À l’af­fi che. Sé­bas­tien Dau­cé : cher­cheur d’or ba­roque

Après s’être fait un nom dans la mu­sique fran­çaise du XVIIe siècle, Sé­bas­tien Dau­cé tourne dans le monde en­tier. Il fait son Brexit cette se­maine en s’at­ta­quant au ré­per­toire an­glais à la Croix- Rousse.

La Tribune de Lyon - - SOMMAIRE - CA­RO­LINE SICARD

Une bi­zar­re­rie nom­mée Char­pen­tier

Ou­bliez Pur­cell et Haen­del. Pour Sé­bas­tien Dau­cé, la mu­sique fran­çaise du XVIIe siècle, en par­ti­cu­lier celle de Char­pen­tier, a été une évi­dence, « un peu comme quand on tombe amou­reux » , ra­conte le Ren­nais d’ori­gine. Si au dé­part, « comme tous les pro­jets bi­zarres » , son En­semble Cor­res­pon­dances avait du mal à convaincre les pro­gram­ma­teurs, au­jourd’hui Sé­bas­tien Dau­cé es­time que leur bi­zar­re­rie est de­ve­nue une force. Le mu­si­cien se voit presque comme un cher­cheur d’or qui dé­friche le ré­per­toire du XVIIe, à la re­cherche de pé­pites in­con­nues. « Cette mu­sique a été re­dé­cou­verte il y a 50 ans. On a la chance de pou­voir tra­vailler sans se dire que nos pré­dé­ces­seurs ont dé­jà tout joué avant nous . »

Un spec­tacle comme à Ver­sailles

Et dans le genre ja­mais joué, l’an­cien élève du Conser­va­toire de Lyon a fait fort en choi­sis­sant de mon­ter en 2016 Le Bal­let Royal de la Nuit , ini­tia­le­ment une grande fête don­née pour Louis XIV. Deux cents cos­tumes, des dé­cors, des ma­chines, des cir­cas­siens… « C’est un spec­tacle to­tal pour l’oeil, même les en­fants adorent ! » Il faut l’en­tendre par­ler avec ani­ma­tion de l’éner­gie ren­voyée par le pu­blic pour com­prendre la force d’un tel spec­tacle. Car Sé­bas­tien Dau­cé aime aus­si la mise en scène et cultive l’en­vie d’ex­plo­rer toutes les pos­si­bi­li­tés pour faire dia­lo­guer le théâtre avec la mu­sique.

Sa tra­ver­sée de la Manche

Avec Songs, sa nou­velle créa­tion, le mu­si­cien fait cette fois- ci un pas de cô­té vers le ré­per­toire an­glais. Un pe­tit écart pour­tant pas si éton­nant : « La mu­sique fran­çaise du XVIIe s’est construite en lien avec le ré­per­toire an­glais. À cette époque, les deux pays étaient très proches po­li­ti­que­ment et mu­si­ca­le­ment. » Pour ce nou­veau pro­jet, le cla­ve­ci­niste s’est en­tou­ré de deux Rolls : la chan­teuse Lu­cile Ri­char­dot, « une na­na dingue avec une voix in­clas­sable à pleu­rer » , pour la­quelle Sé­bas­tien a dé­ter­ré des airs in­con­nus, et Sa­muel Achache, le met­teur en scène de Jeanne Can­del, « com­plè­te­ment hors norme dans le pay­sage d’au­jourd’hui » . Du ja­mais vu et du ja­mais en­ten­du pour un spec­tacle qui pro­met de sor­tir des clous.

Sé­bas­tien Dau­cé a fon­dé l’En­semble Cor­res­pon­dances à Lyon en 2009 avec le­quel il joue aus­si bien aux États- Unis qu’en Chine ou en Co­lom­bie.

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