L’édi­to de Fran­çois Sa­py

La Tribune de Lyon - - SOMMAIRE - FRAN­ÇOIS SA­PY, DI­REC­TEUR DE LA RÉ­DAC­TION

Rap­pe­lez- vous, c’était en­core vrai il y a dix ans. Quand notre ville était re­pré­sen­tée dans les sé­ries té­lé­vi­sées, la presse écrite ou au ci­né­ma, on voyait Four­vière, des vieux murs. Par­fois un bou­chon ty­pique avec une mère de mau­vaise hu­meur. Ou en­core des Lyon­nais, place Bel­le­cour, dont tout le monde di­sait qu’ils étaient froids, dis­tants et se­crets. Mais ça, c’était avant. Avant que les docks de la Con­fluence ne sortent de terre avec leurs im­meubles bi­gar­rés : orange, verts, en bé­ton, en verre, en acier… Après tout juste une dé­cen­nie,

on me­sure en­core mal l’im­pact de ces quelques cen­taines de mètres de berges sur l’image de Lyon à tra­vers le monde. Et pour­tant, c’est tout à fait consi­dé­rable. Après l’inau­gu­ra­tion du cube orange, le pre­mier im­meuble em­blé­ma­tique de la Con­fluence, il n’est pas exa­gé­ré de dire que Lyon a chan­gé de di­men­sion et est en­trée dans la mo­der­ni­té aux yeux du monde. Fi­ni les éter­nels pon­cifs sur les Lyon­nais froids et dis­tants

que l’on voyait pas­ser en ra­sant les murs de cours sombres dans le quar­tier SaintJean. Fi­ni la ville se­crète avec les no­tables re­plets qui com­plotent en cou­lisse. Dé­sor­mais, pour le reste du monde, Lyon est de­ve­nue le ter­rain d’ex­pé­ri­men­ta­tions d’ar­chi­tectes au­da­cieux tels qu’Odile Decq, Ru­dy Ric­ciot­ti, Bren­dan Mac­far­lane… C’est un « coup de com’ » de gé­nie. S’il avait fal­lu man­da­ter une agence de com­mu­ni­ca­tion, ce­la au­rait coû­té des cen­taines de mil­lions pour ob­te­nir un tel ré­sul­tat. Le seul cube orange de Ja­kob- Mac­far­lane a gé­né­ré plus de 1 500 ar­ticles de presse au­tour du monde… On peut no­tam­ment dire mer­ci à Fran­çois Bor­dry, l’an­cien pré­sident de VNF qui pos­sé­dait le ter­rain et à Georges Ver­ney- Car­ron, ce pas­sion­né d’art contem­po­rain qui a ima­gi­né le concept des docks. Sans eux et les en­tre­pre­neurs comme Car­di­nal, qui ont pris le risque d’y al­ler, par­fois contre l’avis des ges­tion­naires, il ne se se­rait rien pas­sé. L’ef­fet a été d’au­tant plus mar­qué

que, par un heu­reux ha­sard — ou une heu­reuse conver­gence —, c’est jus­te­ment le mo­ment qu’a choi­si l’équipe de Col­lomb pour faire de Lyon une des­ti­na­tion tou­ris­tique grand pu­blic. Jus­qu’alors, Lyon était une des­ti­na­tion pri­sée des hommes d’af­faires qui se ren­daient à des gros sa­lons comme le Si­rha ou Pol­lu­tec. Mais, aux yeux du grand pu­blic, Lyon res­tait « My­re­lingue la bru­meuse » . Ils ont mis les moyens sur l’image tou­ris­tique de Lyon.

Ré­sul­tat : dix ans plus tard, Lyon col­lec­tionne les prix tou­ris­tiques : ce­lui de la meilleure des­ti­na­tion ci­ty break d’Eu­rope, l’an­née der­nière, et ce­lui du smart tou­rism il y a quelques jours. Peut- être ne nous en ren­dons- nous pas en­core vrai­ment compte, mais il y a dix ans, quelque chose de fon­da­men­tal a chan­gé à Lyon avec les docks de La Con­fluence.

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