CHA­NEL

Quand la mai­son Cha­nel aborde l’uni­vers des montres en 1987, per­sonne n’ima­gine alors qu’elle fe­ra par­tie des plus grandes marques hor­lo­gères. Et en­core moins que trente ans plus tard, elle se­rait tou­jours au ren­dez-vous des in­no­va­tions et des créa­tions l

La Revue des Montres - - RDM / SOMMAIRE - Texte : Na­tha­lie Koelsch

Cha­nel: 30 ans d’hor­lo­ge­rie

Dé­sor­mais, les montres Cha­nel écrivent l’al­lure du temps. Par­ti de la cou­ture, son style iden­ti­fiable entre tous s’étend jus­qu’à la haute hor­lo­ge­rie et mêle, au gré des col­lec­tions, les mé­tiers d’art, l’ex­per­tise tech­nique et le sa­voir-faire ar­ti­sa­nal. Cha­nel Hor­lo­ge­rie a dû re­le­ver de nom­breux dé­fis : réa­li­ser des prouesses tech­no­lo­giques, ou­vrir de nou­velles voies, avant d’être ac­cep­tée par­mi ses pairs. Ses montres comme ses in­no­va­tions ont lais­sé leur em­preinte dans l’his­toire hor­lo­gère, éri­geant ses clas­siques au rang d’icônes, de la Pre­mière à la J12, en pas­sant par la pré­cieuse col­lec­tion Mademoiselle Pri­vé, la mas­cu­line Mon­sieur, ou en­core la Boy­friend. De­puis ses dé­buts hor­lo­gers, Cha­nel in­tègre à toutes ses créa­tions les codes qui font la force de la marque et qui, au fil du temps, s’im­posent comme les ga­rants de l’image de la mai­son. Perles, ca­mé­lias, co­mètes, ma­te­las­sé, ruban s’at­tachent aux poi­gnets, ornent les ca­drans, pour­sui­vant ain­si, avec brio, l’his­toire fas­ci­nante de cette mai­son hors du com­mun. Pour fi­gu­rer par­mi les grands et se faire une place dans l’uni­vers hor­lo­ger, il faut une ma­nu­fac­ture. Cha­nel n’hé­site pas ! Point de sous-trai­tance. Dès ses pre­mières créa­tions, tout est des­si­né, conçu, dé­ve­lop­pé et fa­bri­qué en in­terne, dans sa propre uni­té de pro­duc­tion en Suisse.

La Pre­mière ou cha­pitre I de l’his­toire hor­lo­gère de Cha­nel

L’aven­ture hor­lo­gère de Cha­nel dé­bute en oc­tobre 1987, avec le lan­ce­ment de sa pre­mière montre qui va créer la sur­prise dans le monde po­li­cé de l’hor­lo­ge­rie. Et pour bien sou­li­gner qu’elle en­tame, avec elle, un nou­veau cha­pitre de son his­toire qui se­ra sui­vi de nom­breux autres, la mai­son bap­tise sa créa­tion ini­tiale « Pre­mière ». Un nom char­gé de sens et d’al­lu­sions : elle est belle et bien une pre­mière, elle s’adresse aux femmes et elle doit se clas­ser en tête. Ce terme évoque aus­si le mé­tier d’ori­gine dans le­quel s’illustre dé­jà Cha­nel : la pre­mière d’ate­lier ne di­ri­get-elle pas l’ate­lier de haute cou­ture ? Grâce à la vir­tuo­si­té de ses de­si­gners, cette montre réunit tous les uni­vers, de la cou­ture au par­fum en pas­sant par la ma­ro­qui­ne­rie. Sa forme rec­tan­gu­laire s’ins­pire du lé­gen­daire fla­con N°5 et du plan de la place Ven­dôme, le coeur du luxe. Tra­duc­tion d’une dé­marche ori­gi­nale et ré­vo­lu­tion­naire pour l’époque, Pre­mière n’est pas la ré­duc­tion d’une montre d’homme mais bien une créa­tion à part en­tière.

