CAR­TIER PAN­THÈRE EN LI­BER­TÉ

De­puis plus de cent ans, la pan­thère est à la fois l’ani­mal fé­tiche de Car­tier, son icône et une constante source d’ins­pi­ra­tion. Hé­ri­tière d’une pre­mière mon­tre­bra­ce­let créée en 1914, dont le pa­vage fi­gu­rait le pe­lage du fauve, la col­lec­tion Pan­thère née

La Revue des Montres - - RDM WORLD / BOUTIQUES - Texte : Hervé Gallet

Il était en­vi­ron 20 h 30, ce di­manche 4 mars 2012, lorsque l’évé­ne­ment se pro­dui­sit au mo­ment même où le jour­nal té­lé­vi­sé de TF1 s’ache­vait. Sou­dain, une pan­thère jaillit de l’écran pour un voyage fan­tas­ma­go­rique à tra­vers le temps et le monde. Pen­dant près de quatre mi­nutes, les té­lé­spec­ta­teurs fas­ci­nés ont pu suivre les aven­tures d’un fauve en dia­mants qui s’ani­mait avant de bon­dir hors d’un mys­té­rieux mu­sée. En un éclair, la pan­thère se re­trouve dans les neiges de la Rus­sie im­pé­riale ; af­fronte en­suite un gi­gan­tesque dra­gon au pied de la mu­raille de Chine ; par­court un pa­lais in­dien em­pli de joyaux ; saute à bord de l’un des pre­miers avions de l’his­toire de l’air qui la ra­mène en­suite aux abords du Grand Pa­lais, puis de la place Ven­dôme et de la rue de la Paix. Le fé­lin vient alors se lo­ver contre une femme somp­tueu­se­ment vê­tue et por­tant au poi­gnet un étin­ce­lant bra­ce­let Pan­thère… Dif­fu­sé à la té­lé­vi­sion, au ci­né­ma et sur In­ter­net, ce court-mé­trage-évé­ne­ment si­gné Car­tier, in­ti­tu­lé L’odys­sée (*), connut un re­ten­tis­se­ment consi­dé­rable (il se­ra vu par plus de 160 mil­lions de spec­ta­teurs dans le monde), au­tant par l’ef­fet de sur­prise que par la qua­li­té des images. « Pour la pre­mière fois, Car­tier sou­hai­tait réa­li­ser une fresque ci­né­ma­to­gra­phique met­tant au pre­mier plan son his­toire, ses va­leurs, ses ins­pi­ra­tions,

sa di­men­sion ar­tis­tique et uni­ver­selle, et ra­con­tant la conquête des uni­vers qui ont ins­pi­ré les créa­tions de la mai­son au fil des voyages des trois frères Car­tier – Pierre, Louis et Jacques. L’ani­mal em­blé­ma­tique a en­tre­pris un voyage entre rêve et réa­li­té, mar­quant de son em­preinte les conti­nents qui ont en­ri­chi le style Car­tier », ex­pli­quèrent ses concep­teurs. Quant au choix de la pan­thère en star prin­ci­pale, il se jus­ti­fiait tout sim­ple­ment par son sta­tut d’icône de Car­tier de­puis 1914. C’est en ef­fet cette an­née­là, abou­tis­se­ment d’une pé­riode de folle créa­ti­vi­té, qu’une pan­thère ap­pa­rut pour la pre­mière fois sur une montre-bra­ce­let pour dame. Le pa­vage de pierres pré­cieuses évo­quait le pe­lage ta­che­té du grand fauve. L’aven­ture se pour­sui­vit grâce à Jeanne Tous­saint que l’on sur­nom­mait, dit-on, « la pan­thère ». Jeune femme flam­boyante aux amours tu­mul­tueuses, elle pos­sé­dait un vrai ta­lent ar­tis­tique, qui lui va­lut de col­la­bo­rer avec Louis Car­tier au sein d’un co­mi­té de créa­tion. Di­ri­geant le dé­par­te­ment Sacs, ac­ces­soires et ob­jets, elle in­ci­ta la mai­son Car­tier à ex­pri­mer sa vi­sion de la fé­mi­ni­té à tra­vers la mé­ta­phore de la pan­thère. C’est ain­si à Jeanne Tous­saint – on lui at­tri­bue dé­jà d’avoir fé­mi­ni­sé la mode et le style des an­nées 1930 – que l’on doit la pré­sence de son ani­mal fé­tiche sur des pou­driers, étuis à ci­ga­rettes, va­ni­ty cases, et sur­tout sur des col­liers, broches, bra­ce­lets et autres bi­joux spec­ta­cu­laires. Une autre femme en­trée dans l’his­toire de la joaille­rie a éga­le­ment joué un grand rôle dans l’ac­ces­sion de la pan­thère au rang d’icône. En 1948, la du­chesse de Wind­sor fit l’ac­qui­si­tion d’une broche pan­thère en vo­lume. Un an plus tard, elle ache­ta une deuxième pan­thère en pla­tine sur ca­bo­chon de sa­phir dé­pas­sant les 152 ca­rats. En­fin, elle com­plé­ta sa col­lec­tion par un bra­ce­let pan­thère en­tiè­re­ment ar­ti­cu­lé et or­né d’onyx, une vé­ri­table sculp­ture joaillière.

