tant que mar­ke­ting ma­na­ger, puis d’en prendre la di­rec­tion gé­né­rale en 1982. En pa­ral­lèle, je ser­vais dans l’ar­mée de la Con­fé­dé­ra­tion comme of­fi­cier, prin­ci­pa­le­ment dans le pe­tit vil­lage d’isone au Tes­sin, dans le corps des gre­na­diers d’in­fan­te­rie. »

Cette ex­pé­rience mi­li­taire a-t-elle in­fluen­cé cer­tains de vos par­te­na­riats chez Oris ?

« Sans doute, mais la marque Oris fa­bri­quait dé­jà des montres mi­li­taires avant la Se­conde Guerre mon­diale… Nous avons dé­ve­lop­pé un par­te­na­riat avec de nom­breuses uni­tés d’élites un peu par­tout dans le monde, que ce soit en Ita­lie avec le 9e Reg­gi­men­to d’as­sal­to pa­ra­ca­du­tis­ti in­cur­so­ri “Col Mo­schin”, le 4e ré­gi­ment d’hé­li­co­ptère de Forces spé­ciales en France, les Blue Eagles en Grande-bre­tagne, ou plus ré­cem­ment les Ma­rines Rec­con aux Etats-unis pour qui nous avons créé un mo­dèle sur me­sure. Nos montres al­ti­mètres sont aus­si por­tées par l’équi­page du Pu­ma Dis­play Team Suisse, mais c’est un pur choix de leur part et non un contrat avec la marque qui va­lide notre de­vise : Real Watches for Real People. »

Et dans le monde de l’avia­tion ?

« Nous sommes le par­te­naire de l’oris Avia­tion Event avec l’un de nos am­bas­sa­deurs avia­tion, Paul Rup­pei­ner qui fait vo­ler, via son as­so­cia­tion, des chas­seurs Hunter. Paul a pas­sé trente-deux ans dans l’ar­mée de l’air suisse, prin­ci­pa­le­ment aux com­mandes d’un Haw­ker Hunter, me­nant en pa­ral­lèle de son ser­vice comme pi­lote de chasse, ce­lui de pi­lote de ligne chez Swis­sair. Il compte 19 000 heures de vol et di­rige le Swiss Hunter Team, ba­sé sur le ter­rain his­to­rique du Flie­ger­mu­seum de Al­ter­rhein, si­tué dans le nord-est de la Suisse. Les Hunter aux cou­leurs de la marque, que vous avez vu évo­luer, sont un vé­ri­table mu­sée vo­lant et une part fon­da­men­tale du pa­tri­moine aé­ro­nau­tique suisse. »

L’avia­tion est donc un ter­ri­toire im­por­tant de la marque ?

« Bien sûr. C’est pour cette rai­son que nous avons dé­ci­dé d’in­té­grer à la col­lec­tion Big Crown, un mo­dèle équi­pé d’un mou­ve­ment ma­nu­fac­ture ma­nuel. Ce ca­libre 111 a de­man­dé plus de quatre ans de dé­ve­lop­pe­ment. Il est ca­rac­té­ri­sé par une ré­serve de marche de 10 jours, ob­te­nue avec un seul ba­rillet. En fait, la ré­serve de marche réelle du mou­ve­ment est de 12 jours. Il est dans la ligne du mou­ve­ment 110 lan­cé en 2010. Evi­de­ment, il pré­sente aus­si un « vi­sage » Oris, ce qui est pour nous fon­da­men­tal. Tou­te­fois l’avia­tion est loin d’être notre seul ter­ri­toire d’ex­pres­sion. Nous sommes aus­si pré­sents dans le sport sous-ma­rin et pro­fes­sion­nel, la For­mule 1, mais aus­si dans le jazz, l’art contem­po­rain et le cinéma à tra­vers nos autres am­bas­sa­deurs, que nous ne per­dons ja­mais de vue. »

Pou­vez-vous me don­ner quelques élé­ments chif­frés quant à la pro­duc­tion ac­tuelle d’oris ?

« Je ne pré­fère pas com­mu­ni­quer sur nos chiffres de pro­duc­tion, mais je peux vous don­ner deux in­for­ma­tions. Le pacte qui lie les ac­tion­naires ma­jo­ri­taires est très so­lide, et Oris n’est pas à vendre… »

Ul­rich Her­zog, pré­sident d’oris (en haut). Chas­seur Haw­ker Hunter des Forces aé­riennes suisses (ci-des­sus).

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