Por­tée par Inès de la Fres­sange qui in­carne le chic ab­so­lu de la mai­son de luxe, la li­ber­té et l’im­per­ti­nence pa­ri­sienne, cette créa­tion se veut, dans le même temps, garde-temps et ac­ces­soire de mode dont l’es­prit cou­ture dé­passe la fonc­tion­na­li­té. Au­tant fois montre que bijou, son style in­nove : sur­face lisse et plane, ca­dran noir sans in­dex, bra­ce­let chaîne en­tre­la­cé de cuir fi­gu­rant ce lien étroit entre les mé­tiers chers à Cha­nel – ma­ro­qui­ne­rie, cou­ture et la joaille­rie. En 2012, alors que la marque a pro­gres­sé à grands pas dans le monde hor­lo­ger, la Pre­mière s’offre un tourbillon vo­lant pour son 25e an­ni­ver­saire et donne aux femmes l’op­por­tu­ni­té d’ac­cé­der au monde des hautes com­pli­ca­tions mé­ca­niques. La tech­nique se met­tant au ser­vice de l’élan créa­tif, Cha­nel n’a pas de li­mites et ob­tient une ré­com­pense au pres­ti­gieux Grand Prix d’hor­lo­ge­rie de Ge­nève, dans la ca­té­go­rie « Montre Dame ». Au­jourd’hui, cette icône se ré­in­vente sans com­plexe, ima­gi­nant une ver­sion rock et rouge, po­sée sur un bra­ce­let triple tour en acier en­tre­la­cé de cuir rouge, ca­dran en nacre blanche. Elle n’hé­site pas non plus à faire une in­cur­sion dans la haute hor­lo­ge­rie avec la Tourbillon Vo­lant Ca­mé­lia ru­bis. Li­mi­tée à 20 pièces, cette édi­tion très fé­mi­nine en or blanc se pare d’un tourbillon éga­le­ment en or blanc ser­ti de dia­mants, qui re­prend avec ses pla­tines ob­longues la forme de l’em­blé­ma­tique ca­mé­lia de Cha­nel.

La J12, une ré­vo­lu­tion

En 2000, le lan­ce­ment de la J12 pro­voque un razde-ma­rée dans le monde or­ga­ni­sé de l’hor­lo­ge­rie. Ef­fet choc pour celle qui se­ra la pre­mière icône hor­lo­gère du xxie siècle, tout de noir vê­tue dans son ha­bit de cé­ra­mique.

Entre le noir écla­tant, in­rayable et in­al­té­rable, cap­tu­ré dans la masse et le maillage se­conde peau an­dro­gyne qui s’ajuste à la tem­pé­ra­ture du corps, la J12 est un fé­lin qu’il faut ap­pri­voi­ser. Conçue pour les hommes et les femmes, cette pre­mière montre sport Cha­nel, do­tée d’un mou­ve­ment au­to­ma­tique avec une ré­serve de marche de 42 heures, brise les codes entre son style épu­ré et clas­sique, l’ul­tra-cé­ra­mique no­va­trice et sa boîte gal­bée étanche à 200 mètres. Pro­fi­lée à l’ex­trême, la J12 se dé­marque de ses chal­len­gers, à l’ins­tar du voi­lier de course dont elle tire son nom. Avec l’éner­gie de cette montre in­édite et unique, Cha­nel réus­sit un tour de force, trans­for­mant la cé­ra­mique high-tech en une ma­tière pré­cieuse et le noir pro­fond en une cou­leur phare de l’hor­lo­ge­rie. Dé­sor­mais, la cé­ra­mique ins­pire tous les hor­lo­gers. Ses formes ca­ré­nées font de la J12 une icône ab­so­lue qui entre im­mé­dia­te­ment dans la lé­gende. Au­jourd’hui, elle semble avoir tou­jours exis­té, sans doute parce qu’elle concentre l’es­sence des va­leurs in­suf­flées par Ga­brielle Cha­nel : l’au­dace, l’in­no­va­tion, l’épure, l’an­dro­gy­nie, l’élé­gance et bien sûr le chic en toutes cir­cons­tances. Lors de sa concep­tion, Jacques Hel­leu, son créa­teur, n’avait qu’une ob­ses­sion : le noir qui le sub­ju­guait et qu’il vou­lait à tout prix su­bli­mer pour en faire jaillir la lu­mière. Et c’est la cé­ra­mique lui en don­na l’oc­ca­sion à tra­vers la J12 qui fut la pre­mière montre à mé­ta­mor­pho­ser ce ma­té­riau – ce­lui-ci est com­po­sé de poudre de di­oxyde de zir­co­nium et d’yt­trium, de sels mi­né­raux na­tu­rels, de pig­ments et d’un sub­strat liant, chauf­fés à plus de 1 000°C. Pas­sion­né par l’uni­vers nau­tique et la sil­houette des voi­liers de com­pé­ti­tion, Jacques Hel­leu a vou­lu une montre épau­lée, an­dro­gyne, aux lignes fluides sur les­quelles glisse le re­gard sé­duit par le contraste du blanc et du noir, du brillant et du mat. Pour ren­trer au pan­théon des icônes Cha­nel, il lui fal­lait un chiffre porte-bon­heur. Le 12 lui a por­té chance et elle a re­joint la des­ti­née heu­reuse du 5, du 19 et des autres com­bi­nai­sons ma­giques de Cha­nel. Vé­ri­table phé­no­mène dès ses pre­mières heures, son suc­cès ne s’al­tère pas et lui per­met, en­core au­jourd’hui, toutes les au­daces.

