IROU­LÉ­GUY

Cette pe­tite ap­pel­la­tion pro­fite de la vi­ta­li­té de ses vi­gne­rons, d’ex­cel­lents ter­roirs et d’un en­vi­ron­ne­ment ma­gni­fique… Au­tant de (bonnes) rai­sons pour une échap­pée belle au Pays basque.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Pier­rick Jé­gu par

Dans le Pays basque, un se­cret dé­voi­lé

Avec ses (seule­ment) 240 hec­tares, sa dou­zaine de do­maines in­dé­pen­dants et son unique cave co­opé­ra­tive, on pour­rait croire l’ap­pel­la­tion Irou­lé­guy mo­ri­bonde com­pa­rée aux vi­gnobles mas­to­dontes de l’Hexa­gone. C’est presque tout le contraire ! Dans l’ar­rière-pays basque, tout en bas à gauche de la carte de France, ce sec­teur, pe­tit par la taille, af­fiche en ef­fet une grande forme. At­ta­chés au bio, fins ré­vé­la­teurs des su­perbes ter­roirs du coin, ses fi­gures em­blé­ma­tiques sont tou­jours sur le de­vant de la scène. Les cu­vées de Péio Es­pil, du do­maine Ilar­ria, sont plé­bis­ci­tées par les ma­ga­zines, les guides et les chro­ni­queurs les plus poin­tilleux ; Thé­rèse et Michel Rious­pey­rous, du do­maine Ar­retxea, conti­nuent de creu­ser des su­jets pas­sion­nants comme les sé­lec­tions mas­sales ou l’éle­vage en am­phores.

Ces lo­co­mo­tives en­traînent au­jourd’hui toute une nou­velle gé­né­ra­tion ta­len­tueuse et vo­lon­taire : ce sont Iban et Teo-Bixente Rious­pey­rous, qui ont re­joint leurs pa­rents au do­maine Ar­retxea ; c’est Gexan Cos­te­ra, qui a pris la suite de son oncle au do­maine Amez­tia ; Cé­cile Sa­bah et Sé­bas­tien Clau­zel, créa­teurs du do­maine Gu­ti­zia en 2011 ; Bat­tit Ybar­ga­ray, qui a sor­ti son pre­mier millé­sime en 2015 au do­maine Xu­bial­dea ; et Elor­ri Re­ca et Brice Robelet, à la tête du do­maine Bor­daxu­ria, élu dé­cou­verte de l’an­née par La Re­vue du Vin de France en 2018.

L’ave­nir semble donc as­su­ré pour l’ap­pel­la­tion basque, qui gagne plus que ja­mais à être connue. Elle sé­duit par son dy­na­misme, ses bons, voire ses grands vins dans les trois couleurs (les blancs sont peu connus, mais pour cer­tains for­mi­dables) et, évi­dem­ment, par la beau­té de ses pay­sages, à une heure de l’At­lan­tique.

Ima­gi­nez des mon­tagnes im­po­santes, des pe­tits vil­lages im­ma­cu­lés, des pâ­tures ver­doyantes par­cou­rues par des trou­peaux de bre­bis, des ri­vières aux eaux vives qui coulent dans la cam­pagne, et vous au­rez un pe­tit aper­çu d’une terre ma­gni­fique, pré­ser­vée, har­mo­nieuse, qui laisse une place gé­né­reuse à la vigne. Pour au­tant, cette der­nière n’a pas tou­jours la par­tie fa­cile : elle doit en cer­tains lieux s’ac­cro­cher à des co­teaux très raides, par­fois si abrupts que les an­ciens y ont au­tre­fois amé­na­gé des ter­rasses, de­ve­nues ca­rac­té­ris­tiques de l’ap­pel­la­tion. Spec­ta­cu­laire !

Au-de­là des dé­gus­ta­tions pro­po­sées aux vi­si­teurs, cer­tains vi­gne­rons ont d’ailleurs la bonne idée de leur sug­gé­rer des ba­lades le long des par­celles, ou de les em­bar­quer sur des par­cours pé­da­go­giques au mi­lieu des vignes, comme au do­maine Gu­ti­zia. Des ini­tia­tives très heu­reuses : l’ex­plo­ra­tion des ter­roirs aide à la com­pré­hen­sion des vins et du tra­vail de leurs pro­duc­teurs. Et s’il y avait un cham­pion­nat des plus beaux vi­gnobles de France, nul doute que ce­lui d’Irou­lé­guy au­rait son mot à dire !

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