TRI­TON

En qua­rante ans, la Tri­ton Spi­ro­tech­nique avait pu­re­ment et sim­ple­ment som­bré dans l’ou­bli. Au­jourd’hui, elle re­fait sur­face dans une nou­velle li­vrée : la Sub­pho­tique. Un hé­ri­tage in­tact, pour que l’his­toire conti­nue.

La Revue des Montres - - RDM / SOMMAIRE - Texte : Vic­tor Mi­get

Tri­ton re­monte des abysses

On dit que l’ou­bli va plus vite que le temps. La Tri­ton Spi­ro­tech­nique en sait quelque chose ! Sa dis­tri­bu­tion ar­rê­tée il y a quelque qua­rante an­nées, il n’a pas fal­lu long­temps pour que la montre de plon­gée sombre dans les abysses de l’ou­bli. Créé en 1962 par un an­cien colonel de l’ar­mée de l’air, Jean-re­né Par­men­tier, pour le compte de la Spi­ro­tech­nique fon­dée par le com­man­dant Cous­teau, ce garde-temps étanche à 200 mètres af­fi­chait, entre autres, un boî­tier de 37 mm, une lu­nette de 39 mm, ain­si qu’un pro­tège-cou­ronne ar­ti­cu­lé, dû­ment bre­ve­té, qui évi­tait tout ac­ci­dent de plon­gée. Com­mer­cia­li­sée de 1963 jus­qu’aux an­nées 1970, elle connaît son heure de gloire. Puis, ter­mi­né, le si­lence ! Tri­ton dis­pa­raît des écrans ra­dar. Seuls les ama­teurs de montres vin­tages la gardent en mé­moire. Et tout au­rait pu res­ter ain­si sans Jean-sé­bas­tien Coste, un fé­ru de garde-temps vin­tage, qui cherche, une qua­ran­taine d’an­nées plus tard, LA pièce qui convien­dra le mieux à son poi­gnet. « Au dé­but des an­nées 2000, j’avais je­té mon dé­vo­lu sur la Sub­ma­ri­ner. Mais beau­coup de monde en por­taient. » Jean-sé­bas­tien Coste se met donc en quête d’une montre ex­clu­sive. « Je cher­chais sur les fo­rums. Et un jour,

je suis tom­bé sur une Tri­ton Spi­ro­tech­nique. Très belle, comme son his­toire ! » Plus tard, au dé­tour d’une vente de voi­tures, ce pas­sion­né ren­contre Phi­lippe Fried­mann, son fu­tur as­so­cié. Lui aus­si est ama­teur de vieilles montres et lui aus­si est in­tri­gué par la Tri­ton. Et les deux fi­ni­ront par se de­man­der ce qu’elle est de­ve­nue ?

Une nou­velle mou­ture qui af­fiche son hé­ri­tage

Ré­ponse : pas grand-chose. Une brève en­quête ré­vé­le­ra que la marque a été ra­che­tée par un par­ti­cu­lier – dé­sor­mais dis­pa­ru – qui n’en a rien fait. Il n’en faut pas plus pour dé­ci­der Jean­sé­bas­tien Coste qui pro­pose alors de ra­che­ter la marque. « Nous étions lan­cés ! Notre idée : créer une montre haut de gamme, qui ne soit pas tape-àl’oeil. Et cette montre, c’est la Sub­pho­tique qui sort en 2015. Elle s’ap­pelle ain­si parce qu’elle peut des­cendre jus­qu’à 500 mètres de pro­fon­deur. » Là où même la lu­mière ne peut al­ler. Entre autres ca­rac­té­ris­tiques : la cou­ronne à 12 h – élé­ment em­blé­ma­tique de la Spi­ro­tech­nique – de type pous­sé/vis­sé pour ga­ran­tir l’étan­chéi­té ; un mou­ve­ment au­to­ma­tique ; un boî­tier de 40 mm en acier bros­sé in­oxy­dable ; une lu­nette cran­tée uni­di­rec­tion­nelle 60 dents. Et aus­si une

glace en verre sa­phir ré­sis­tante aux rayures, avec trai­te­ment an­ti­re­flet, et une valve à hé­lium à 3 h pour sup­por­ter les pa­liers de dé­com­pres­sion en cais­son jus­qu’à 500 mètres… Une nou­velle mou­ture qui, loin de ti­rer un trait sur son hé­ri­tage, lui rend au contraire un bel hom­mage. « Il était hors de ques­tion d’abî­mer l’image de la marque. Par exemple, pas de chro­no­mètre pour évi­ter l’ajout d’un bou­ton qui au­rait dé­na­tu­rer l’ob­jet », ex­plique Jean-sé­bas­tien Coste. Ce­la dit, il fal­lait évi­ter le piège de la pâle co­pie du mo­dèle des an­nées soixante. D’où la dis­pa­ri­tion, no­tam­ment, du verre bom­bé, très ca­rac­té­ris­tique de l’ori­gi­nal.

Une his­toire et un ave­nir…

Es­sai réus­si puisque, dé­but 2016, Ma­thieu Kas­so­vitz et Joey Starr eux-mêmes sont sé­duits par le garde-temps. « Je leur ai ra­con­té l’his­toire, ex­pli­qué que j’étais un pas­sion­né. Ce n’était pas du mar­ke­ting. La marque est dé­sor­mais re­con­nue et conti­nue à se dé­ve­lop­per. » Sep­tembre 2017, vingt-quatre mois après son lan­ce­ment, Tri­ton pour­suit son che­min, à son rythme. « Au dé­part, la montre n’était dis­po­nible qu’avec un seul ca­dran et deux types de bra­ce­lets. La gamme s’est étof­fée de­puis, et pro­pose plu­sieurs ca­drans avec ou sans ap­pliques, des bra­ce­lets en tis­su, en acier, etc. » Et de­main ? Une nou­velle montre de sport est en pré­pa­ra­tion. Le de­si­gn se­rait d’ailleurs dé­jà bien avan­cé et la montre pour­rait sor­tir de sa zone de confort : la plon­gée. Avec tou­jours comme ligne de conduite, ne pas co­pier ses pairs, ne pas dé­na­tu­rer l’iden­ti­té de la marque tout en pro­dui­sant une pièce dif­fé­rente. Pour que l’his­toire de Tri­ton conti­nue, mais sans se ré­pé­ter.

La Sub­pho­tique de Tri­ton ar­bore l’em­blé­ma­tique pro­tège-cou­ronne bre­ve­té de la Tri­ton Spi­ro­tech­nique.

Plu­sieurs ca­drans, plu­sieurs bra­ce­lets et aus­si des prix plus ac­ces­sibles : 4 490 eu­ros sur bra­ce­let type Na­to, 4 690 eu­ros sur bra­ce­let ca­ou­tchouc, 4 890 eu­ros sur bra­ce­let acier.

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