En 2003, la mai­son lui offre une dé­cli­nai­son im­ma­cu­lée : la J12 blanche. Avec elle, Cha­nel in­vite le blanc opa­les­cent en hor­lo­ge­rie – ce blanc dont Ga­brielle Cha­nel ai­mait tant l’éclat –, et sur­tout l’im­pose de­puis plus de dix ans comme une cou­leur in­con­tour­nable de l’hor­lo­ge­rie. à l’ins­tar de la J12 Noire, la ver­sion blanche ren­contre un tel suc­cès qu’elle ouvre à son tour un nou­veau seg­ment hor­lo­ger. Cha­nel pour­suit ain­si ses in­no­va­tions et lance, en 2011, la cé­ra­mique de ti­tane qui teinte le bra­ce­let d’une cou­leur de ciel d’orage, un pan­tone unique et chan­geant ca­pable de cap­tu­rer la lu­mi­no­si­té d’une pièce et de la dif­fu­ser avec pré­ci­sion sur le bra­ce­let. En mul­ti­pliant les va­ria­tions raf­fi­nées sans al­té­rer sa na­ture pro­fonde, les sé­ries éphé­mères ou en­core les édi­tions d’ex­cep­tion, en osant la ma­ti­té, Cha­nel conti­nue de ré­in­ter­pré­ter son icône jus­qu’à pro­po­ser une ver­sion XS ul­tra­fé­mi­nine.

Le noir, le blanc et la cé­ra­mique

Montre de ca­rac­tère, la J12 ne s’est pas conten­tée de ré­vo­lu­tion­ner l’hor­lo­ge­rie, elle a aus­si ini­tié un mou­ve­ment de fond en uti­li­sant le noir, le blanc et la cé­ra­mique. à par­tir de 2005, elle s’offre des com­pli­ca­tions qui étaient jusque-là ré­ser­vées aux montres mas­cu­lines. C’est la J12 Tourbillon qui ouvre le bal puis, cinq ans plus tard, la J12 Ré­tro­grade Mys­té­rieuse qui in­tro­nise Cha­nel dans la très haute hor­lo­ge­rie. La marque joue dé­sor­mais dans la cour des grands, avec une tech­ni­ci­té hor­lo­gère qui se met au dia­pa­son du stu­dio de créa­tion. Tout est réa­li­sé en in­terne dans le res­pect de la tra­di­tion suisse, qui a su s’adap­ter aux am­bi­tions créa­tives de la mai­son. Pour ses 30 ans hor­lo­gers, Co­co Cha­nel et sa sil­houette ca­rac­té­ris­tique – cha­peau et tailleur strict – s’in­vite sur le ca­dran d’une ver­sion im­per­ti­nente et au­da­cieuse de la J12, in­di­quant les heures et les mi­nutes de ses bras ten­dus. En noir ou en blanc, Mademoiselle J12, édi­tée à 555 pièces, s’amuse avec les codes et sa fon­da­trice dans une ligne pleine d’hu­mour, mais tou­jours chic.