Sym­bole des an­nées 80

Le deuxième grand cha­pitre de cette sa­ga s’ou­vrit en 1983 lorsque Car­tier dé­voi­la sa nou­velle mon­tre­bi­jou, une pièce qui fai­sait la syn­thèse entre les deux sa­voir-faire de la mai­son : la joaille­rie et l’hor­lo­ge­rie. Nom choi­si pour cette col­lec­tion : « Pan­thère ». « Avec son bra­ce­let ex­trê­me­ment souple, la montre rap­pelle l’al­lure élé­gante et fé­mi­nine de l’ani­mal », sou­li­gnai­ton lors de la pré­sen­ta­tion de ce mo­dèle qui, bien évi­dem­ment, réunis­sait éga­le­ment tous les codes

vi­suels de l’hor­lo­ge­rie Car­tier : grands chiffres ro­mains, mi­nu­te­rie che­min de fer, ai­guilles bleuies de forme glaive, cou­ronne sur­mon­tée d’un ca­bo­chon sa­phir, etc. Pour beau­coup et par­tout dans le monde, cette Pan­thère de Car­tier de­vint le sym­bole de la gé­né­ra­tion 80, de son es­prit fes­tif, gla­mour et li­bé­ré. Cer­tains vont même avan­cer que la Pan­thère de Car­tier se­rait la montre-bi­jou la plus por­tée à tra­vers la pla­nète, aux Etats-unis comme en Eu­rope ou en Asie. L’an­née 2017 marque donc l’ou­ver­ture d’un troi­sième cha­pitre de la sa­ga de la my­thique Car­tier Pan­thère, avec la sor­tie d’une col­lec­tion culti­vant L’ADN de ce mo­dèle. Chez Car­tier, on parle d’un de­si­gn in­tem­po­rel, d’une icône in­car­nant la mo­der­ni­té à tra­vers les époques, d’une créa­tion de joaille­rie grâce à la sou­plesse et à l’élé­gance de son bra­ce­let, d’une montre pou­vant se por­ter seule ou en ac­cu­mu­la­tion. Mais sur­tout, les concep­teurs de cette Pan­thère 2017, fi­dèles à l’es­prit de Jeanne Tous­saint et de Louis Car­tier, voient en elle, au­jourd’hui comme hier, l’in­car­na­tion de la fé­mi­ni­té ab­so­lue. De fait, à tra­vers cette large col­lec­tion qui pro­pose dif­fé­rentes ver­sions en or gris, or rose, or jaune, acier ou or/acier, deux tailles, des mo­dèles avec lu­nette ser­tie ou pa­vage in­té­gral, la Pan­thère joue sur toutes les fa­cettes de la sé­duc­tion. Et puis, il existe trois ré­fé­rences ex­clu­sives, trois dé­cli­nai­sons ex­cep­tion­nelles, évo­quant la toute pre­mière montre Pan­thère de Car­tier de 1914. Cent quatre ans plus tard, la pan­thère bon­dit, plus fé­line que ja­mais. Et des images re­viennent en mé­moire, celles d’un autre film réa­li­sé par Car­tier deux ans après L’odys­sée : Shape your Time (**). Dans ce se­cond voyage oni­rique, plus mas­cu­lin, une pan­thère, une pierre pré­cieuse au mi­lieu du front, sur­gis­sait d’un feu d’ar­ti­fice de verre ; s’aven­tu­rait au mi­lieu d’une ville de science-fic­tion ; fran­chis­sait les mers d’un bond ; s’en­vo­lait dans les airs jus­qu’aux confins de l’es­pace avant de re­ve­nir, au terme de ce pé­riple ha­le­tant, dans un fi­nal émou­vant. La ma­gie Pan­thère…

Or jaune, or rose, or gris (di­men­sions 22 × 30 mm ou 27 x 37 mm, mouvement à quartz), la nou­velle Car­tier Pan­thère 2017 se ca­rac­té­rise, comme sa de­van­cière de 1983 à la­quelle elle rend hommage, par son bra­ce­let par­ti­cu­liè­re­ment souple. Une sou­plesse qui, se­lon ses concep­teurs, ren­voie à l’al­lure élé­gante et fé­mi­nine du fé­lin, dont la montre porte le nom.

Page de droite : la montre Pan­thère réunit les prin­ci­paux codes vi­suels de l’hor­lo­ge­rie Car­tier : chiffres ro­mains, mi­nu­te­rie che­min de fer, ai­guilles bleuies de forme glaive, cou­ronne sur­mon­tée d’un ca­bo­chon sa­phir ou spi­nelle bleu.

La nou­velle montre Pan­thère est pro­po­sée dans une large gamme de ver­sions. On peut choi­sir de la por­ter de ma­nière très sobre, dans une dé­cli­nai­son épu­rée acier/or jaune. Ou bien d’une fa­çon étin­ce­lante, grâce à une in­ter­pré­ta­tion très joaillière in­té­gra­le­ment pa­vée de dia­mants.

Page de droite : Car­tier a conçu trois dé­cli­nai­sons ex­cep­tion­nelles de la Pan­thère, dont cette ver­sion haute joaille­rie en or gris pa­vée de dia­mants et taches en émail noir, qui rap­pelle la toute pre­mière montre Pan­thère de Car­tier, en 1914.

Tout sim­ple­ment ul­tra­fé­mi­nine dans ses ver­sions ser­ties sim­ple­ment re­haus­sées d’une lu­nette or­née de dia­mants, la Pan­thère ex­prime l’al­liance des deux sa­voir-faire de Car­tier : la joaille­rie et l’hor­lo­ge­rie.

Page de gauche : au cours des an­nées 1930, Jeanne Tous­saint avait fait de la pan­thère, l’ani­mal fé­tiche de la mai­son Car­tier. Au­jourd’hui, les de­si­gners Car­tier livrent leur in­ter­pré­ta­tion contem­po­raine de l’es­prit Pan­thère, comme sur cette ver­sion taille moyenne en or rose et laque noire (édi­tion li­mi­tée nu­mé­ro­tée de 30 exem­plaires).

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