« Un ou­vrage raf­fi­né et émou­vant »

La Ruche - - Centenaire De L'Armistice 1918 - POMME LA­BROUSSE

Fé­ru d’ob­jets et de do­cu­ments liés à la Grande guerre, Sé­bas­tien Ma­thieu, un en­sei­gnant bri­va­dois, a été tou­ché par l’émo­tion qui se dé­gage à la lec­ture du livre d’or de La Bri­va­doise.

■ « C’est peut­être un co­dex ! » Même après avoir eu entre les mains de très nom­breux do­cu­ments et ob­jets da­tant de cette pé­riode, cer­tains plus rares que d’autres, Sé­bas­tien Ma­thieu est im­pres­sion­né par ce livre d’or de La Bri­va­doise. Grâce aux membres de l’UGB qui ont ra­pi­de­ment nu­mé­ri­sé l’ou­vrage, ce pas­sion­né d’his­toire et par­ti­cu­liè­re­ment de la Pre­mière Guerre mon­diale a pu exa­mi­ner des pho­to­gra­phies de cha­cu­ne­de­ses­pages. « Qu’il ait été réa­li­sé à la main, c’est rare, ex­pli­quet­il. La plu­part des livres d’or ont été im­pri­més. »

Car si ces listes de hé­ros tom­bés au front ont fleu­ri dès les pre­mières an­nées de la guerre, jusque dans les an­nées vingt ( lire ci­des­sous), le col­lec­tion­neur éclai­ré n’en avait ja­mais vu de sem­blable. « Il est ma­nus­crit et illus­tré de ma­nière ar­ti­sa­nale. Je trouve que c’est un ob­jet très raf­fi­né et émou­vant. Il porte une charge émo­tion­nelle in­con­tes­table. Onsent que, pourses au­teurs, il a la si­gni­fi­ca­tion d’un re­cueil sa­cré. »

Au fil des pages, la vie de ces hommes ac­quiert sou­dain une réa­li­té pal­pable, même cent ans après l’ar­mis­tice. « On voit bien que ça touche toutes les tranches d’âge… » L’il­lus­tra­tion qui orne l’une des pre­mières pages, mon­trant un sol­dat qui suc­combe et une femme éplo­rée, ré­sume par­fai­te­ment l’état d’es­pr it de nom­breux Bri­va­dois à la fin de la guerre. « On re­trouve beau­coup d’il­lus­tra­tions si­mi­laires dans la pro­pa­gande pa­trio­tique. À l’époque, la so­cié­té s’est fo­ca­li­sée sur la mé­moire des com­bat­tants. Il fal­lait rendre hom­mage à ceux qui avaient fait le “sa­cri­fice ul­time”, qui n’étaient pas re­ve­nus. On sent bien que la guerre a été un vé­ri­table trau­ma­tisme, que c’est une sai­gnée qui a tou­ché énor­mé­ment de fa­milles… » Le soin et le temps consa­crés à sa confec­tion sont pour lui une preuve sup­plé­men­taire que la guerre a eu « un re­ten­tis­se­ment très im­por­tant, pen­dant et après le conflit ». « C’est une trace de la mé­moire lo­cale, qui mér ite d’être ar­chi­vée avec soin. »

(IMAGE TIRÉE DU LIVRE D’OR DE LA BRI­VA­DOISE)

Dans cette il­lus­tra­tion ori­gi­nale, un thème qui semble être ré­pan­du à l’époque est re­pris ; mais on peut de­vi­ner ce qui semble être la sil­houette de la ba­si­lique Saint-Ju­lien, à droite de l’image.

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