an­jou

En sla­lo­mant entre les deux rives de la Loire, par­tez à la dé­cou­verte de la quin­tes­sence du che­nin.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Flo­rence Bal par

Une terre noire pour des grands blancs

On l’ap­pelle l’An­jou noir. Au sud et à l’ouest d’An­gers, dans le Maine-et-Loire, il s’étend sur des sols bruns de schiste et de grès peu pro­fonds, en li­sière du mas­sif pri­maire ar­mo­ri­cain, quand l’An­jou blanc se dé­ploie, lui, sur les terres cal­caires du Sau­mu­rois. Un mi­cro­cli­mat an­ge­vin, des brumes ma­ti­nales bé­né­fiques à la ma­tu­ra­tion des rai­sins, des co­teaux en­so­leillés : l’An­jou noir donne de très grands blancs secs com­plexes, de su­perbes moel­leux ou li­quo­reux, et de belles bulles. Tous sont éla­bo­rés avec ce mer­veilleux cé­page em­blé­ma­tique du Val de Loire, le che­nin.

En l’ab­sence d’écoles de dégustation, le meilleur moyen pour dé­cou­vrir, dé­gus­ter et com­prendre toutes les sub­ti­li­tés de ces ter­roirs ma­gis­traux est de rendre di­rec­te­ment visite aux vi­gne­rons. Un ex­cellent point de dé­part est de fi­ler di­rec­te­ment vers Sa­ven­nières, sur la rive droite de la Loire. Ici, les vins sont puis­sants, droits, mi­né­raux.

Vers Epi­ré, sur les co­teaux, les ap­pel­la­tions Sa­ven­nières-Cou­lée de Ser­rant (mo­no­pole de 7 ha te­nu par l’em­blé­ma­tique Nicolas Jo­ly, fervent dé­fen­seur de la bio­dy­na­mie) et Sa­ven­nières-Roche aux Moines s’étendent en sur­plomb de la Loire. Au coeur du vil­lage, au châ­teau des Vaults, la dy­na­mique Éve­lyne de Pont­briand pro­pose un large éven­tail de pres­ta­tions oe­no­tou­ris­tiques, de­puis la simple visite-dégustation jus­qu’à la de­mi-journée de dé­cou­verte des tra­vaux de la vigne (ébour­geon­nage, ven­dange, taille), en pas­sant par les ate­liers d’ini­tia­tion à la dégustation.

La rive gauche re­cèle éga­le­ment de pe­tits tré­sors. À Ro­che­fort-sur-Loire, s’éla­borent le seul pre­mier cru (Chaume) et l’unique Grand cru de la val­lée de la Loire (Quarts de Chaume) : deux ex­clu­si­vi­tés ma­jeures, deux fa­bu­leux li­quo­reux de garde. Puis ce sont les Co­teaux du Layon et Bon­ne­zeaux, qui se dé­ploient le long de la val­lée du Layon, et livrent des moel­leux su­perbes, di­gestes, aux robes jaune do­ré, aux nez in­tenses d’aca­cia, de miel, de coing, aux belles aci­di­tés.

En voi­ture, à pied ou à vé­lo, des iti­né­raires re­lient les prin­ci­paux bourgs vi­ti­coles (Chau­de­fonds-sur-Layon, Champs-sur-Layon, Faye-d’An­jou, Thouar­cé…). On s’y ba­lade entre vignes et mou­lins, par exemple sous la conduite de Va­lé­rie Au­ber­geon. Cette ani­ma­trice connaît le tra­vail de la vigne sur le bout des doigts et pro­pose, éven­tuel­le­ment en par­te­na­riat avec des vi­gne­rons, des ran­don­nées com­men­tées à la carte : 4 à 20 km au coeur du Layon ou de Sa­ven­nières. C’est un angle de dé­cou­verte ori­gi­nal et pas­sion­nant pour ap­pré­hen­der l’uni­vers de la vigne, l’his­toire du vi­gnoble, la géo­lo­gie des sols, et le che­nin, ce cé­page pas­seur de ter­roirs. Avant de plon­ger dans les ar­canes du vin, verre en main.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.