Trois ponts suspendus em­me­nés par les eaux de l’Al­lier

La Ruche - - Faits Divers -

■ Le mi­nistre de l’In­té­rieur consi­dère que l’em­pla­ce­ment ac­tuel du bac a été un des élé­ments contri­bu­teurs à la ca­tas­trophe et or­donne une en­quête pour en dé­ter­mi­ner les causes et les res­pon­sa­bi­li­tés. L’en­quê­teur dé­si­gné rend son rap­port le 12 fé­vr ier 1827 et conclut à « l’im­pru­dence des pas­sa­gers et leur obs­ti­na­tion à en­trer en trop grand nombre dans le bac, mal­gré les ob­ser­va­tions du ba­te­lier ».

De leur cô­té, conscientes de l’in­dis­ci­pline col­lec­tive, les au­to­ri­tés lo­cales dé­cident de la pré­sence des forces de gen­dar­me­rie à chaque jour de foire.

Re­cher­cher une so­lu­tion pé­renne

Six mois plus tard, en mai 1827, plu­sieurs per­sonnes tentent une tra­ver­sée de l’Al­lier en crue. Elles ne doivent leur vie qu’a l’in­ter­ven­tion de rive­ rains qui se portent à leur se­cours.

S’en est fait, les maires d’Auzon et des com­munes en­vi­sagent la cons­truc­tion d’un pont. Cette pro­po­si­tion va ren­con­trer bien des dé­boires avant d’être réa­li­sée et de­ve­nir pé­renne.

Le pre­mier pont sus­pen­du (1845-1846). En août 1839, l’in­gé­nieur Rey­tier pré­sen­ te un pro­jet de pont sus­pen­du à une seule arche. Le 3 sep­tembre, le conseil gé­né­ral de la Haute­Loire re­con­naît l’uti­li­té de l’oeuvre mais « re­grette de ne pou­voir par­ti­ci­per à la dé­pense qu’il re­com­mande à la sol­li­ci­tude du gou­ver­ne­ment ».

La ré­ponse ar­rive t r o i s a n s p l u s t a rd , l e 17 dé­cembre 1842, par l’ac­cord d’une sub­ven­tion de 20.000 francs et s’en suit l’ad­ju­di­ca­tion des tra­vaux à l’en­tre­prise bor­de­laise Es­car­ra­guel. L’inau­gu­ra­tion de l’ou­vrage a lieu le 1er mars 1845. Hé­las, dans la nuit du 17 au 18 oc­tobre 1846, à la suite à une grosse crue de l’Al­lier, le pont s’ef­fondre.

Le se­cond pont sus­pen­du (1847-1854). On re­cons­truit le pont et la ré­cep­tion des tra­vaux a lieu le 28 dé­cembre 1847. À nou­veau hé­las, le 20 avril 1854, un ou­ra­gan d’une vio­lence in­ouïe sou­lève des toi­tures, casse et dé­ra­cine des arbres, dé­truit les che­mi­nées et ar­rache le ta­blier du pont.

Le troi­sième pont sus­pen­du ( 1855- 1866). Des tra­vaux sont en­tre­pris et le pas­sage est au­to­ri­sé dès l e 13 juillet 1855. L’en­tre­prise Es­car­ra­guel as­sure la réa­li­sa­tion des tra­vaux, mais né­glige à pro­cé­der au ré­amé­na­ge­ment des abords. Le 8 mai 1856, le Conseil d’État met en de­meure l’en­tre­pre­neur d’en­ga­ger les tra­vaux sans dé­lai et à ses frais. Hé­las, trois fois hé­las, la crue du 24 no­vembre 1866 (com­pa­rable à celle 1846) em­porte le pont.

Le qua­trième pont sus­pen­du ( 1870-1934). On fait un re­tour en ar­rière en ins­ti­ tuant un ser­vice de bac. Le plan du nou­veau pont fait l’ob­jet d’at­ten­tions par­ti­cu­lières par ses concep­teurs. La cons­truc­tion est ad­ju­gée le 23 jan­vier 1869 à l’en­tre­pr ise bri­va­doise « Jean Veys­seyre aî­né ». En août 1870, le nou­veau pont est inau­gu­ré. Mais au fil du temps, il de­vient in­adap­té aux exi­gences du tra­fic no­tam­ment par une charge li­mi­tée à 1,5 tonne.

Ce­pen­dant, en 1924, les élus départementaux dé­cident que le pont doit être éclai­ré la nuit par « suite de sa si­tua­tion dans la ré­gion mi­nière où la cir­cu­la­tion est très in­tense ». On pré­voit l’uti­li­sa­tion du poste de trans­for­ma­tion de l’Usine d’Auzon, toute proche.

Après 60 ans de bons et loyaux ser­vices, le 20 oc­tobre 1934, il est rem­pla­cé par un pont en bé­ton ar­mé.

L’un des ponts suspendus em­me­né par les eaux.

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