Mademoiselle Pri­vé : l’ex­cel­lence des mé­tiers d’art

La col­lec­tion Mademoiselle Pri­vé, ini­tiée en 2010, ouvre un cha­pitre plus in­time de l’his­toire hor­lo­gère de Cha­nel. Com­po­sée de pièces rares, elle est conçue comme un écrin dé­voi­lant les sym­boles que Mademoiselle Cha­nel ché­ris­sait et les élé­ments dont elle ai­mait s’en­tou­rer. Le ca­mé­lia, les constel­la­tions, le lion, les laques de Co­ro­man­del sont au­tant de re­pères qui ont ponc­tué son exis­tence. Très at­ta­chée à un lan­gage poé­tique, elle ai­mait le tra­vail dé­li­cat des ar­ti­sans d’art, que cette émou­vante col­lec­tion fait re­vivre. Al­liant avec vir­tuo­si­té les mé­tiers d’art de l’hor­lo­ge­rie et de la haute joaille­rie, Mademoiselle Pri­vé fait naître l’émo­tion sous les doigts agiles des plus grands ar­ti­sans émailleurs, gra­veurs, ci­se­leurs, ser­tis­seurs. Ca­drans in­sen­sés, mou­ve­ments raf­fi­nés… C’est une col­lec­tion d’une autre di­men­sion voit le jour grâce à ces tech­niques ar­ti­sa­nales re­vi­si­tées, telles la bro­de­rie de fils d’or, la mar­que­te­rie de nacre et dia­mants, la tech­nique de la glyp­tique. Elle de­vient ain­si le ter­ri­toire d’ex­pres­sion des sa­voir-faire d’ex­cel­lence et rem­porte un deuxième Grand Prix d’hor­lo­ge­rie de Ge­nève en 2013, dans la ca­té­go­rie « Mé­tier d’art » avec la montre Mademoiselle Pri­vé Ca­mé­lia Bro­dé,

dont le ca­dran a été bro­dé en fils de soie de cou­leur se­lon la tech­nique de la pein­ture à l’ai­guille. De­puis près d’un siècle, pour tous les grands noms de la haute cou­ture et de la mode, la mai­son Le­sage brode des mo­tifs très éla­bo­rés, per­pé­tuant un sa­voir-faire d’ex­cep­tion. Pour la pre­mière fois, la cé­lèbre mai­son s’est as­so­ciée à l’hor­lo­ge­rie pour bro­der dia­mants et perles fines des­si­nant des ca­mé­lias pré­cieux sur le tis­su noir qui re­couvre le ca­dran. Par un vé­ri­table tour de force, Cha­nel réus­sit à in­té­grer le vo­lume de la bro­de­rie dans une épais­seur mi­ni­male de boî­tier au­to­ri­sant le mou­ve­ment des ai­guilles au-des­sus du point de graine. Au re­gard de l’exi­guï­té du ca­dran d’un dia­mètre de 37,5 mm, on peut dire que chaque ca­mé­lia est une oeuvre d’art unique et est un éloge à la vir­tuo­si­té et la pré­ci­sion de la bro­deuse. Le ca­mé­lia, qui se por­tait au re­vers des bou­ton­nières des dan­dys du xixe siècle et dont Mademoiselle Cha­nel s’est em­pa­ré pour le dé­cli­ner au fé­mi­nin, reste l’un des sym­boles forts de la mai­son Cha­nel. Cette fleur ne cesse d’être ré­in­ter­pré­tée tant en hor­lo­ge­rie qu’en joaille­rie. Pure, sans odeur ni épine, aux feuilles per­sis­tantes, qui fleu­rit en hi­ver, le ca­mé­lia était la fleur de pré­di­lec­tion de Ga­brielle Cha­nel. Au­jourd’hui en­core sa pré­sence pro­tec­trice en­va­hit son ap­par­te­ment de la rue Cam­bon, de­puis l’en­trée avec ses pa­ra­vents de Co­ro­man­del jus­qu’au lustre cen­tral et au bouquet de cris­tal de roche.

