La ré­sur­rec­tion du sou­ve­nir as­su­rée

La Ruche - - Paulhaguet -

De­puis plu­sieurs an­nées, les an­ciens com­bat­tants de la sec­tion de l’Union Fé­dé­rale de Saint­Georges­d’Au­rac s’in­quié­taient de voir les leurs s’en al­ler, lais­sant des rangs de plus en plus clair­se­més lors des ma­ni­fes­ta­tions com­mé­mo­ra­tives.

Cette an­née, c’est le cen­te­naire de l’ar­mis­tice, si­gné en fo­rêt de Re­thondes près de Pa­ris. La fin d’une guerre « qui n’au­rait dû du­rer qu’une se­maine, mais qui au­ra été une bou­che­rie inu­tile du­rant quatre ans » , tels étaient les pro­pos de Louis De­ca­ze­naves, un jeune homme ori­gi­naire de Saint­Georges, re­ve­nu sain et sauf après avoir connu des théâtres de feu in­tenses comme le Che­min des Dames.

La place porte dé­sor­mais le nom du Poi­lu

De­ve­nu pa­ci­fiste convain­cu à son re­tour, Louis de Ca­ze­nave a re­fu­sé toutes ci­ta­tions et tout hon­neur, consi­dé­rant que ce sont ceux qui sont tom­bés au front qui les mé­ri­taient, pas lui. Il a fi­ni par ac­cep­ter la lé­gion d’hon­neur que ses ca­ma­rades sou­hai­taient lui voir re­mise, mais pas plus. Pas d’hom­mage na­tio­nal pour cet avant der­nier poi­lu dé­cé­dé à l’âge de 110 ans. Pas de Pan­théon mais le ci­me­tière de sa bour­gade na­tale, Saint­Georges­d’Au­rac. Pour lui rendre hom­mage, la place de l’église où se trouve le mo­nu­ment aux morts por­te­ra dé­sor­mais son nom.

Au­de­là du sou­ve­nir, la mu­ni­ci­pa­li­té conduite par le maire, Alain Gar­nier, l’école com­mu­nale et ses en­fants se sont as­so­ciés à la com­mé­mo­ra­tion, et même un Poi­lu plus vrai que na­ture. Le dé­pu­té Jean­Pierre Vi­gier, aux cô­tés des élus, était éga­le­ment pré­sent. Au­tant de té­moi­gnages de sou­tien qui ont re­don­né un peu de baume au coeur aux der­niers té­moins de ces an­nées sor­dides. L’har­mo­nie de Paulhaguet et le corps de sa­peurs­pom­piers vo­lon­taires du centre Saint­Georges­Mazeyrat étaient éga­le­ment pré­ sents. Hymne na­tio­nal pour les uns, chants pour les en­fants, cette com­mu­nion in­ter­gé­né­ra­tion­nelle a ras­su­ré les an­ciens com­bat­tants avec l’es­poir que le sou­ve­nir des sa­cri­fices pour notre li­ber­té se­ra per­pé­tué.

Si cette com­mé­mo­ra­tion a été avan­cée d’une se­maine, c’est pré­ci­sé­ment pour per­mettre à tous les ac­teurs de cette com­mu­nion d’es­prit d’être pré­sent.

Une com­mu­nion in­ter­gé­né­ra­tion­nelle pour per­pé­tuer le sou­ve­nir de leur sa­cri­fice.

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