Boy-friend, quand le mas­cu­lin ré­vèle le fé­mi­nin…

Ori­gi­nale et char­gée d’his­toire, une nou­velle montre à l’al­lure mas­cu­line vient élar­gir, en 2015, l’uni­vers hor­lo­ger de Cha­nel. La Boy-friend, dé­diée aux femmes, re­pense les codes an­dro­gynes de la fé­mi­ni­té hor­lo­gère, mé­lan­geant his­toire, hom­mage et cou­ture. En­core une fois, Cha­nel fait le pa­ri de lan­cer un projet in­at­ten­du. Boy-friend ! Son nom reste un mys­tère. Rend-il hom­mage au grand amour de Ga­brielle Cha­nel, Boy Ca­pel ? Est-ce l’ami que chaque femme vou­drait avoir ? Le mys­tère reste en­tier. Sa forme oc­to­go­nale n’est pas sans rap­pe­ler l’em­blé­ma­tique montre Pre­mière qui, rap­pe­lonsle, est un hom­mage au my­thique fla­con N°5 et à la place Ven­dôme. So­brié­té, es­thé­tique raf­fi­née, lignes fortes, forme si­gnée, de­si­gn contem­po­rain et clas­sique, angles po­lis et sa­ti­nés… Boy-friend s’ins­crit par­fai­te­ment dans le vo­ca­bu­laire hor­lo­ger de la mai­son. Fa­cé­tieuse, elle en­traîne la montre Pre­mière vers un ter­ri­toire mas­cu­lin. An­dro­gyne à l’ex­cès, elle re­prend avec élé­gance les dé­tails du ves­tiaire mas­cu­lin, si cher à Ga­brielle Cha­nel et n’hé­site pas à bous­cu­ler les codes clas­siques de l’hor­lo­ge­rie fé­mi­nine. Avec elle, tout est ques­tion d’al­lure, d’équi­libre, de pro­por­tions et de dé­tails. Seule la ver­sion grande taille est équi­pée d’un mou­ve­ment mé­ca­nique à re­mon­tage ma­nuel ; la pe­tite et l’in­ter­mé­diaire sont, quant à elles, do­tées d’un mou­ve­ment à quartz. En 2016, la Boy-friend s’ha­bille de tweed, ce tis­su an­glais tant pri­sé par Cha­nel dans les an­nées vingt qu’il est en­tré dans son vo­ca­bu­laire sty­lis­tique. Ce lai­nage, tis­sé à la main et fa­bri­qué en Écosse dans les High­lands, pos­sé­dait aux yeux de Mademoiselle Cha­nel toutes les qua­li­tés re­quises : une laine car­dée souple, mous­seuse et non pei­gnée, qui conserve donc ses ir­ré­gu­la­ri­tés dites « bou­tons », lui confé­rant un as­pect plus na­tu­rel. Mademoiselle

Cha­nel pré­fé­rait une qua­li­té de laine moins la­vée pour avoir cette sou­plesse par­ti­cu­lière ; elle se tar­gue­ra même de re­con­naître un tweed spé­ci­fi­que­ment rin­cé à l’eau de la ri­vière Tweed. En hom­mage à la pas­sion de Co­co Cha­nel pour ce tis­su, le bra­ce­let en mé­tal de la Boy-friend re­prend un mo­tif tweed. Né d’un em­maille­ment de fils d’acier, il re­lève d’une prouesse tech­nique qui vient ré­vé­ler la ri­chesse du tis­su, tout en ga­ran­tis­sant une grande sou­plesse et un por­ter confor­table. Vé­ri­table ex­ploit tech­nique, sa réa­li­sa­tion a de­man­dé plu­sieurs mois de mise au point. Ce bra­ce­let in­tègre une ganse pour en sou­li­gner les contours, à l’image de celles qui marquent les bords des vestes Cha­nel, de leurs poches ain­si que l’ex­tré­mi­té des manches.

Mon­sieur, for men on­ly

Quand Cha­nel fi­na­lise, en 2016, le Ca­libre 1, son pre­mier mou­ve­ment de haute hor­lo­ge­rie in house, avec heures sau­tantes et mi­nutes ré­tro­grades, elle adresse un mes­sage par­ti­cu­lier aux hommes et lance sa pre­mière montre conçue spé­ci­fi­que­ment pour eux : la Mon­sieur de Cha­nel. In­no­va­tion to­tale du mou­ve­ment à la boîte, qui ne se ré­fère à au­cun élé­ment exis­tant, cette créa­tion se dis­tingue par son ori­gi­na­li­té. Entre puis­sance et dis­cré­tion, cette montre à double com­pli­ca­tion et af­fi­chage di­gi­tal de l’heure ex­prime la vi­sion sin­gu­lière de la belle hor­lo­ge­rie mas­cu­line se­lon Cha­nel. Le Ca­libre 1, ex­clu­si­ve­ment dé­dié à la montre Mon­sieur, est en­tiè­re­ment conçu, dé­ve­lop­pé, fia­bi­li­sé et as­sem­blé en in­terne. Réa­li­sé dans le res­pect des tra­di­tions tout en étant très contem­po­rain, il a né­ces­si­té cinq an­nées de dé­ve­lop­pe­ment, com­bi­nant un mou­ve­ment in­té­gré et des dé­tails très Cha­nel. Ses deux ponts cir­cu­laires sque­let­tés mul­ti­plient les ré­fé­rences aux codes forts de la mai­son. Le noir, mat et brillant, pré­do­mine. Des ganses sou­lignent les formes tout en ron­deurs de la pla­tine et des ponts ; plu­sieurs pièces sur me­sure rap­pellent la forme oc­to­go­nale de la place Ven­dôme ; le lion, em­blème le plus mas­cu­lin de Cha­nel, scelle la boucle et la cou­ronne. Le Ca­libre 1 est abri­té dans une boîte ronde de 40 mm, dont la so­brié­té contraste avec le de­si­gn très ar­chi­tec­tu­ré du mou­ve­ment. Avec la montre Mon­sieur, Cha­nel livre une vi­sion per­son­nelle de la belle hor­lo­ge­rie mas­cu­line, entre ex­cel­lence tech­nique et ex­pres­sion d’un style unique. En 2017, l’an­née de ses 30 ans, Cha­nel Hor­lo­ge­rie, lance son deuxième ca­libre mai­son et in­ter­prète à nou­veau la montre Pre­mière dans une ver­sion haute hor­lo­ge­rie. D’un noir ab­so­lu, son mou­ve­ment sque­lette des­sine un ca­mé­lia. à l’oc­ca­sion de cet an­ni­ver­saire, Cha­nel lan­ce­ra, d’ici la fin de l’an­née, une nou­velle es­thé­tique fé­mi­nine, qui de­vrait prendre la di­men­sion d’un code de reconnaissance étin­ce­lant au­tour du poi­gnet. C’est un bijou, des codes, une montre qui se ferme en un clic, tel le cé­lèbre 2.55. Ou­vert ou fer­mé, il dé­voile l’heure, pro­té­gée comme un se­cret. Son nom : Code Co­co. De­puis 1987, Cha­nel construit pas à pas son his­toire hor­lo­gère, entre une ma­nu­fac­ture suisse, des bre­vets, des in­ven­tions, de nou­veaux codes hor­lo­gers et des montres qui écrivent l’al­lure du temps en sus­ci­tant sur­prise et émer­veille­ment.

Page de gauche, la Boy-friend Tweed en or beige ser­ti de dia­mants. Ci-contre : la Boy-friend por­tée.

La Mademoiselle Pri­vé Au­ba­zine, ins­pi­rée de l’ab­baye cis­ter­cienne épo­nyme, si­tuée en Cor­rèze.

Ci-contre, la Pre­mière Rock rouge en acier, bra­ce­let triple tour, ca­dran en nacre, mou­ve­ment à quartz. Page de droite : J12 Clas­sique noire en cé­ra­mique / Mademoiselle J12 en cé­ra­mique blanche.

Ci-contre, la forme oc­to­go­nale de la place Ven­dôme, qui a ins­pi­ré la montre Pre­mière (page de droite).

Ci-des­sus, Gas­pard Ul­liel por­tant une montre Mon­sieur de Cha­nel. à droite, montre Code Co­co ou­verte : boî­tier en acier et mou­ve­ment à quartz. Page de droite : Mon­sieur de Cha­nel en or blanc.

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